I. Ai)i\ol cl GiWi^i's de Scli-c
\\)ici les principaux rapprochements que présentent les traductions de Georges de Selve et d'Amyot, pour les quatre premiers chapitres de la \'ie de Périclès :
<;ii. W. I" Texte s^rcc : i-l tmv uôomv /.-x': tôjv i>vO'jp-'o)v.
Tnui. latine : « in suavissiniis unguentis ac purpuris. » Trad. de (i. de Sclve : « (comme il advient) des coin-
posilioiis de parfiinn et des taiiitures de pourpre. » 'l'rad. d'Amvot : « (comme) es ccw/'OifV/owi dei parfums et es teintures de pourpre, w
i'"' Texte crée : "AvT'.TOivr,;. ày-oôsa; oti sro'jSaïôî îst'.v
aJAT.Tf,; l7|j.îv:'2!;. "Aaa" à'vftpio-o; è'fT,) ;j.o/OT|&ô;...
Trad. latine : « (Antisthenis) qui, cum audisset Isme-»
niam optimum esse tibicinem. At homo nequam
est, inquit... »
Trad. de (i. de Selve : « Antisthènes lequel) ayant
ou\' dire que Ismenias estoit excellent joueur de
fluttes, c'est mon, dit-il), mais il est vil homme... » Trad. d'Amvot : « Respondit très bien Antisthènes à
un qui luv disoit que Ismenias estoit excellent joueur
de flustes : « Cesl mon, dit-il, mais au demourant
homme qui ne vault rien... ■>
3" Texte grec : àpxsr yàp âv ^asiÀô-j; àvcpoi^Ox'. •.!/aAAÔvT(.)v T/o\iX.r/ xal roAÙ vîaô'. Ta?; aoû^a'.;.--
(i) Sans doute, puisqu'il est question Je l'édition de I5S9> ces considérations sembleraient mieux convenir à notre deuxième chapitre : pourtant, comme il ne s'an;it pas ici du remaniement d'une traduction antérieure d'Amyot, mais d'un premier état du texte, nous pouvons, je crois, introduire cette étude après celle des éditions grecques et des traductions latines qu'.\myot a utilisées.
l80 JACQ.UES A.MYOT
'I raJ. latine : <• Satis est cnini refais caiicntibus aliis audicndi otnim supercssc ; ac pcriiiultum quulcni vidctur ini}xirtiri nuisis, si... »
'['rad. de (j. de Sclve : « C'est bien assez si un Rov ha le lo\sir d'escouter ceux qui chantent ; cl fiu'l hcaiiioiip iri.'oinu'iii- diix iniiii's, quand... "
Trad. d'Aniyot : « il suffit bien que un rov emplove quelquefois son lovsir à ouir chanter les chantres, ('/ fciit hcdiicoup il'hoiitit'iir iiiix iinisfs de... »
Ch. II. I'' Texte grec :Twv ;j.èv yàp £•/. t?,; -J/r,; iyaOwv xi; xty^î'.î
Y.3.1 xà [j.£v T, iJLÏvzap" £Tip(»v, Ta ôà aiAAOv îTïpo'.; -ap" T,|i(I>v •JT.iv/f.v |jO'j/.ô;j.30a.
Trad. latine : " Xam in bonis quideni externis possidere tantuni ac pertVui, at in virtutibus res ipsas gestas expetimus. Ad hx'c illaquidem nobisab aliis, Ikvc auteni aliis a nobis suppeditari volumus. »
Trad. de (j. de Selve : « Car des biens de fortune, nous en a\inons la possession et jouissance, mais de ceux de vertu l'action. l-"t ceux là soiinin's bien coiiloiidc recevoir des autres, mais ceux cv voulons estre receuz par les autres de nous mesmes. «
Trad. d'Amvot : « Car des biens de la fortune nous en aimons la fruition et la possession, et de la vertu l'action ; au nunen dequo\' nous soiiniia bien iOiileiils d'avoir ces biens L'i des autres, mais ceulx c\- nous voulons que les autres les ayent de nous. "
2^^ Texte grec : ... ty, '.T-ropix toj è'p-'O'j tt.v -poaioîs'.v -xp£-
/o;x3vov.
Trad. latine : " ipso opère conspecto efticit ut ante
ponenda civteris judicetur. »
Trad. de (]. de Selve : " ... par une vra\e narration
de quelque vertueux acte, laquelle nous donne
quant et qu.un le vouloir Je faiic le sciiibhible. »
AMYOT ET GEORGES DE SELVE lOI
Trad. d'Anivot : « ... par la seule intelligence et cognoissance de l'acte vertueux, qui tout soudain luy apporte un instinct et un propos délibéré i/c faiii' le st'iiiNdhlc. »
Ch. m. I exte grec : tx uiv iA/.a Tf,v ioî'xv -rj'i ^lôuaTo; à';j.:azTov. Trad. latine : <i specic quidem corporis haud inde-
cora. " Trad. de G. de Selve : n ... si bii-it joinn' eu tout le
demeurant de sa personne qu'il n'y avait que
leprcihire. »
Trad. d'Amvot : « ... si bien jonnc cri toutes les parties
de son corps qu'il n'y aivit que redire. »
Ch. I\ . 1 exte grec : ... t\v;7.-::%'ty T'.va xai ôf i'/iù-'j-y-T.:, /a72y.Aî'.ojTav cî; izùpiav i;aTXf'|7avTo; ï;Lv.
Trad. latine : " ... arteni quamdam dicendi, qu;e ex contradictione in anibiguitatem concluderct, edocebat. »
Trad. de G. de Selve : « ... tenoit une façon de philosopher... qui estoit de regarder et contredire à tout ce que l'on proposoit, et en ce faisant réduire sou honiiue en ternies de ne savoir que respondre. »
Trad. d".-\mvot : « ... il faisoit profession de contredire à tout le monde, et alléguer tant d'oppositions en disputant, qu'il rcn^eoit son honnne à ne sçavoir que respondre nv à quov se resouidre. >>
De ce.s rapprochements relevés dans quelques pages seulement, on peut, je crois, conclure qu'Amyot. en composant sa traduction, avait sous les yeux celle de l'évèque de Lavaur ; mais il importe d'ajouter qu'il s'en est servi avec la même indépendance que nous avons déjà notée chex lui à l'égard de la version latine variorum. C'est moins l'interprétation de son auteur, que, çà et là, un terme ou
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une locution qu'il lui emprunte - peut-être inconsciemment, - - pour les faire passer dans sa traduction, qui n'en garde pas moins toute sa valeur et son originalité.