I:d. : ce ncantnioins quov que
2)1, I. Ms. : Or...
I"d. : Bien est-il vr.iv que...
2)2, A. Ms. : .M.iis...
IaI. : Toutesfois...
2)2, B. Ms. : Comme...
VA. : .\insv comme...
2)2, E. Ms. : et ayant...
|{d. : ainsi aiant...
2)2, G. Ms. : car...
Ed. : pour ce que...
2)2, H. Ms. : ainsy comme...
Hd. : ne plus ne moins que...
2)2, H. Ms. : mais au contraire...
Ed. : mais aussi au contraire...
Parfois même, c'est à l'aide des propositions précédentes que le traducteur développe des formules de transitions qui se transtorment ainsi en membres de phrases.
P. ex. : 13, G. (Vif lie Roiinihis.) yis. : Si les meit...
l'2d. : Comment que ce soit, celu\- qui eut chari;e de les jetter les meit...
249, H, .Ms. : Il n'estoit point laid de vi.sage.
Ed. : Au demourant quant à sa personne il n'estoit point laid de visage.
249, 1". M s. : elle pensa...
Ed. : elle le voyant en cest habit, pensa...
250, G. Ms. : Philopœmen accourut...
Ed. : Quoy entendant Philopœmen accourut...
250, K. Ms. : ncantnioins.
l-"d. : mais nonobstant ce commandement.
251, G. Ms. : n'avoient tenu compte, pour ce que...
lui. : n'avoient tenu compte, craignant de lesoffenser, pour ce que...
253, C. Ms. ■- à les veoir en cest estât.
l-]d. : à les veoir ainsi les uns devant les aultres.
I. Ms. : Les Bœotiens qui avoient desja dressé leurs eschelles contre les murailles les laissèrent là... Kd. : les Bœotiens en eurent si grande peur qu'ilz laissèrent là leurs eschelles qu'il/, avoient desja dressées contre les murailles...
254, D. Ms. : mais les Achaeiens l'empescherent et v envoverent le capitaine gênerai Aristaenetus. Ed. : et l'eussent taict n'eust esté que les Achaiens V envo\ erent leur capitaine gênerai Aristaenetus.
415, A. (lie irEuiinnics.) Ms. : à ceulx qui leur donnoient.
Ed. : à ceulx qui leur donnoient pour l'envie qu'ilz
avoient de se faire déclarer capitaines généraux.
Dan.s quelques-un.s de ces exemples, du reste, on a pu voir que l'addition était psychologique autant que logique, c'est-à-dire qu'elle avait pour but de nous découvrir le motif ou la conséquence de l'événement dans l'âme de tel ou tel personnage : cette intention est plus visible encore dans les corrections suivantes qui nous montrent, ainsi que nous l'avions déjà noté pour la traduction manuscrite, Amyot introduisant dans son texte un verbe inchoatif ou intentionnel, ou substituant à l'énoncéî d'une action
l'indicalioii de ses causes ou de ses effets psycliologiques.
Exemples de la première catégorie :
16, F, {l'ie de Rowulus.) Ms. : Romulus... bastit et fonda sa ville.
Ed. : Romulus... se iiieit à bastir et fonder sa ville.
398, F. {l'ie de Scrtorius.) Ms. : luy tournèrent du tout son appétit.
VA. : le convièrent a tourner du tout son estude.
405, A. (l'ie de Sertoriiis.) Mi. : à celle fin que si d'advcnture Pompeius le venoit assaillir.
Ed. ; à lin que si Pompeius d'adventure le cuidoit venir assaillir.
405, B. (J'ie de Sertoriiis.) M^. : sans s'o/.er remuer.
Ed. : sans s'ozer remuer pour \- penser mettre ordre.
Exemples de la deuxième catégorie :
13, F. (lie de Rowulus.) Ms. : Et Amuliusqui eut l'argent et la plus grande puissance au moicn de l'argent.
VA. : .Mais Amulius se trouvant l'or et l'argent entre mains, et à cause d'iceluy se sentant le plus fon.
23, D. (lie de Rovmlus.) Ms. : t'eirent paix et alliance pour cent ans. (oaoW'iav i-o'./.-avTO).
Ed. : le requirent de paix et d'alliance qui leur tut ottroyée pour cent ans.
