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POURQUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES: LA VALEUR DES SYLLABES

mouvement général du vers. Quant aux syllabes notées -, il faut tantôt les négliger, tantôt les compter comme longues, par comparaison avec les autres éléments du vers. Cependant les syllabes brèves ( '^) peuvent jouer un certain rôle dans la durée de l'alexandrin, quand elles ont le caractère que nous allons définir. Dans ce cas encore, c'est l'accent qui se manifeste, mais d'une façon indirecte.

Il s'agit des accidents emphatiques. Nous avons vu que l'emphase produit un déplacement du temps marqué qui peut avancer d'une, deux syllabes, ou même davantage. C'est-à-dire qu'un mot trisyllabique dont les syllabes auraient dans une diction normale les durées respectives de :

peut devenir dans la déclamation :

OU bien encore :

Jusque là, tout est très simple et l'on-pourra noter soit une longue secondaire, soit un déplacement d'accent.

Mais il peut arriver que le phénomène ne se présente pas aussi nettement. Supposons' par exemple que la voix commence seulement son mouvement en avant sans le terminer entièrement. Supposons que nous obtenions les chiffres suivants :

et qu'après cette dernière syllabe la durée s'abaisse tout d'un coup jusqu'à 15". Quelle sera la notation? Il y a progression temporelle jusqu'à la troisième syllabe inclusivement, de telle sorte qu'on doit forcément écrire :

sans tenir compte de cet effort oratoire qui vient affecter le deuxième élément du groupe et qui rend la syllabe ainsi allongée presque l'égale de celle notée "".

Ceci bien établi, au lieu de nous en tenir à des chiffres imaginaires, nous transcrivons, pour les deux vers précédemment cités, la déclamation de F :

Pur

plêr

vo

tre

piil

mi

fo

drc

le tr(œ)

Pro

di

gé

le

du

nô

par

jûr

trè ira' ,

(Aiidr., 17-18 F.)

Les deux alexandrins sont analogues, la syllabe notée - dans le premier compensant la chute de Ve muet. Or, les durées respectives sont de 4 19 et de 4" 50. Mais dans le second, la huitième syllabe marquée du signe "^ atteint 50". Cette valeur, qui est loin d'être aussi considérable chez les autres sujets, provient d'un déplacement d'accent, déplacement non total, mais du moins fortement ébauché. I! faut tenir compte, dans la mesure

:i2'6 l'alexandrin français

du possible, des phénomènes de cet ordre, pourtant le temps marqué, à lui tout seul, donne une indication suffisante et les vers possédant un même nombre de groupes rythmiques restent comparables.

De la règle })récédemment posée en découle une autre, que nous formulerons de la manière suivante : de deux vers consécutifs, toutes autres choses restant égales, le plus long est celui qui contient le plus grand nombre d'accents.

Nous le montrerons par deux alexandrins isolés, inscrits par G dans la même séance, par conséquent dans un même mouvement de déclamation, et où des préoccupations d'expression pathétique, vu l'absence de tout contexte, ont assez peu influencé le sujet :

Les chiffres sont

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales. (^'^, G.)

Bois, prés, fontaines, fleurs, qui voyez mon teint blême. (XII, G i.)

Sœ nœ sa hœ fes ta sœ nœ sô kas tra ga lœ

nur

Bwà pré fi 1è nœ flœr ki vwa yé mS tê bU 74 78 28 31 29 72 22 30 36 23 30 65 25

Durée du premier = 3" 24, du second 5" 63 : la fréquence des temps marqués contribue beaucoup à l'accroissement constaté.

De même les vers qui constituent la série ci-après, et pour lesquels le tableau des durées comparées indique une valeur temporelle supérieure à celle des alexandrins dont ils sont précédés et suivis, se distinguent par un plus grand nombre d'accents :

Est-il juste, après tout, qu'un conquérant s'abaisse... {Andr., 5.)

Mais, sans me soupçonner, sensible à mes alarmes... ÇBér., 34.)

