‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 48 sur 164 · L ORDRE DES MOTS ET 1. ORDKK DES IDEES · texte numérisé non relu

L ORDRE DES MOTS ET 1. ORDKK DES IDEES

2)2, K. '')tU i;iwua... (2) ix tïtî'.vov... (3* sviva-'i-'.'.iv xal TOA'.Tïus'âij.îvo;...

« (") clcva la conimunautc des Aclia;icns en quelque dignité... ('^car paravant luv c'estoit bien peu de chose... (.Oet Aratus fut celuy qui premier les allia ensemble et v establit... »

Remarquons qu'ici l'ordre du i^rec — reproduit par Amyot — est un ordre oratoire, et que la disposition logique eut été i/. -y-zv/oj... Tj/aya-'ô)-/... :'.c y.z'A<rxy....

2)2, h., à-ic Aetv yip ovx t,v zavrazïT'.v ix zoaao'j voto'jvtuv " TÔv xîvôv xal aâTa'.ov If,Aov ». iîôf.tï; iyaTTiôv-

TtOV. . .

« car de leur oster du tout uiif i\itue et folle lUroiisluniiifhe qu'iJ:^ avoient aprise, il estoit impossible, pour ce que c'estoit ung mal qui les tenoit de trop long temps qu'il/, aimoient à estre sumptueustmeut vestuz... »

L'ordre du grec n'a pas été entièrement observé, pui.sque le membre de phrase souligné remplit dans le français une fonction différente : néanmoins la préoccupation de fidélité est évidente et très méritoire.

j'en dirai autant du passage suivant :

2)1, H. 'V)5T3 Ti; y.a-r" ooAa;j.ov iT'.TToo'jà; y.al Zcp'.T-nasjjLO'j; (xal "ri; -/aO' ''.~~m ir.'.z-zoryS'i- xal •/ca!5£'.;)(i) iT.t'.ç>'f7.7Z'zo xal S'jvc'O'.TSv. (ô; Évl stôiiaT". x'.vo'j- ;i.£va) xaO' op|jir,v ixo'JZ'.O'^ îO'.xevai T-f,v oaov toO S'jaTr'iiJLaTo; Èv Taï; (XcTafîo^iaï; s'j/ios-.av. « tellement que s'il falloit que leur squadron tournast à demv à gauche ou à droicte, ou qu'il feit

( I ) Ce membre de phrase est omis d.ins la traduction manuscrite.

le tour entier, il/, v csloicnt si diiits et si bien appris qu'il senibloit proprement à les veoir que ce ne fust qu'un corps solide de tout le squadron qui se remuast de luv mesme, tant Hz se niouvoient aiséenient et tous ensemble sans rompre leur ordre toutes Ibis et quantes qu'il falloit toui'iier d'ung costé ou d'aultre. ■'

Dans cette phrase le changement de construction n'a d'autre but que le maintien de l'ordre grec. Il en est de même de la phrase suivante :

2)0, K. i~t': ôs TÔv TTpaTTiyCi'jvTX twv à/aio)v a-jt'.-tov o'jy.

(i Si s'en alla vers Lvsippus le capitaine géné-ral des Achiviens en ce temps là, luv remonstrer qu'il dcbvoit aller secourir les Messeniens, lequel lu\' feit responce... »

Mais, nous l'avons dit, ces exemples sont en somme asse/î rares, et bien plus fréquemment nous constatons chez Amvot un médiocre souci de conserver l'allure de l'original. Ce sont ces divers cas que nous allons examiner.

Souvent l'ordre du grec est « perverti » sans raison suffisante :

249, C <' ui/.'.TTa tiTjv xxO" ia-jTO-j; n î-l -OA'.Tîdv y.ïi -piçi'.;

<< enipUnoient ce qu'ilz avoient appris en l'estude de la philosophie au gouvernement de la chose publique et maniement de grand/, aflaircs iUiLinl ou plus que nul- autres de leur leiiips. •>

Ici pourtant l'idée qu'exprime 'xyX'.7':y. t(>)v v.aO Éa'jTO'jç, étant rejetée à la lin de la phrase, garde encore

L OKDRH DHS MOTS ET I. ORDRK DKS IDÉES I93

un peu de sa force ; il n'en est pas de même des phrases suivantes, oi\ l'intention de l'auteur ijrec semble avoir échappé au traducteur :

254, B. T?,; TïTp'ô';;... -'/A3;jL0'j;xivf,;... à-f,v.

