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" et en acquit Philopœnicn un trcs glorieux renom. •■
Hn somme, ces omissions qui, sauf quelques-unes, concernent des détails et ne modifient en rien la suite du discours, nous montrent encore Amvot, tel que nous l'avions vu jusqu'ici, considérant l'idée que lui suggère le texte beaucoup plus que les termes mêmes de ce texte, et poursuivant cette idée en la développant, quitte à négliger parfois les détails qui à ses yeux n'éclaircissent pas l'enchaînement des faits, et sont plutôt des artifices de composition.
C'est pour la même raison qu'il lui arrive assez souvent de rendre faiblement des expressions fortes et vigoureuses de son modèle; l'essentiel pour lui n'est pas de faire de l'effet mais de parler clairement, et d'expliquer, au sens latin du mot, sa pensée : or c'est là, presque toujours, l'opposé de 1' « effet ».
2)0, D. iv:^^£To.
<< il estoit merveilleusement affectionné à lire. » (le grec dit : << il s'enracinait dans la lecture de... ..).
2)0, h,. Ta; ô'.iypasi; Èô)v •/2'!p£'.v.
'• il ne se contentoit pas d'en avoir les exemples. >> idtv /aips'.v est l'équivalent de notre expression triviale << envovant promener »^.
" perdoit patience de dépit qu'il ne pouvoit aller au
combat. »
(îsaoi^w signifie " trépigner après q. ch. »).
2535 '• "^''W ÛT:orTf,;î'.v i'jtÛ) toùî i/a'.o'J;.
i< les Acliaicns se rengeroient encore soubz son
obéissance. »
("■J-oTTr'.jTî'.v signifie proprement <' se blottir <>).
2)6, G. (T'JvaTO;xaoaîvî50a'..
« (la force des maladies) descroist et se diminue. -> (le verbe grec contient l'idée de « se flétrir » ).
2)7, r. ffuvayaytov ;j.C/A'.; éa-jTOv ùt.' àîÔEVctaî, àvsxiO'.Çîv.
« à peine se peut-il mettre en son séant tant il
estoit foible. ■< (L'expression jova-'ay'ov ia'jTov : i< se ramassant
soi-même » n'est nullement rendue.)
Lorsqu'Amyot se résout à traduire l'image du grec, c'est avec bien des précautions, bien des atténuations (i).
2)4, i^- "ï^yj -aïôa; à-ïôî'.Hsv àvor.Tx /.al /.svi -pô; iaTSipiav àXT,fj!.vT,v 7:avo'jpyo'jvTa;.
« leur monstra en peu de temps que les finesses dont ils usoient estoient lourdes et grossières et quasi par manière de dire jeux de petitz enfans au pris de celles qui estoient excogitées et conduvttes par le sens d'ung capitaine bien expérimenté en vraye guerre 2\ ••
Si Amyot laisse perdre assez souvent des expres-
(i) « Lorsque l'adjectif, dira plus tard de ri-istaiifi;, est trop rude .1 exprimer par sa simple signiticatiou on v peut ajouter le mot « comme » pt)ur le rendre plus doux ». {Op. i;7., p. 51. CA. les exemples qu'il donne).
2. On peut rapprocher de cet exemple la traduction suivante : 2)6, A. tôT£ [lâv o'jv ùrJj ff'j;iï&p(ôv a£-'i)>(ov (uSTîp vîCpa tt,; Tzô'ksMi £xx£|j.îrv T(T) j!,Ao~o(a£vt zapaT/ovTe;. « Or furent ik contrainctz pour Ihors tant ilz estoient oppresse/ de toutes misères de ployer les testes à ce joug et endurer maulgré eulx que Philoptemen trancfieast ainsy les nerfz de leur police et république. ■■
sions vigoureuses ou imagées du grce, il lui arrive rarement d'en créer de son propre fonds ; on en rencontre peu dans le ms. de la vie de Philopivinen.
P. ex. : 249, B. TJ/f, /pr,7â;jL3vo;.
" fortune luv courut sus. •>
On voit donc qu'il ne faudrait pas se représenter le « bonhomme » Amyot colorant la prose grise et terne de Plutarque, comme le « bonhomme » la Fontaine fera les récits un peu tristes d'Esope. — On voit aussi daiis quelle mesure il est juste de prétendre, ainsi qu'on le tait souvent, qu'Amyot concrétise le texte de Plutarque. De même qu'il ne 1' « embourgeoise » que pour le rendre plus clair, de même il ne le « concrétise » que pour l'expliquer, — mais les exemples ci-dessus nous montrent qu'il n'hésite pas à se servir d'un terme moins concret que celui du grec, lorsqu'il le croit capable de rendre avec plus de netteté l'idée générale de la phrase.
Si le plus souvent il traduit les substantifs abstraits par d'autres ttiurnures, c'est, d'une part, parce que le français emploie peu ces termes, et d'autre part, parce que lui-même, comme nous l'avons vu, habitué à développer les idées du texte, peut le taire plus facilement en tournant d'une autre façon, p. ex. avec un infinitit :
2)0, A. Ti3T,;ôo— 7,; y.ai Ta&£y.63ï£(i); TCi'j j'jvT|9o'j;.
'< s'ilz font le moindre excès du monde ou qu'il/ trespassent ung tout seul point de leur ordinaire... »
2)0, B. y.AioTjia; kvExa /al Aôr.XiTÎa;.
<' pour surprendre d'emblée et pour piller. »
2)0, C si; ÏTZou; xa'. oT/.a vtal A'Jtc'.;.
(' à achepter de beaux chevaux, ou à taire !orger de beaux harnois, ou à rachepter et paier la rançon. >'
251, Cj. x'jpio'j;... Tiar,; xai -/.oAijïw;.
« puissance de punir ou honorer qui bon leur semble. »
253, A. ev T», o.,,',ï£...
(' de poursuvvre ces avant-coureurs qu'il/ .ivoient rompus. »
2)3, V^- èTÔAiJ.Ï,7£ 77, 0'.a6x7î'..
« se voulut ha/.arder de franchir. »