Pas un nuage ali ciel. Tout, comme nous, repose. (Hem., 7.)

Regarde ! plus de feux, plus de bruit. Tout se tait. (Hem., 9.)

Lui songe à sa Jeannie, au sein des mers glacées... (PG., 41.) '

Voici une seconde série. Chacun des vers transcrits ci-dessous accuse une diminution de durée par rapport à celui dont il est immédiatement suivi ou précédé. Il a en effet moins d'accents ' : ■

Mon trouble se dissipe et ma raison revient. (Chi., I, 2.)

Je ne te puis blâmer d'avoir fui l'infamie ... (Cid, 2 — sauf C.)

Demandait à l'ardeur d'un généreux courage... (C/i, 6.)

Et cet affreux devoir, dont l'ordre m'assassine... (Cid, 21.)

Sous la servile loi de garder sa promesse... (Andr., 6.)

Et vous ne me cherchez que pour vous en vanter. (Àndr., 8.)

Si je t'ai fait parler, si j'ai voulu t'cntendre... (^cV., 3.)

1. Pour le 5e exemple, G et J font exception. Le 8^ vers du morceau est un peu plus long que le 7";. — Pour le 4c exemple, G fait exception ; le vers est seulement plus long que le lo^, mais non que le 8=. On rend d'ailleurs compte de ces désaccords dans les lignes qui suivent.

2. Je dis « moins d'accents » même quand il a seulement un accent faible, lorsque le précédent a un accent plein ou bien quand les temps marqués secondaires, emphatiques ou non, cùnst.-ités dans l'alexandrin antécédent, font défaut en lui.

POURaUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES : LE NOMBRE DES ACCENTS I27

J'ai voulu devant elle en ouvrir le discours... (Bér., 29.)

Lui feraient pressentir notre commun malheur... {Bér., 33 ^ sauf J.)

La lune tout à l'heure à l'horizon montait. (Hem., 10.)

Qui glisse sur les eaux par un beau soir d'été... (Hem., 18.)

Dans les brisants, parmi les lames en démence... {PG., 29.)

Un des meilleurs exemples serait le sixième de la série. Nous ne transcrivons que les chiffres obtenus pour un seul des sujets :

Nô

nô

la

per

fi

di

Je

kwa

vu

te'

vu

€er

eé

/(-rt'

pur

IHl

và

té

Kvja

sà

ni

ser

ma

ni

<ir

vwàr

ni;

or

{Amir.,

On peut constater les faits suivants. Le vers j, de 6 accents, dure 4"8i; le vers 8, de 2 accents (les accidents secondaires sont négligeables), dure 3" 35 ; le vers 9, de 5 accents (l'accident secondaire est négligeable), dure 3" 80. L'alexandrin le plus court est celui dont les temps marqués sont le moins nombreux, et inversement le plus long est celui qui en contient davantage. De même pour tous les sujets et pour des raisons identiques, le V. 7 l'emporte non seulement sur le v. 8, mais aussi sur le v. 6.

Les divergences constatées entre les différentes déclamations confirment la loi dont il s'agit d'une façon non moins éclatante. En effet, il n'y a point toujours unanimité parfaite et l'examen des graphiques, à cet égard^ est très instructif. Soient ces exemples :

Tu voudrais fuir : en vain, Cinna, je le confesse ;

Si tout est découvert, Auguste a su pourvoir. . . (Cin., I, 4-5.)

Pour I GR, le second vers dure moins que le premier, pour C au contraire il a une valeur temporelle plus grande. La cause en est tout simplement que C y a introduit deux forts accents, dont l'un est secondaire, qui n'existent pas dans les autres tracés. Nous transcrivons les chiffres :

Tu

im

die

fwir

vè

Sin

na

j(œ) Ice

ko

fi^J(^

128 l'alexandrin français

tu

te

ku

vèr

gliS

^fl

su

pur

vwàr

lé

lé

lé

{Cin., I, 4-5.)