" il s'v en alla au temps que le t\ran Onabis... »

jï ■(,-3X'i -JT.'j TdJV T'j02VV(.)V aTOOJCI'.-'aîVO". ZCiA'.Ta'.

Tf,; srapTT,;. |X£T(t)X'.,cV xTavTa;.

« contraignant d'aller habiter aultre part en Achaïc tous ceulx à qui les tvrans avoient ottrovc privilège de naturalité et droict de bourgeoisie. »

256, G. viixsji; Tt; (oîZtp àO).'f,x->,v cûopouoOvTx, 7:00; Tipaas'. ToO jiio'j vcatiSaAîv.

(( celle déesse Xemesis qui venge les faictz et dict/. presuniptueux des hommes le rua et prosterna par terre près de la lin de sa vie, connue ung gentil coureur qui seroit desja approché bien près du but de sa carrière. »

Dans cette dernière traduction la comparaison perd une partie de son charme à être exprimée après l'idée qu'elle précédait en grec.

Mais ce ne sont pas seulement les nuances de pensée ou de sentiment que la traduction d'Amyot trahit trop souvent; elle bouleverse parfois l'ordre de toute la phrase, soit pour sacrifier aux habitudes que commençait à contracter notre langue, soit même sans aucune raison apparente. En voici des exemples:

2)2, A. y.al tmv ■/■>//,(.) -o/.c'ov -ri; ;j.èv fy. to'j 'ior/isîv xa:

aovEAc'jOîooOv i.T:'i twv T'jpaw.xwv 'JT:oXa[x6ivrjvT£;,

xiî oè ô;i.ovo{a xai ToX'.Tsfa xa-raij.iY'yûvTEî j".;

sa'jTO'Jî, £v jâi|j.a... y.aTaTvts-jia'a'. oiôvooûvTO...

« et puis tirèrent à leur ligue les aultres villes qui

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sont alentour d'culx les unes en leur portant confort et aide pour les délivrer de l'oppression des tNrans. Rt les aultres d'elles mesmes s"\' venoient rendre et renger pour la grande légalité de leur police et manière de gouverner, et avoient intention de réduire par ce nio\'en... en ung corps. >>

254, U. ~i«;t îT3Uî'.v(.)V0 2v |j.;v îv.o'. /.î-'0'j3'.v fj-v/rysi-zi. '-VjZz:

a'jTM |j.r, )>â6(j)5'.v ivtl iJiovîjiwv ôitX'.Ttôv xaTà TrXi- Tojva, vaÛTai ycvôij.îvo'. xal oiacsOapîVTs;, aToaxTov VA Tf,; àïîa; y.al T(Ôv vr.jiov i-sAOîïv jy.ij'jjiu);. « Combien que auicuns \eulent dire quant à Epaminundas, qu'il s'en retourna tout de gré de l'Asie et des iles sans rien faire n\" exploicler, ne voulant point faire gouster à ses citoiens les grands protTictz et emolumens de la marine, de peur que au lieu de bons hommes de guerre et hardvz combattans, il/, ne devinssent petit a petit mariniers corrompu/ ains\' comme dict Plato. M

25)5 A. i~t': 03 oi r.yji i-ry toa'.v ioiç,7. -.jî'J-'rjvTa;, d/vAà t?,î ■/(ôpa;. aAAov aA/,r, oiaTZî'.oou^vov, 'JAtôor,; oè v.zi ■::3p(6ojvo; •f.vziîa xal ô'J3''.T7:&; ôzo pî'iOotov sapi-;ywv, Tr,v [j.èv o£to;'.v krÂT/z'/ xal... xaTîJToaTOTS-

« Et voyant qu'ilz ne fuvoient pas tout droict vers la ville, ains s'escarloient parnns les champs les ungs deçà les aultres delà, il feit sonner la retraite et deffendit que l'on ne les chassast plus pour autant que en tout ce quartier là il n'y avoit que bovs et que c'est ung pavs montueux, bossu et malaisé à gens de cheval pour les vallées, ruisseaux et fondrières qu'il faloit passer, au moien de quov il se logea qu'il estoit encore grand jour... »

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