‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 70 sur 164 · LES SOURCES DE I. AI. DINE · texte numérisé non relu

LES SOURCES DE I. AI. DINE

ont permis îi R. SchoU de dctermincr avec tant de précision les sources de la Juntine. Si de ces considérations extérieures nous passons à un examen intrinsèque de l'édition d'Aide, nous v constatons pour la seule \ ic de Philopœmen les variantes suivantes, qui paraissent bien être des bourdes imputables à l'éditeur de 15 17 et reproduites par celui de 1 5 19 :

i-raîpav pour iT£pav(ct. Sintcnis, t. Il, p. i66, 1. 15).

xaL Xâ|jL— pd); Tcp' pour xai Xiii—poî ~zpl (c(. Situ. II, 170, ch, \iv, i).

~£\oXi pour Tî!^oT; (cf. Sint. II, 179, ch. xi\-, 12).

•rapx/i;, stiutî pour Tapa/i; ÊTayTâ (cf. Sint. II, 182, ch. xvi, [>).

[lî'ày.Zf/ pour uLîTiiV/i^îv (cf. Sint. II, 185, 25).

fyj ;iT,v, iWkz pour oj ;j.r,v iAAi (cf. Sint. II. r87, 15).

Nous aurions pu allonger cette liste qui, telle qu'elle est, suffit, croyons-nous, à prouver ce que nous avancions (i).

Les critiques ont en général négligé jusqu'ici, avec raison, l'édition de 1533, publiée à Bàle par Bebel et Cratander, in-folio. Elle semble en effet ne pas apporter de leçons bien nouvelles au texte d'Aide qu'elle reproduit.

Ce dernier point peut être mis en lumière comme pour les rapports de l'Aldine et de la Juntine par les rapprochements suivants :

Aide et Bcbel seuls ir'.5t5pâ3xovTî; pour àTOO'.ôpasxovcc; (et. Sint. Il, i8i, 14).

■i'.M-j^ àyaOo'J; pour ■^'.'krjj^ xal àyaOo'j; (cf. Sint. II, 182, 54).

•JTOxaTaxX'.vôixîVjv pour 'J—oxaTaxA'.vouÉvwv (cf. Sint. II, 184, 11).

(i) On pourra voir ég-ilenient dans les annotations critiques de l'édit. niaj. de Sintenis l'accouplement fréquent de i et a (édit. de Junte et édit. d',\lde) mentionnés comme seuls garants d'une variante. Mais nous avons préféré ne pas faire fond sur ces indications que nous avons plus d'une fois trouvées inexactes.

Cependant il est juste de remarquer que cette réimpression a été faite d'une f^içon assez intelligente et surveillée par un homme qui avait une certaine connaissance du grec : c'est ce dont témoignent un grand nombre de variantes qui ont pour objet de corriger quelque lapsus ou quelque erreur plus ou moins évidente de l'édition aldine. Nous en citerons seulement trois exemples que nous tirons de la première page de la Vie de Philopœmen :

1519 : otsoÉÇaTO 1555 : ôc£Sé;avTO (cf. Sint. II, 16), i ).

;/.ayapty.r,; ixîyap'.xï.î (cf. Sint. U. 16^. cli. 11, 5).

£-aîJ.;v(ôv5(j'j È-a;jL£'.v(ov5o'j (cf. Sint. 11. 166, cli. 111,1).

On voit par les pages qui précèdent que notre traducteur pouvait trouver, grâce au seul secours des éditions imprimées, des leçons assez bonnes et, d'une façon générale, un texte assez autorisé. Mais il ne se contenta pas de ces ressources, et nous savons par ses préfaces qu'il eut recours, pour cette traduction comme pour les autres, à des « exemplaires vieux escripts à la main. « Il serait intéressant, sans doute, de pouvoir déterminer avec certitude de quels manuscrits il s'est servi aux diverses époques que nous avons distinguées. Malheureusement il est impossible actuellement d'arriver sur ce point à quelque précision. Les manuscrits de Plutarque sont innombrables : un critique récent en comptait près d'une centaine (i). Encore

(i) Cf. l;i t.iblc nictliodiquc drcsscc p.ir Koiir.it Zicglcr : Dif Ulvrlitfcruiigsgcschichtc. . .