Les durées respectives sont pour le premier alexandrin : C ^ 3" 40, I = 3" 32, J = 2" 91, R = 3" 50 ; pour le second, C = 3" 5 1, 1=3" 03, J, 2"8o, R = 2"69.

Il en est de même pour cet autre exemple :

Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir... (Cj«., II, 11.)

Il y a pour tous les sujets, sauf pour C, une diminution de la valeur temporelle par rapport au v. 10. C'est que C est justement le seul à avoir détaché la première syllabe en la frappant d'un fort accent '. Signalons enfin un cas intéressant :

Je ne te puis blâmer d'avoir fui l'infamie ;

Et de quelque façon qu'éclatent mes douleurs. . . (Cid, 2-3.)

Dans toutes les déclamations le second vers, ayant plus d'accents, est plus long, sauf pour J. C'est que J a corrigé ainsi le texte proposé :

Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie.

Pour lui, les deux alexandrins ont le même nombre de temps marqués, et, en allongeant la troisième syllabe, il a établi entre eux une analogie qui n'existait pas. Il est certain que si les autres sujets, surtout C et R, avaient suivi son exemple '■, les variations temporelles eussent été les mêmes pour tous, preuve bien évidente que le nombre des accents est, dans le langage, un élément important de la durée.

Cependant nous n'en avons pas fini, au sujet de l'accroissement et de la diminution des vitesses, avec les causes qui relèvent de la constitution interne du vers. On a pu noter, par les chiffres cités jusqu'ici, que le nombre des syllabes n'est pas toujours identique. Les rimes féminines, en effet, succèdent aux rimes masculines; on ajoute ou l'on retranche des e muets; on réduit les hiatus intérieurs sans tenir compte des diérèses voulues par le poète. Le texte lui-même ou les Ubertés prises avec le texte expliquent un certain nombre des variations dont font foi nos tableaux généraux.

1. On peut ajouter : Cid, 19 (pour CJR, la durée se maintient ou augmente, pour G, seul sujet qui n'ait point mis mais en relief, elle diminue); — Cid, 26 (diminution pour CGR, augmentation pour J qui introduit des accents secondaires); — Andr., 1 s'allonge pour A parce qu'il contient un très fort accent de plus que le précédent); — Amh., 15 (en diminution partout, sauf chez J qui présente un fort accident secondaire en plus) ; — P. G., 19 (en diminution pour tous, sauf pour J qui accentue une syllabe de plus que les autres).

2. L'importance de la durée de ce vers chez J, sa faiblesse chez G ne sont point dues uniquement aux modifications des accents; le présence ou la disparition dese muets y ont aussi leur part. On attire d'ailleurs l'attention sur ce phénomène.

POURaUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES : LE NOMBRE DES SYLLABES I29

L'examen des tracés permet d'aboutir à toute une série.de constatations. Le vers de rime féminine ou celui qui présente une féminin en surnombre est plus long, toutes choses restant égales par ailleurs, que le vers de rime masculine dont il est précédé ou suivi. De même, le vers dont toutes les syllabes restent intactes possède une valeur temporelle plus forte, toutes autres choses restant égales, que celui dont il est immédiatement précédé ou suivi, quand ce dernier présente une apocope ou une synérèse. De deux vers enfin dont le nombre de syllabes est diminué, pourvu qu'ils ne manifestent pas entre eux d'autres différences, le plus long est celui dans lequel les réductions ont été le moins fréquentes.

Tout ceci se conçoit aisément, et le rôle joué par le nombre des syllabes se marque au début du morceau de Bérénice,:

Pour jamais je vais m'en séparer.

Mon cœur en ce moment ne vient pas de se rendre. (5er., 1-2.)

Le commencement du premier vers, placé par le poète dans la bouche du confident, n'a pas été prononcé. Les durées sont : v. i C = 2" 72, G = 2^73, J = 2" 39, R -= 2" 56. Mais pour le v. 2 on trouve : C = 3" 69, G = }" oj, J = 3" 24, R= 3^21. Le second alexandrin, parce que complet, l'emporte sur le premier. C'est assez naturel. Les suppressions à'e muets et les synérèses produisent les mêmes résultats. Mais il faut des exemples. Nous choisirons d'abord des vers isolés :

Grands mots que Pradon croit des termes de chimie. (IX P, i°.)

