‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 77 sur 164 · ADDITIONS SUPPRIMÉES · texte numérisé non relu

ADDITIONS SUPPRIMÉES

vants, ce sont plutôt des additions explicatives logiques ou même de simples redondances verbales.

I 1 j C. ^f *"''. V-''^'''^' ~=?'- ''''■'''''' ~'>'> Torov. ( l'ir di- Roiiiiilin.) Ms. : clic disparut tclicniciit qu'on ne sccut qu'elle

devint, au mesme lieu, Ed. : elle disparut au mesme lieu.

i'ÔT.Aov "eviîOa;. ( /'iV de Riiiinilin.) Ms. : L'on dict pareillement que le corps d'Alcmene

disparut ainsy comme on le portoit en terre et

ne sceut on qu'il devint.

Ed. de 1559 : On dit aussi que le corps d'Alcmene

disparut ainsi que Ton le portoit en sépulture.

17? (j. y.ïTaaapT'jpîrv. .. oïjtî vô;xc/; oj-vî;;, oot: ip/wv -r,viy-

y.a!^cv. (r/f de Roinulm.) Ms. : ... et tant estoit grande l'alliance qu'il/.

avoient entre eulx qu'il n'v avoit nv lov, ny

magistrat qui peust contraindre...

Ed. : ... et n'y avoit nv lov nv magistrat qui

peust contraindre...

23, B. o'./.'.x; y.a'. yr,v i-a'.To'îv à/.A'ov i/ovTiov. ( T/V Je Ro-

)iiii!iis.) Ms. : ... et puis venoient redemander leurs terres

et possessions Ihors que d'aultres les possedoient

et les avoient acquises par droict de guerre. Ed. : ... et puis venoient à demander les terres

et maisons quant autres les possedoient.

25, (j. TO |j.îO' T,|j.£pav /pf.îOai t7, ivxy.ÀY^j:: z('>-/ ôvo[j.ïto)v. ( rif de Ronip.lui. ) Ms. : pour ce que c'est de plein jour qu'ilz appellent ain.sy les noms propres des honmies du pays comme sont Marcus, Lucius.

3l8 JACaUES AMYOT

VA. : pour ce que c'est de plein jour qu'il/, appellent ainsi les noms les uns des autres.

JOO, C fiUJpo; ;j.îv lûv èv taï; £'.0T,v'.xaT; /oriai;, soSô&ô; ôè -f, —ïoi^xsuY, -/.aTà Twv 7:oA£;i.{ojv saivô[j.evo;. ( r/c (/f Seilon'iis.)

Ms. : se monstrant doulx et humain es atîaires de paix à ceulx qui vouldroient obéir, et formidable en appareil de guerre à ceulx qui vouldroient tenir teste et se révolter contre lu\'.

VA. : se monstrant doulx et humain es affaires de paix et redoubtable en appareil de guerre contre ses ennemis.

407, H. ol tjWx "Ci'.cÏv t'j Tro'jîTaTT'JiJcVCiv ojy. t.^ioCiiîv. ( J'ic df Scrtorius. )

Ms. : Nous qui avons eu les cœurs haultains jusques là que nous n'avons pas voulu obe\r ne faire le commandement de Sylla.

Ed. : Nous qui n'avons pas voulu obeïr à Svlla.

409, C v£o-70À£;iO'j... ÀÉyovTO;. (l'ir d'Einnciiii.)

Ms. : Comme Xeoptolemus... pour l'envie qu'il

portoit au bien, honneur et avancement de V.\.\-

menes, dist...

Kd. : Comme Xeoptolemus... dist.

J.I2j 1'. Toùxo î,v (£j.Y,)To A£-'o;j.£vov, (j\illoryj 'Ik oJC£l; "aoyo;. ( /'/(• il'Hiniuiici. ) Ms. : Et adonc dict lùimenes c'est bien ce que l'on dict communément, de perdre on n'en parle point : Comme voulant dire, vous debatez bien pour l'honneur mais vous ne pensez pas au danger qu'il \' a de perdre une bataille.

Ed. : A quov lùimenes leur respondit : Vrayment c'est bien ce que Ton dit communément, Du danger de perdre tout on n'en parle point.

OMISSIONS REPAREES 3 19

Mais cette confrontation de sa traduction primitive avec le texte grec n'amène pas seulement Amyot à des corrections et à des suppressions : en plus d'un endroit il avait des omissions à réparer, et, si nous pouvons attribuer telle ou telle à une négligence du copiste qui a écrit les manuscrits de dédicace, le nombre des exemples et la nature même de quelques-uns d'entre eux nous autorisent à les considérer d'une manière générale comme imputables au traducteur lui-même. Voici certaines de ces lacunes qui ont été comblées dans l'édition de 1559:

15, U. oc.v'.Oa; Ô£ T^avTOÔa-O'j; 'y(o;xi5;j.ata xojii'ovTa; èvT'.Oê'vai Tot; Jjp£'i£5iv • à/p'-î o'j jSo'jxÔAOv loôvTa xal Oa'jjjLiïavTa T0À;j.f,î3f. toosîaOeÏv, xai iveXJjÔa: Ta Tra'.ôia, to'.iôtt,; oè tt,; ïwrr.oia;. (r/c </<■ Roiiiiiliis.)

Ms. : ... et force ovseaux de toutes sortes qui apportoient des miettes et les mettoient es bouches de ces deux petit/ entans, et que eulx saulvcz et nourri/, par ce moien...

