‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 82 sur 164 · LES NOMS PROPRES DE LIEU · texte numérisé non relu

LES NOMS PROPRES DE LIEU

qu'en 1559 que cette modernisation devient à peu près générale, et, semble-t-il, raison née ; en voici quelques exemples :

Amathus : Amathunte (ms. 1596, /'/V </<■ Thcsein),

Aphidiiae : Aphidues (ms. 1596, Fie Je Theseus).

Le mont appelé Avcntinus : le mont Avcntin (ms. 1 596,

Vie de Koiiiilus .

Cardia : Cardie (ms. 1401, lie d'Euinetiei . Chalcis : Chalcide (ms. 1400, Vie de Flainiuius, et

1596, Vie de Theseus).

Colchis : Colchide (ms. 1596, Vie de Theseus). Delphv : Delplies (ms 1400, Vie de Philopœnien). Demetrias : Demetriade (ms. 1400, Vie de Tlauiiuius). Eleutliera; : Eleutheres (ms. 1396, Fie de Theseus). la ville de Gabii : la ville des Gabiens 'ms. 1396, Vie

de Roiiiulus).

Gnossus : Gnose (ms. 1 396, Vie de Theseus). les Hetruricns : les Thoscans (ms. 1396, Fie de Roiini-

lus).

le pays de Yapygie : la province de la Fouille (ms. 1396,

l'ie de Theseus).

le mont de Pallantium : le mont Palatin (ms. 1 396,

l'ie de Rpmulus).

Pireus : le Pirée (ms. 1400, Vie de 'Philopirinen). Pityusa : Pitveuse (ms. 1401, Vie de Serforius). Pythius : Pvthique (ms. 1396, Vie de Romulus). Scotusa : Scotuse (ms. 1396, Vie de Theseus). Trachin : Trachine (ms. 1596, Vie de Theseus). Troezen : Troezene (ms. 1596, Vie de Romulus). Etc., etc (i).

(i) Amyot v;i iiicme ins. 1401, \'ic d'Euniencs jusqu'.'i rempLicer dans l'édition de 1^59 la Chcnoncse de Thrace par la dcmy-iih' de Thrace.

Remarquons du reste que ces transpositions de noms géographiques se rencontrent déjà chez, les traducteurs du xv" siècle. Laurent de Premierfait, par exemple, rend Allohtoges et Aidui par Grenobloii et Otunois ; et il traduit (les mots ajoutés sont en italiques : « Je te

C'est dans la même catégorie, crovons-nous, qu'il faut ranger la traduction parfois reprochée à Amvot de Kau-av'la par la Chmiiphi^iie. Sans le moindre doute, en effet, Amyot savait qu'il s'agissait d'une province de l'Italie et non pas de la région de France qu'il devait fort bien connaître. Mais de même que pour traduire la Champagne en latin, il se fût servi, et nous nous servirions encore aujourd'hui de Campania, de même il croyait avoir le droit de faire la transposition inverse, qui d'ailleurs lui paraissait d'autant plus naturelle que ChaDipagiic avait alors plus clairement qu'aujourd'hui sa valeur étymologique.

<;ctter;iy cii tournant oultrc les montaigncs Riphccs, qui seul ù l'cutrcc lie r Allemagne vers Septentrion. » (i'A. Litres intéressante thèse latine de M. H. HiUivetle sur Laurent de Fremicrfait, Paris, 1905, in-8", p. 40 et notcj.

Dans sa thèse sur Nieolas Coeffetean, M. Tabbé Urbain t'ait une remarque curieuse .1 ce sujet fp. 264, notej. : « Dans la première édition de sa traduction de Florus, CoefFeteau avait remplacé les noms de ville par des noms modernes et rien n'en rappelait le souvenir. Ainsi IVicnesti était devenu Palestrine ; dans les éditions suivantes il a mis dans le corps de rou\'rage les noms anciens dont il a plus ou moins changé la terminaison, et il a mis en marge le nom moderne correspondant. »

Il est curieux de noter que Fauteur des c belles infidèles », Perrot, est plus scrupuleux à cet égard qu".\myot et Coeffeteau ; il déclare en effet dans la Préface de son Ihucydidc : « Je garde les termes anciens, et ne dis pas Xegrepont pour l'Isle Euhre. >>

lin 1572 parut à la suite du Dictionnaire franeais latin de J. Thierry un Recueil des propres noms modernes de la géographie, confronle;^ aux anciens par ordre alphabétique, enrichis d'une hrieve observation de leurs situations. Par M. Jean le Frcrc, de. L"Aval. A Paris, chez Gilles (iorbin... in-folio. Mais ce lexique, dont la Bibliothèque Nationale possède sous la cote Res. X 543 un exemplaire incomplet de la lin, ne présente que peu d'intérêt pour la question qui nous occupe.

On essaiera au wii"" siècle, de déterminer parmi les noms propres anciens ceux qui doivent être francisés, et ceux qui gardent la forme latine; ci. à ce sujet Vaugelas, Remanjucs, éd. Chassang, t. I, pp. 14') sq. ; et Andry de Boisregard, Reflexions sur l'usage présent de la langue françoise. Paris, 1689.

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