‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 87 sur 164 · LATINISMES · texte numérisé non relu

LATINISMES

Debeller. Vie de Flantivius, 26), A. Ms. : Gaigncrcnt et dcbellercnt plusieurs villes.

VA. : conquérant et domptant plusieurs villes.

Desùier. Vie de Démet rius, 625, I. Ms. : petit à petit la laissa desiner en s'abstenant de boire de de manger, lui. : petit à petit la laissa décliner en s'abstenant de boire et de manger.

ExCOgiler. lie de Pbilopœiiien, 254, F. Ms. : celles qui estoient excogitées et conduvttes par le sens d'ung capitaine.

l:d. : celles qui estoient inventées et conduittes par le sens d'un bon capitaine.

/'/(' de Deniclrius, GlA, C. Ms. : C'estoit lui qui excogitoit et mettoit en avant toutes ces vanitcz et flatteries. Ed. : C'estoit luy qui inventoit et mettoit en avant toutes ces belles flatteries.

Ibid., 617, B. Ms. : pour le plaisir qu'il prenoit à les excogiter et deviser.

Kd. : pour le plaisir qu'il prenoit à les inventer et deviser.

(Cogitations est également corrigé dans la phrase suivante (il le sera dans VHeJiodore par d'Aiidiguier) :

rie de Deinetiius, 629, G. Ms. : pour éviter les ennuyeuses cogitations et discours de la fortune... Ed. : pour éviter les ennuveuses pensées de la fortune... (i)

(i) H. Hstienne met excogitcr d.ins la bouche des Philausones latiiiiseurs (('f. (élément, op. cit., p. 258). Il se trouve dans Nicot et (-otgrave ; il est déclaré vieux par les Oudiii et il manque à Monct et à Richelet. « II ne vaut rien, dit Vaugelas, non pour estre trop latin, mais parce qu'il n'est pas en usage. » (Rem. posth., II, 482. Ca. Brunot, III, 112). M. Brunot le cite chez Du \'air et Littré chez S.iint-Simon.

Quant .1 cogitation, le mot se trouve chez Nicot, Cotgrave et Monet,

Objicer. l'if de Flaminius, 266, i-. Ms. : cela qu'il luy avoit objicc.

VA. : ce qu'il lu\' nicttoit sus.

F/V d'Eumeiies, II0,B. Ms. : lu\- objiccaiu tous publiquement qu'il...

Kd. : luv mettans sus tout ouvertement qu'il.

Rédiger avec la .signification de rcmùr, réduire :

Vie de llh'seus, 8, A. Ms. : rédigea en ung peuple et en ung corps.

Ed. : réduisit en un corps.

Scelere. J'ie de Roimilns, n, R. Ms. : honmie très scelere et fort cruel.

Ed. : homme fort meschant et cruel.

Subverlir. Vie de Flamifiius, 26S B. Ms. : à la tin subveitit leur gouvernement et police.

Ed. : finablement renversa toute la forme de leur gouvernement.

Si Amyot emploie avec beaucoup de discrétion les latinismes usités de son temps, il n'use guère plus volontiers des termes nombreux que les Pliilausoncs introduisaient sans cesse dans la langue. Parmi les termes que Blignières (i) regarde comme des italianismes, beaucoup avaient à l'époque d'Amyot si bien conquis droit de cité dans notre « vulgaire « qu'on pouvait les employer sans se douter qu'ils tussent

m.iis il manque aux Rccbcvchts d'Oudili, et aux Diclumihiira de CLésar et d'Antoine Oudiu. Richelct, Furetiére, l'Académie, bieti entendu, ne le mentionnent pas. (Cf. Brutiot, III, p. 88). lin rs6o, Cialvin le corrige dans son remaniement de Vliistittitioii rhrcUctim-. (Cif. I.anson, Reviir histon'i]Uc, 1894, pp. 72 sq.)

(i) Op. cit. Appendice O, pp. 415-414- M- 1-ouis Clément a montré cp. cit., p. 517), que les prétendus italianismes d'Amyct étaient de son temps du pur iraiisais.

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d'importation étrangère. Parmi ceux au contraire dont la formation ou l'introduction récente laissait encore reconnaître clairement l'origine, notre traducteur a tait en 15 59 quelques corrections intéressantes ; nous n'en citerons que deux :

Parauk^oii et son dérivé formé à l'aide de l'espagnol^ parangouncr (i) '•

l'ie de Tbesciis, I, C. Ms. : en laquelle j"av parangonnc les vies des illustres hommes.

Ed. : en laquelle j'a\' comparé les vies d'aucuns hommes illustres.

J'if de Roiinilus, 2), H. Ms. : mais pour venir j les parangonner.

Ed. : mais pour venir à les comparer l'un à l'autre.

lie de FLniiiiiiiii, 2)8, D. Ms. : lequel nous mettons au parangon de Philopœmen.

Ed. : que nous apparions à Philopœmen.

Ihld., 267, K. Ms. : il est temps que nous venions à les parangonner.

Ed. : il est temps que nous venions à les comparer.

Vie de Serlivins, 398, D. Ms. : il n'y en a pas ung que nous luv puissions plus convenablement comparer et parangonner.

Ed. : il n'v en a point que nous luv puissions plus raisonnablement apparier.

(i) Parangon qui est eiiiployi; déj.i par Rabelais en i)52 se trouve dans Robert listienne, Dictionnaire de 1S41J. Parangonner se trouve dans le Dictionnaire de 1)39. I' '-'^^ souligné dans le Commentaire sur Desportes (Cf. Brunot, Doctrine de Malherbe, p. 298). Pourtant, ajoute M. Brunot, tout le xvi° siècle s'en était servi, et Nicot, Monet, le comptent encore comme un mot fr.mcçais. Mais il n'apparaît plus que très rarement après Malherbe, et les lexicographes de la tin du wii" siècle le déclarent vieux et burlesque (Furetière, Académie, Richelet).

l'ie d'Eiiiiiciits, 417, I. Ms. : pour venir à les parangonncr l'ung avec l'aultrc.

Ed. : pour venir à les comparer Fun avec l'autre.

Il est vrai qu'on lit paran^onner dans la traduction des vers composés par Agathias Scholasticus en l'honneur de Plutarque ; mais cette traduction n'est peut-être pas d'Amyot.

Se révolter (^i^ est systématiquement corrigé, dans la Vie de Demetrius par exemple, à laquelle nous empruntons les exemples qui suivent :

621, D. Ms. : ceulx à qui il avoit laissé les places en garde

les quittoient ou se revoltoient et les tenoicnt encontre lu\'.

Ed. :■ ceulx h qui il avoit laissé les places en garde les quittoient ou se tournoient et les tenoient encontre lu\-.

622, B. Ms. : il remeit en son obéissance quelques villes

qui s'estoient révoltées à l'encontre de luv. Ed. : il remeit en son obéissance quelques villes qui s'estoient rebellées à rencontre de luv.

622, G. Ms. : de peur que... le peuple ne se revoltast contre luv.

Ed. : de peur que... le peuple ne se rebeilast contre luv. J

624, F. Ms. : ilz renoncèrent à ce qu'ilz avoient com- ■ niencé de traicter et se révoltèrent.

Ed. : ilz renoncèrent à ce qu'ilz avoient commencé de traitter et se résolurent à la guerre.

624, G. Ms. : Les Bœotiens se révoltèrent encore une aullre fois.

(1) Lon<; article d.niis Robert Hsticnnc ; iiicntioniic p.nr Nicot.

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