‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 73 sur 164 · LE RECUEIL DE VULCOB · texte numérisé non relu

LE RECUEIL DE VULCOB

serait vraiment trop téméraire de fonder une hypothèse sur des indices aussi faibles. D'ailleurs, nous l'avons dit, nous ne prétendons pas avoir retrouvé les manuscrits dont Amyot s'est servi soit à Venise, soit à Rome, soit même à Paris, avant sa première édition. Peut-être parmi ceux que nous avons signalés en est-il quelqu'un, tel que M-' ou P, qu'il a utilisé directement : en tous cas nous pouvons affirmer qu'il a eu, dès avant 1559, pour les cinq \'ies étudiées plus haut, d'autres sources que nous n'avons pu déterminer. Nous trouvons une preuve de ce fait dans le grand nombre des leçons inscrites par lui à cette date, qui ne nous sont données par aucun des manuscrits mentionnés ci-dessus. Il nous semble inutile de les reproduire ici : nous remarquerons seulement que quelques-unes d'entre elles sont signalées ou adoptées également par H. Estienne, et que beaucoup se trouvent indiquées dans les X'aria; Lectiones des éditions de Frankfort et de Paris (i), où elles sont accompagnées de la lettre ^'. Cette lettre désigne, comme on sait, un érudit du nom de Vulcob. Mais la provenance de ses variantes est, encore aujourd'hui, très mal connue, et les avis des philologues sur ce

( i) 11 s'agit : i" des deux éditions in-folio des Vies et Œinirs Morale publiées à Franlvfort en 1599 et en 1620, qui reproduisent, avec quelques corrections, celle de 1572 (chez H. Estienne) en ajout.-int .i la tin un choix de variantes de provenances diverses; — 2' de l'édition de P.iris 1624, qui contient en outre une Vie de Flutarque par Joaiines Rualdus, et, du même auteur, des Animadvcrsioncs ad insiguiu Pliiliurhi 5-iiA;iaTa siir hipsioiics, » notes où, dit Charles (jraux, il y a .1 prendre et .1 laisser. » Sur la constitution encore très incertaine et sur la valeur du recueil de variantes qui se trouve dans ces trois éditions, cf. les introductions de Wvttcnbach et de Sintenis, le premier .i son édition des Morales, le second à celle des l'ies.

point sont contradictoires. Frédéric Palm en 1836(1) avait cru reconnaître la source de la plupart d'entre elles dans la collection de leçons tirées de manuscrits italiens que nous lisons sur les marges de Texemplaire connu sous le nom de Muret, et dont nous reparlerons plus loin. Mais Sintenis, revenant pour la seconde fois sur cette question (2), notait fort justement que V pouvait fort bien avoir emprunté ses variantes aux sources mêmes où avaient puisé les annotateurs de l'exemplaire de Muret, et il ajoutait que seule la reproduction des conjectures mentionnées sur cet exemplaire permettrait de conclure à l'utilisation de ce volume par Wilcob : or quelques véri- Hcations faites au hasard nous ont montré que ces conjectures lui semblaient inconnues, soit qu'il conservât le texte des éditions sans essayer de le corriger, soit qu'il signalât une correction différente de celle de Muret. Nous avons donc le droit de supposer que \"ulcob a recouru d'une manière générale aux manuscrits eux-mêmes. D'ailleurs, Michaelis a montré (3) que même les leçons communes à\'ulcob et à l'exemplaire de Muret étaient loin d'être aussi nombreuses qu'on l'avait d'abord laissé entendre (4).

(i) OhseiiiiiioiifS criticj' in ijitosJiim Pluhuchi locoi... — Article de la /.eilschrift de Zimmcrmami, mai 1856, pp. 449 sq.

(2) ci'. Introduction à sou édition des. l'tcs ycà. niaj.), pp. xxiv- XXV : il avait traite déjà ce sujet dans VEpisfolu ad God. Hcniiaiiiiiiiii, i8}2, pp. î2 sq. (à propos de son édition de Théniistocle.)

(3) Dr Pliihiirhi codicf Mairiano ^S6, pp. 12-14.

(4) Le recueil des \'ari;t Lectiones des éditions de l-rankt'ort et de Paris, du moins pour le \olume des J'ics, ne contient <;uére que des leçons de \', et des leçons de A, c'cst-.i-dire de l'anonyme. Nous ne nous arrêterons pas à ces dernières. Les critiques sont unanimes .i les

LES CONJECTURES d'aMYOT 297

Nous pouvons donc à notre tour conclure de cette digression que ces variantes que nous trouvons à la fois dans l'exemplaire de l'Arsenal (avant 1559) et dans le recueil de \'ulcob, lui ont été lournics très probablement par des manuscrits italiens (de Rome ou de \'enise) que l'on n'a pas encore collatioimés.

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