2)1, F. (l'ie de Philopceineii.) Ms. : là où il y avoit guerje.
Ed. : là où il sçavoit qu'il y avoit guerre.
336 jACCLUES AMYOT
254, B. (J'If tic Philoptritii-n.) Ms. : tiist ou )iour ce qu'il iuvoit la lice.
Ed. : et lu\ iniput.i Von ou quil iuvoit I.i lice...
10é, A. (Vie de Scrloriits.j Ms. : Sertorius qui avciit du meilleur.
I'aI. : Sertorius se sentant plus fort.
415, A. ( Vit' d'iiniiicnes.j }\\'^. : de ceulx qui le haïssoient
le plus.
, Ed. : de ceux qu'il s»;avoit qui le haïssoient le plus.
Si, comme toutes ces citations nous le niontrent, Amyot songe toujours à la phrase précédente, il songe aussi à la phrase suivante et il corrige en conséquence sa traduction de 1545. En voici un exemple curieux :
Au début de la vie de Philopœmen, Plutarque cite un « mot de risée » de Titus se rapportant à la maigreur de Philopœmen : puis il ajoute une explication, qu'il semble adopter, et qui transporte cette moquerie du peu de prestance du général à la médiocrité de ses ressources. Néanmoins il avait présenté sans restriction la première interprétation, en écrivant sTciTxwTrTcov ; et Amyot dans son manuscrit avait fait de même. Mais, en 1559, l'amour de la logique lui fait corriger la traduction « se mocquant » en « semblant se mocquer », ce qui prépare et annonce l'adoption d'une seconde interprétation qui excluera la première.
Cl. de même 251, B. {Vie de Pbiloptvnien.) Ms. : ung harnois (t'/su-/, '.
\-x\. : le reste du harnois.
(11 -avait en effet déjà parlé de la cuirasse. )
ADDITIONS EXPLICATIVES tilSTORIQL'F.S 337
Les additions explicatives logiques sont donc encore assez nombreuses dans la revision de 1559 ; les additions historiques le sont en revanche beaucoup moins : l'occasion en effet s'en présente plus rarement, et nous avons vu d'ailleurs, en étudiant la traduction manuscrite, qu'Amvot ne l'avait guère laissé échapper (i).
Voici pourtant quelques cas où le traducteur de 1)59 a introduit ou développé dans son texte une addition historique :
13, H. (lit' (/«' Roviuliis.) Ms. : pour autaiu qu'ilz appellent les treres Germains.
Hti. : pour ce que les Romains appellent les frères de père et de niere, germani.
[Le grec disait seulement ioi\-^ryj;.]
K. (l'if de' Ronnilus.) Ms. : Le prebstre de Mars lu\faict olïrandes et effusions t'uneralles au mois d'Apvril.
[Cette traduction était déjà une glose pour /oi; i-vsioz'..} VA. : et luy offre le prebstre de Mars au mois d'Avril les effusions de vin et de laict accoustumées es funérailles.
), 1'. (lie (h' RoDiiiltis.) Ms. : en une armée les souldards s'appellent manipulaires.
Ed. : en une armée de Romains les souldards qui
(i) Nous ne regardons pas en effet comme des additions historiques des corrections purement euphoniques ou rvthiniques du genre de celles-ci :
Ms. : Antigonus ; Ed. : Le Roy Antigoiuis.
Ms. : Ptoloinaîus ; Hd. : Le Rov I^tokmijfus.
Ms. : Rommc ; Ed. : La ville de Rome
ou mcme :
Ms. : Phénix; Ed. : Le vieillard Plienix.
sont soubz une mcsnic enseigne s'appellent manipulares.
[èv Toî; aTpaTS'Jiiast to'Jtoo; uav;— Aa&fou; ôvou.i-
Çûusiv''.
252, H. (Vie (le Philopœiiien . j tcôv /aivwv ozamv.
Ms. : les armes nouvelles qu'elle luv avoit fait
faire.
Ed. : les armes nouvelles qu'elle luv a fait faire
par Vulcain.
Il V ;i progression dans l'explication historique, ébauchée en 1543, complétée dans l'édition.
De même, dans les phrases suivantes:
258, B. (Tic de Pbilopirnwn.) é-j -zrj'; r.ty. xov.vOov.
Ms. : Ihorsque la ville de Chorinte fut arse et
bruslée.