C'est à vous, s'il vous plaît, que ce discours s'adresse. (X P.)

Ils ont été prononcés dans la même séance, à peu d'intervalle l'un de l'autre, et par conséquent dans un même mouvement déclamatoire. Voici les chiffres :

Grà

nio

Pra

dd

krwâ

de

ter m(œ)

ml (ce)

Se

ta

sil

Vîl

plè

Jcœ

sœ dis

km

sa

drè sœ

Les accents sont sensiblement de valeur égale et les accidents secondaires ou emphatiques se compensent. Cependant, d'une part il y a 11 syllabes, et de l'autre 13. Les durées s'en ressentent et l'on trouve : IX = 2" 87, X = 3" 22.

On peut cependant refuser de se laisser convaincre, puisque ces alexandrins ont été séparés l'un de l'autre par quelques secondes, et que la disposition du sujet, pendant ce temps, a pu changer. Nous emprunterons donc ces deux vers à l'un des morceaux inscrits :

Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune

D'un courtisan flatteur la présence importune... {Cin., II, 5-6.)

Les déclamations ont été celles-ci :

A fè tu s{œ') ka dàr à ma ô t(œ') for tu n{œ)

w — /22 <^ \j \j — \j Kj ^ — ^.'7 5'^

LoTE. — L'alexandrin. 17

Z)œ kur H !^à fia tàr li pre :(às è por tu nœ

(Cm., II, 5-6 )

La suppression de \'e muet amène une fois (5 î) la disparition d'un accent. Les durées respectives sont : v. 5 C == 3" 34, I = 2" 37, J = 2" 78, R =: 2" 73. Pour le v. 6 on trouve : C = 3" 47, I = 2" 52, J = 2" 94, R = 2" 85. Partout le second l'emporte sur le premier, et les réductions de syllabes suffisent à expliquer les différences constatées.

Dans tous les alexandrins que nous allons citer, les augmentations de durée, constatées par nos tableaux généraux et pour certains sujets par rapport au vers antécédent ou subséquent, trouve leur explication partielle ou totale dans la règle formulée plus haut : le vers long est celui qui possède les syllabes les plus nombreuses :

Si tout est découvert, Auguste a su pourvoir... (Cin., I, 5.)

N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit... (Cin., II, 8.)

Demandait à l'ardeur d'un généreux courage. {Cid, 6.)

Et contre ma douleur j'aurais senti des charmes... ÇCid, 17.)

Me quitter, me reprendre, et retourner encor... (Andr., 11.)

Bérénice a longtemps balancé la victoire. (Bér., 6.)

Crois qu'il m'en a coûté pour vaincre tant d'amour... (5«'r., 9.) Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle... (P. G., 5.)

On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants. (P. G., 7.)

Or, la nuit, dans l'ondée et la brume, en décembre... (P. G., 34.)

Notre assertion se vérifie d'ailleurs par les différences des déclamations. Pour un même vers, il arrive que tel e muet n'est pas prononcé par un sujet tandis qu'il l'est par un autre. Les divergences s'expliquent aisément. Soient en effet deux alexandrins :

Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde. Cette grandeur sans borne et cet illustre rang. . .

Les chiffres sont :

Sas pti vwàr su t(œ) ri kœ je sur tu

POURaUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES : LE RÔLE DU SENS- I3I

lé

o-ra

dèr

bor

se

til

lus

trœ

(Cn;., II,

On trouve donc : nombre de syllabes v. 2 C = ii, I = 12, J = 12, R = 12 ; v. 3 C = 13, I ^ 12, J = ir, R = ir. Les durées donnent : V. 2 C = 3" 70, i = 2" 54, J = 2" 99, R =: 2" 99 ; V. 3 C = 3" 88, I 2" 3 1, J = 2" 87, R = 2" 82. Il y a pour J et R moins de syllabes dans le V. 3 que dans le vers 2 : la durée diminue. Il y a au contraire pour C 11 syllabes dans le premier vers, mais 13 dans le second : ce dernier est le plus long '.

