HAUTEUR MAXIMA : SUSPENSIONS DE SENS ET SCHEMAS MELODIQUES
L'homme est en mer. Depuis l'enfance matelot...
Loin 300 400 400
piui 400 440
là 440 460 O
fâ
ma 340 380
lô 400 500
Pour certains sujets, il est vrai, l'effort oratoire a modifié ces rapports, et parfois les effets énumérés ci-dessus, par suite de négligence dans la déclamation, peuvent ne pas apparaître. Il n'en est pas moins évident que la persistance du phénomène, la coïncidence générale de l'acuité maxima avec la suspension principale confirme sans contestation possible la règle formulée par nous. Les divergences constatées seront examinées plus loin.
Reconnaissons pour le moiuent que les modulations de la parole, différentes selon les vers, résultent des coupes de sens, et que celles-ci peuvent être paralysées dans leurs effets seulement par des accidents pathétiques. Mais alors ce n'est qu'une simple suppléance et ce relief pathétique joue dans la musique de l'alexandrin un rôle analogue à celui que nous venons de définir ' : il crée de la variété et détruit la monotonie. Becq de Fouquières, semble-t-il, en avait déjà l'intuition, encore qu'il se soit exprimé de façon un peu obscure : « La période mélodique, écrit-il ^, correspond exactement à la phrase logique. De même que celle-ci peut se composer d'un ou plusieurs membres de phrase, de même la période peut se composer d'un ou plusieurs membres mélodiques. » Ceci s'appliquerait parfaitement à la subordination des accents. Ailleurs il a dit encore : « Dans toute période mélodique, si l'on considère les syllabes les plus hautes de tous les membres, la plus haute sera celle du membre dans lequel se concentrera avec le plus d'énergie la pensée exprimée, et les hauteurs relatives des autres seront proportionnelles à leur importance relative. »