Kd. : quand la ville de Corinthe fut arse et des-
truitte par les Romains.
4IJ., F- àvT'.yÉvît ■/.2I TEjTi|j.((). Tot; TtÔv àç.-''j&a3-(6wv v,YO'j-
Ms. : à Antigènes et Teutamus les deux capitaines des Argvraspides qui estoient les vieilles bendes de l'armée d'Alexandre.
Ed. : à Antigènes et à Teutamus les deux capitaines des Argvraspides, c'est-à-dire des soudards aux boucliers d'argent ou argentez qui estoient les vieilles bendes de l'armée d'Alexandre.
Ces exemples, le dernier notamment, nous ramènent à une question déjà indiquée à propos de la traduction manu.scrite. Nous voulons parler des divers transpositions d'usages ou de termes antiques en
LKS NOMS PROPRES ^ ^9
équivalents modernes, que nous avons groupées sous le barbarisme commode de Modernisation.
MODI-RXISATKA"
La première de ces transpositions — et qui mérite ■qu'on s'y arrête - ■ est la transposition orthographique ou francisation d'une certaine catégorie de noms propres. On connaît le réquisitoire de Du Bellay contre ceux qui voulaient garder aux noms propres latins et grecs leur forme originale (i) : « lùitre autres choses, dit-il, se garde bien nostre poëte d'user de noms propres latins et grecs, chose vrayment aussi absurde que si tu appliquois une pièce de velours verd à une robe de velours rouge. Mais seroit-ce pas une chose bien plaisante, user en un ouvrage latin d'un nom propre d'homme ou d'autre chose en francoys ? Comme jan currit, Loyre fluit, et autres semblables. Accommode donques telz noms propres, de quelque langue que ce soit, à l'usaige de ton vulgaire : suyvant les Latins qui pour 'HsaxAÂ.ç ont dict Hercules, pour (-)y,c-c'j; Theseus, et dy Hercule, Thésée, Achille, Ulysse, Virgile, Ciceron, Horace. (2) »
(i) Défense... lid. (Ih.iTiiard, p. 2^4-2)5-
(2) L'.iniicc inènic où paraissait la Défense, Thomas Sibilet déclarait dans la préface de sa traduction de Vlphignir d'Iùiripide, qu'il avait adopté indifTéremmeiit les deux systèmes suivant les besoins du vers: « Si j'ai diticv Menelaûs, Tvnd.irus, etc., la Menelac, Tyndarc, etc., la sugetion de la couppe et quelquefois de la Rymc m'y a contreint : mais aussi m'aidant du mot latin à mon besoin, je ne suy tant loin de raison que je ne face à l'exemple de \'irgile et autres classiques Poètes latins, lesquelz souvent dient Pallada, Thesea, etc. .semblables, la ou le pié du vers les contraint et ne veut recevoir Palladcm, Theseum, et semblables purs Latins. »
Jacques de la Taille, mort en 1562. icrivait de même : « Il faut
340 JACaUES A.MYOT
La même idée est reprise par Ronsard dans son Arl poJliquc (i) ; « Tu tourneras les noms propres des anciens à la terminaison de ta langue, autant qu'il se peut faire, à l'imitation des Romains qui ont approprié ce qu'ils ont peu des Grecs à leur langue latine comme "Oo-jo-î-sÛ; Ulysses, Ulysse ou par syncope Ulys ; X/ùXz'j^ Achilles, Achille ; llpaxA?,; Hercules, Hercule ou Hercul ; Msvi/.scoç, Menelaus, Menelas; N-.xôasoç, Nicolaus, Nicolas. Les autres sont demeurez en leur première terminaison, d'autant qu'ilz n'ont peu nullement se tourner, comme Agatnemnon, Hector, Paris, et plusieurs autres que tu pourras par cv par là trouver en la lecture des autheurs. »
Amyot ne suivit pas sur ce point — comme d'autres traducteurs et érudits, Loys le Roy, par exemple, — les préceptes de la Pléiade : il garda aux noms des Grecs et des Romains leur forme ancienne, ou plutôt il leur donna à tous la terminaison latine. Montaigne, on le sait, l'en louait : « Je scay bon gré, dit-il, à Jacques Amiot d'avoir laissé dans le cours d'une orai son françoise les noms latins tous entiers sans les bigarrer et changer pour leur donner une cadence françoise. Cela scmbloit un peu rude au commencement ; mais desjà l'usage par le crédit de son Plutarque nous en a osté toute l'estrangeté (2). »
donner aux noms propres la tainture françoise en disant h'zecliie, joabe, Sarre, Rebccque, Jonatlie. Judictlie. Mesnies aux noms féminins en /, tu adjoindras le, disant : Rachellc, Jesabelle, Micholle. » {La Mutnihc de faire dei vers en fianeoii connue en grec et en latin, par feu J.icques de l.i Taille, l^iris, 1-ed. Morel, i$75 ; fol. 20 b.)