Ajoutons enfin que plusieurs des causes signalées peuvent concourir conjointement à l'accroissement ou au ralentissement des vitesses. L'alexandrin suivant, possédant moins de syllabes et moins d'accents, est plus court que ceux dont il est immédiatement encadré :

A ne te laisser point ta fuite en ton pouvoir. {Cin., I, 6.)

Ou bien la cause varie avec les sujets, et le graphique donne les indications nécessaires. Voici quelques vers dont la valeur temporelle est diminuée soit parce que les syllabes ont été moins nombreuses, soit parce que les accents ont été moins fréquents :

Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde... (Cin., II, 2.)

L'ambition déplaît quand elle est assouvie... (Cin., II, 10.)

Car les petits enfants ont faim. Il part le soir... (P. G., 19.)

Nous avons ainsi justifié notre première proposition et nous passerons maintenant à la seconde, à savoir que limportance littéraire du vers et le sens qu'on lui accorde sont facteurs de sa durée.

Nous avons déjà constaté que l'importance des temps marqués amène une certaine lenteur dans la diction. Il faut en chercher la raison. Pourquoi certaines syllabes longues le sont-elles plus que d'autres ? Tout simplement parce qu'elles sont plus riches en force significative et qu'elles

I. Même remarque pour les s'ers suivants : 1° moins de syllabes et durée réduite : Bér., 21, RJ — Hem., 2, RJ (pour ces deux vers, la suppressiçm d'une syllabe par J ne suffît pas à rendre compte de la différence constatée ; on doit aussi considérer la faiblesse des accents) — P. G., 12, B — P. G., 17, R — R.B., 39, R (pour ce sujet, le vers n'a que 9 syllabes ; pour les autres il en a davantage) ; 2° ou inversement : nombre de syllabes plus grand et durée accrue : P.G., 2, B — P.G., 12, E.

méritent un relief particulier. On peut donc dire que tout élément pathétique contenu dans le texte déclamé tend à allonger le vers auquel il ,

appartient.

Dans la catégorie des éléments pathétiques entrent d'abord les termes exclamatifs, non seulement les exclamations et les interjections au sens grammatical du mot, mais encore toute apostrophe adressée à l'interlocuteur, toute prise à partie directe, impératif ou « vocatif », toute particule de liaison à valeur expressive. Toutes choses restant comparables par ailleurs, la règle se vérifie toujours. On a donc dressé la liste suivante où chaque exemple l'emporte soit sur l'alexandrin antécédent, soit sur l'alexandrin subséquent :

^ Pardonne à mon amour cette indigne faiblesse. (G;;., I, 5.)

Tu voudrais fuir en vain, Cinna, je le confesse. (//'., 4.)

Porte, porte chez lui cette mâle assurance... (ib., 7.)

Ah! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie... (C-'^j i-)

Seigneur, dans cet aveu dépouillé d'artifice... {Andr.,}.)

Mais, Seigneur, en un jour, ce serait trop de joie... (Aiidr., 22.)

Crois qu'il m'en a coûté, pour vaincre tant d'amour... {Bér., 8.)

Et vous osez! ... — Messieurs, en vingt ans, songez-y... (^R.B., 34.)

Dis, ne le crois-tu pas, sur nous, tout en dormant... (Hem., 5.)

L'allongement s'opère ou bien par l'accent rythmique seul, ou bien, en cas de déplacement emphatique du temps marqué, par le groupe piétrique tout entier. Mais il faut citer des chiffres :

Mè

se

tiœr

mr

jûr

re

trô

jwa

Jâ

KJ

vy

sa

eér

ra

de

ti

trœ

là

prœ

té

bif

ir

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