LES MANUSCRITS (.lŒCS 28 1

cst-il tenu pour évident aujourd'hui qu'un certain nombre de manuscrits ont disparu depuis la première moitié du xvi^ siècle, lit parmi ceux qui restent, il est souvent bien difficile de connaître l'historique de chacun, ce qui pourtant serait une condition indispensable pour mener à bien une étude de ce genre : tel manuscrit en effet qui se trouve aujourd'hui à Paris gisait peut-être au xvi'- siècle dans un monastère ignoré de l'Allemagne, et tel autre au contraire, que nous consultons dans une bibliothèque anglaise, appartenait alors à quelque riche Romain. Nous ne pouvions songer à entreprendre de semblables recherches : encore n'eussent-elles été qu'une préparation à notre travail. Une fois déterminés les manuscrits actueUemenl existants qu'Amyot a pu consulter, il eût fallu relever minutieusement les variantes de chacun d'eux, et cela pour un grand nombre de Vies, afin d'éviter le plus possible les cliances d'erreurs. Il eût fallu ensuite — comme nous le verrons plus loin — nous demander si les leçons inscrites par Amyot sur l'exemplaire de l'Arsenal provenaient bien toujours des manuscrits mêmes où nous les rencontrions, et si elles n'avaient pas été parfois empruntées à quelques collections de variantes composées par tel ou tel érudit contemporain. Voilà ce qu'il eût fallu faire ; voici maintenant ce que nous avons fait. Nous avons étudié en particulier les variantes de l'exemplaire de l'Arsenal pour cinq \'ies (Solon, Périclès, Timoléon, Philopœmen, Cimon.) en essayant de distinguer, par l'inspection de l'écri-

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ture ei la comparaison des encres, les annotations de dates différentes. Pour retrouver la source de ces variantes, nous avons eu recours à la grande édition critique de Sintenis (i), qui a collationné pour chaque Vie environ 4 ou 5 manuscrits, mais a laissé nécessairement échapper bien des erreurs ou des omissions ; nous avons complété cette information à l'aide de diverses publications où sont relevées pour telle ou telle Vie les leçons de certains manuscrits, qui, alors même qu'Amvot n'a pu les connaître, ont du moins pour nous l'avantage de représenter une branche ou une famille à laquelle il a pu avoir recours : ces publications sont celles de Graux (2) pour le Matritensis ; de Michaelis(3) pour les Marciani 385 et 386; de Meyer(4) pour le Seitenstettensis. Nous avons aussi consulté d'autres études concernant d'autres manuscrits, mais dont les résultats étaient trop généraux pour nous fournir dans la recherche des sources d'Amyot aucune indication précise.

Avec des ressources aussi incomplètes nous sommes arrivé aux résultats suivants (5).

Parmi les manuscrits dont les leçons ont été relevées, le Parisinus 1676 (F') est un de ceux qui semblent avoir fourni le plus de variantes à Amyot.

(i) Plutaiihi rit.r paiiilli'lx ex ifi'ciifiiuif Caioli Sintenis, 4 vol. 8°. Leipzig, 1859-1846.

(2) Dr l'iutarchi codicc manuscripto Miiliitcnsi injuria ncghrio, iSSr, réimprimé dans les Articles originaux de Ch. Graux, 1895, pp. 545 sq.

(î) De Plularcbi codice Marciano ]S6. Berlin, i886, 4".

(4) De codice Phitarchco Sritenstetlensi ejusque asseclis, accedunt lecliouei Seitcnsiettenses. Leipzig, 1890, 8".

(5) Nous ne nous occuperons pour le moment que des m.inuscrits utilisés .iv.int i ^59.

\'oici quelques exemples caractéristiques tirés des Vies de Solon et de Périclès :

Vie de Solou.

Edit. d'AkIc 25 V 27 r" ixTT.aôpiO'.

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