(i) l-Àl. Blancheniain, VII, p. 320 et surtout p. 555.
(2) lissais, I, cil. XLVI, intitulé par erreur : ch. 45*, dans la 1" édition.
LES NOMS l'ROPRKS DE PERSONNES 34 1
Dans ses traductions manuscrites Anivot avait déjà latinisé la plupart des noms propres de personnes : il généralise encore ce procédé dans son édition de 1559, par exemple pour la vie de Dcmetrius — la plus anciennement traduite, selon nous — qui contenait dans le manuscrit des formes telles que Philippe, Antigojw, AristodcDie, corrigées dans l'édition en Pinlippus, Anliijoniis, Aristodcinns ; il corrige Titc Lire en Liviiis (ci. 267, B.). — Ce n'est pas toutefois qu'on ne puisse trouver, même dans le texte imprimé, des exemples de noms francisés. Certains le sont irrégulièrement : Hcrodotc, par exemple, se rencontre (227, G. etc.) aussi bien que Herodotus (lo, F., etc.). D'autres se trouvent sous leur forme latine dans le corps du volume et sous la forme française dans l'index alphabétique (r). D'autres enfin, déjà entrés dans notre « vulgaire », sont plus régulièrement francisés : Homère, Aristote, Alexandre, Phocion, Platon, etc. Mais c'est là, encore une fois, une infime minorité.
La proportion est inverse pour les noms géographiques; et cette distinction est, je crois, facile à expliquer. La première raison en est que, dans la pratique, les contemporains d'Amyot l'avaient déjà .faite : nous avons cité dans la première partie (ch. III) une lettre de Claude de la Cuiche (1351) où il est question de « Xicolo de Petillan. » Le pren'iier nom est conservé, le second, nom de ville, est francisé. Si
(i) Mais ;iu XVI" siècle les index ét.iicnt composés d'oriiinairc pnr les imprimeurs.
nous paicourons les lettres d'ambassadeurs de l'époque, nous constaterons que les noms d'hommes sont parfois « écorchés », mais gardent ou prétendent garder le plus souvent leur forme originale ; mais qu'au contraire les noms de ville ou de pays sont complètement dépouillés de leur terminaison étrangère :
P. ox. : Conv-'illan, = Concgliano.
Fossembrun, = Fossombrone.
Garillaii, = Garigliano (i).
Cette habitude avait de plus, pour Amyot, l'avantage de satisfaire son désir de clarté. Lorsqu'il nommait Theseus ou Agesilaus, il était sûr d'être compris de tous iies lecteurs ; mais lorsqu'il parlait de Delphi ou de Pireus, les Français, habitués à entendre prononcer : Delphes et lePirée, pouvaient avoir un moment d'hésitation ; à plus forte raison, lorsqu'il faisait intervenir les lUyriens, ou les Cretois. Pour moderniser les noms de peuples et de villes, Amyot n'attendit pas le manifeste de Du Bellay.
Dès ses traductions manuscrites, nous constatons im certain nombre de transpositions de ce genre; par exemple nous lisons, plus ou moins régulièrement du reste :
pour Kpf'jTT, : la Candie (ms. 1596 et 14CX)).
pour Kpf.Tî; : les Candiot/. (nis. i.;oo).
pour "Ia'.o; : Trove (nis. 1396).
pour. 0'. Tuoor.vo'. : Cculx de Thoscane (nis. 1596) (i).
Malgré tout, ces exemples sont rares, et ce n'est
(i) Renuirquons d'ailleurs que ces ni.uuiscrits sont précisément, si notre classific.ition est cx.ictc, chronologiquement les derniers.