DISTRIBUTION DES POINTS SINGULIERS
Théorème IL — Tout système de caractéristiques admet des points singuliers.
Première hypothèse. — Les courbes
se coupent en des points non situés sur Téquateur.
Dans ce cas, ces points d'intersection sont évidemment des points singuliers.
Deuxième hypothèse. — Les courbes
se coupent en un point situé sur Téquateur.
' Supposons que ce point ne soit pas sur le grand cercle
nous poserons
et, si m est le degré de celui des deux polynômes X et Y dont le degré est le plus élevé, nous poserons
L'équation différentielle devient alors
dz __ dt — zX| ^ Y, — fX,
pour / = a, -ï = o; on a, par hypothèse,
COURBES DÉFINIES PAR VUE ÉQUATION DIFFÉRENTIELLE. ic^S
et par conséquent
zX| = o, Y, — /X| — o,
c'est-à-dire que le point
est un point singulier de l'équation proposée.
Troisième hypothèse. — Les courbes X =^ o, Y =:; o ne se coupent en aucun point Le degré de X est plus grand que celui de Y. Dans ce cas, Tun au moins des deux polynômes X et Y est de degré pair. De plus Y, est divisible par z, de sorte que
Or il est clair que pour
z =: t = o on a
sX, = jzYj— /X, = o,
et que par conséquent le point
z = t = o est un point singulier.
Quatrième hypothèse. — Les courbes X = o, Y = o ne se coupent
en aucun point. Le degré de X est inférieur à celui de Y. Dans ce cas
on poserait
et, eu raisonnant comme dans le cas précédent, on ferait voir que
z = < = o est un point singulier.
Cinquième hypothèse. — Les courbes X = o, Y = o ne se coupent en aucun point. Le degré de X et de Y est le même.
Si, de plus, Xa et Yj sont les termes du degré le plus élevé de X et Y, on n'a pas identiquement
o-Yj — /Xj = o.
Sgô H. poiircARÉ.
Dans ce cas, le degré de X et de Y étant m, et nécessairement pair, la fonction xX.^ — jX^ est homogène en x et y et de degré m -h i , et par conséquent de degré impair.
Elle s'annule donc, soit pour x = o, soit pour une certaine valeur
finie de -•
pour
Si elle s'annule pour une certaine valeur a de -> on aura à la fois
r=:a, JZ = o,
2X, = Y^-;X, = o quand on aura posé
c'est-à-dire que le point
sera un point singulier.
Si la fonction JcY^ — yX^ s'annule pour a* — o, on posera
et Ton verra, comme précédemment, que le point
t z= z = o est un point singulier.
Sixième hypothèse. — I^s courbes X et Y ne se coupent en aucun point. Le degré de X est le même que celui de Y si, de plus, Xa et Y, sont les termes du degré le plus élevé de X et de Y; on a identiquement
or Ya — 7X2 = 0.
Cette hypothèse est inadmissible.
En effet, si Ton a identiquement
Xj est divisible par x et égal à ^rX,, Y^ oM divisible par y ot égal
à ^ Y, , de sorte que Ton a identiquement ou
Maintenant Y, = Xg est une fonction homogène de degré impair en X et en j; donc elle s'annule soit pour x = o, soit pour une certaine valeur réelle a de - •
Donc, soit pour x = o, soil pour - = a, on aurait forcément
X2 =r Yq =^ o,
c'est-à-dire que les courbés X = o, Y = o se couperaient en un point de i'équateur, ce qui est contraire à l'hypothèse
En résumé, des six hypothèses que l'on peut faii'e, la sixième est inadmissible; si l'une des cinq autres est réalisée, l'équation différent tielle admet des points singuliers, soit sur I'équateur, soit hors de I'équateur.
Cas général, — On peut, sans nuire à la généralité, supposer : i" Que les polynômes X et Y sont de même degré; 3** Que si Xa et Yj sont les termes du degré le plus élevé de X et de Y, on n'a pas identiquement
o^Ya— yX2= o;
3** Que les courbes X = Y = o ne se coupent nulle part en plusieurs points confondus et ne se coupent pas sur I'équateur; 4** Que l'équation
jcYa— yXa— o
n'ait pas de racines multiples.
Dans ce cas, I'équateur est toujours une caractéristique, et tous les points singuliers sont de première espèce. De plus on peut, sans nuire à la généralité, supposer que tous les points singuliers sont des noeuds^ des cols et des foyers.
Le nombre des points singuliers est évidemment pair, puisque tout est symétrique par rapport au centre de la sphère.
I^ nombre minimum des points singuliers est donc égal à 2 , et ce cas peut se présenter de deux manières :
i^ Les courbes
ne se coupent en aucun point; mais l'équation homogène
admet une sohition réelle et une seule.
On a alors sur Téquateur deux points singuliers diamétralement opposés. Je dis que ces points singuliers sont toujours des nœuds. Pour le démontrer, il faut étudier les propriétés générales des points singuliers situés sur Téquateur.
Supposons que pour
f — a, 5 = on ait
sX, == Y, — fX, = o et
Posons
^ = w-f- a, et soit
X, = z?, -f- Xo -h X, a -h X2 a* -h . . . -h X;n u"\
Y| = 5Y3, -H fXç-f- fz, w -f- /Xj a^ -t- . . . -h /iL,«a'",
où I, et >j| sont des polynômes entiers en z et en a, et où les X et les jjl sont des constantes. Il vient, en posant
-ri2u\
-HZ?,
-hX, «,