‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 56 sur 164 · T(T)v vjaîidiv — a'/-/,";'j'-y:'o · texte numérisé non relu

T(T)v vjaîidiv — a'/-/,";'j'-y:'o

" l'assemblée des jeux publics appelés Neniea que Ion célèbre en l'honneur d' Hercule non i^nu'ie hyiii^ d'Ar^os. »

220 JACQUES AMVOT

2)8, n. iv TCii; -£&l KooLvÔou ix'j/r.tjiaa'. tt.ç 'EXAiooî.

" lliors que la ville de Chorintc fut dise et bnish'c. »

L;i traduction sent encore allongée en 1559 :

« Ihors que la ville de C^orinthe fut arse et destruitte piir les Roiiniins. »

Bach et de Mé/iriac, dans son célèbre Discours sur la traduction n'a pas manqué de relever cette manie de notre traducteur. « Lorsque Plutarque, dit- il, parle du vent du Zephir, Amiot ajoute, qui est celui du Ponent. Quand le même auteur fait mention de Plutus, incontinent Amiot lui attache cette glose : c'est-à-dire le Dieu des richesses. Si Plutarque dit qu'on céléhroit à Rome la fête de Bacchus, Amiot tient son lecteur pour si peu savant qu'il croit être obligé de l'avertir qu'on appelle cette fête les Bacchanales. Là où Plutarque nous apprend que la monnaie des Trœzeniens avait pour marque le trident. Amiot nous instruit par cette belle note : « C'est une fourche à trois fourchons, l'enseigne de Neptune. » Ces remarques et toutes leurs semblables dont la plus subtile n'excède pas la capacité d'un petit écolier de grammaire, tiennent du ridicule quand elles osent paraître dans les écrits d'un si grave et si docte Philosophe. » Nous serons moins sévères pour notre traducteur que le « grave et docte » académicien, si nous songeons à qui s'adressaient soit les manuscrits de dédicace, soit même l'édition de 1539. Ce n'était pas, nous le savons, aux érudits, dont les ridicules préjugés tenaient encore pour méprisable tout ouvrage écrit en

langue vulgaire ; c'était à des courtisans, à de grandes dames (n(His avons là-dessus le témoignage de Montaigne). Or on sait que malgré les progrès toujours croissants de riiumanisme, les mignons de Henry II, pas plus que les seigneurs de François l" n'étaient capables de se passer de la glose la plus enfantine : j'en dirai autant des dames de la cour, et même de la ville, à quelques exceptions près. Amyot s'en rendait bien compte ; et l'on s'expliquerait mal autrement le souci qu'il prend de ne présenter à son lecteur aucun événement historique, aucune œuvre littéraire, aucun nom géographique comme connu de lui. En voici quelques exemples :

251, I. ~r.i ~2p'. Tov Axp'.sjov 7:oTa;j.6v... ;j.i/r,;.

" mil' bataille, laquelle se doii/ni au long du llcuvc de Larissus. »

2)3> r. ~o/.âvr,v T'jv y.'.flapioôov a'jOVTa TO'J; T'.iJoOio'j — ioTx;. <( le musicien P\-lade.s qui chantoit sus son lue iiiioleiiiiiii poème du poêle Thinioteus, lequel se nom me les Perses. »

Cette préoccupation apparaît encore plus clairement dans une correction de 1559.

2J.9, l*. "f,; îi"'',? "■?,; ;j-ïy3tp'.xr,;.

nis. : «de son hostesse megarique. " (il n'en a pas

encore parlé), éd. : " d'une siene hostesse en la ville de Megare. »

Nous avons vu jusqu'ici que deux des principales causes d'additions étaient chez Amyot le désir de précision et d'exactitude, d'une part, et, d'autre part.

le désir de clarté : ce double souci nous explique nussi, je crois, un caractère que l'on a souvent remarqué et critiqué dans la traduction de Plutarque : je veux parler de la transposition des usages antiques en usages modernes plus ou moins équivalents.

Lorsqu'il s'agit d'idées abstraites, l'emploi d'expressions nouvelles ne nous choque pas.

P. ex. 2)2, r. T'r,v s:aoxot;j.:2v.

<i ce dcsir qu'il/, avoient d'cstrc tousjours mignons et bidves. »

Au contraire pour les termes relatifs aux coutumes et aux fonctions des civilisations antiques, qu'une méthode soi-disant plus scientifique nous lait aujourd'hui conserver intacts dans nos traductions, la transposition nous semble une infidélité.

Elle est peu apparente encore dans une phrase comme celle-ci :

252, D. eIoo; ce -zitti'); /al 7/f',;j.2To; ti; 7-;îpav ',ù/. -ty

(c et quant à l'art de drosser une bataille, il/ ne sçavoient que c'estoit de faire la limace. »

mais elle nous surprend déjà davantage lorsque nous voyons :

252, D. fiAa-'V'..

traduit par " squadron. »

et nous sommes scandalisés de lire :

251, E. pcHU- v/s.ioviav.

« une compag;nie de i^ens d'armes. »

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