Ed. : ... et des oyseaux de toutes sortes qui leur apportèrent de petites miettes, et les leur meirent dedans la bouche, jusques à ce qu'un bouvier les apperceut, qui s'en esmerveilla fort, et print la hardiesse de s'en approcher, et enlever les enfans; lesquelz avans ainsi esté préservez.

14) A. i~\ X'j-j-zfj:;. -ri; ;ièv 'Jzàp tc/Û Oeo-j TtOél;, xi? ô' Czèp a'JTO'j 'yf'i'iO'j;, à/£ïivr, v.vkousvo;, S'Jï'jvtJsTEÏv oè ^O'JAÔiiEVjî, /.ai oixa'.tTjv êixjAévciv toï; ôp'.ïôeîs'., ôeîrvcJv T£ loi Oeio -apca/E'JaSc... (r/c </<• Romulus.) Ms. : Les conditions ainsv arrestées, il jetta les dez pour le Dieu, puis pour luv, et se trouva qu'il perdit, parquov il appresta ung beau soupper à Hercules.

120 JACQUES AMVOT

Hd. : Les conditions du jeu ainsi articulées, le sacristain jetta les de/ pour Hercules premièrement, et puis après pour soy-niesnie. Il advint que Hercules gaigna, et le sacristain recognoissant bonne fov et estimant estre raisonnable qu'il accomplist la paction que luv-mesme avoit faicte. appresta un beau soupper...

21, 1). f J.iî'-'' 5= y-3(l "oô; Ta'oa; tt,v y.j.\ryj\i.vrr-i |3o-JA/.av. ..

y.al -îv.rôp'fjç/ov. (T/V de RoiiiiiUis.) Ms. : ... que leurs enfans porteroient au col une

bague qu'ilz appeloient BuUa...

Kd. : ... que leurs enfans porteroient au col une

façon de bague que l'on appelloit Bulla... ; et

que leurs robbcs seraient bordées de pourpre.

26, H. ... îU ~'>'' a'.vîioj Hy'jv'j^ ixiOis;. f l'ic de Roiiiiiliis.)

Ms. : ... et si remict son aïeul en son siège roval. Ed. : ... et remeit son ayeul sur le throne royal d'.tneas.

2)), 13. ï"/.)ii OâOO'.xoTs; y.a'. àvaoooaîvo'. — ooîôàAciv-o ( T/c de

PbUopamen .) Ms. : ains craignans de Faborder pour luv parler

de telle chose luv en feirent tenir propos. Ed. : ains craignans tous de luv en porter la

parole et s'en excusatis, à la fin en feirent

prendre la charge.

399? ^" '^'''- '^' "^^^ ^97J>'^ oitiï flo'jXï'JasOa'. -/.iXm- îlyv/, t.xov-

ôiôoÛTT,;. {Vif de Sertorius.) Ms. : ... puisque vous l'avez mandé tout premièrement c'estoit mal faict à vous de consulter et faire doubte si vous le deviez recevoir, ou non, puisqu'il estoit venu à vostre mandement.

OMISSIONS KliPAREES 32I

I:iJ. : ... puisqu'ainsi est que tu l'a.s mande premièrement, c'estoit mal fait à toi de consulter, si tu le devois recevoir ou non, puisqu'il estoit venu à ton mandement, et es tenu de t'en servir pour ce qu'estant venu sur ta parole, l'obligation de la foy ne te permet plus en pouvoir discourir.

J.O0, r. 0; -aî'tto: TÔJv t6T,4(i)v... ~ap£Ôwxav Éa-^ToC; i-'.T&EJ-

€c'j5i|XcV0'. 10:; T.iÇil TOU.~f,lOV /ta'. |1£T£AA0V. (J'If

il'Hiiiiinifs.) Ms. : La plus grande partie des Hespaignols s'alla

rendre à Pompeius et à Metellus.

Hd. : La plus part des H espagnol/, envoyèrent ambassadeurs devers Pompeius et Metellus et se rendirent à eulx.

Ces diverses listes de corrections suffisent amplement à montrer qu'en 1 5) 5-1 5)8 Amyot ne s'est pas contenté, comme tant d'autres (i), de retoucher sa première traduction sans se reporter au texte i^^rec : il ne faudrait pas croire pourtant que cette confrontation fût constante ; non seulement le texte de 1 3 59 conserve encore quelques lacunes de la version manuscrite (2), mais il n'est pas rare qu'il v ajoute des inexactitudes ou des erreurs, qui souvent, nous allons le

(i) il nous paraît intéressant d'opposer à cette const.ttation celle que .M. H. Hnuvettc a faite en comparant les deux états successifs de la traduction dui/c Casihiif vironim illtulriiiiii de Boccace par Laurent de l'remierfait, au début du xv" siècle, (^clui-ci, nous dit-il, ne s'est pas reporté au texte latin de Boccace ; mais il s'est contenté de remanier sa première traduction pour la rendre plus claire et plus abondante (Cf. H. Hauvette. </c Laiinnlio Je Priiiiofnlo, p. 45^. M. l'abbé Urbain fait une remarque analogue à propos de Coefleteau (thèse sur Cocffcteaii, p. 264, note ).

(2) P. ex. : 255, D, l'omission de ■i-âvTr,7a; i''» ;x3/aviôa; on en pourrait citer bien d'autres.

voir, s'expliquent par certaines considérations de clarté ou de logique.

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