CONCLUSIONS ET ÉNUMÉRATIONS
suspension de sens aaa*aA, devient a A* a* a. Le dernier hémistiche du vers rentre dans la troisième catégorie des pieds ci-dessus déterminés. L'intensité potentielle y est d'ailleurs identique à l'intensité brute.
Sans nous attarder davantage au dynamisme mesuré uniquement par l'arc de vibration, revenons à nos chiffres habituels. La troisième série ci-dessus déterminée appelle quelques observations. On constate, par l'examen des tracés, que l'abaissement de la voix, lorsqu'il y a conclusion, s'opère dans le vers selon les mêmes conditions que dans la prose. Ou bien en effet la ligne mélodique s'affaisse aussitôt après le dernier accent et dans un mouvement continu :
La nature à demi veille amoureusement.
La
na
tûr
mi
vèy
mu
{Hem
Ou bien la syllabe féminine qui termine le groupe rythmique peut être plus forte que la précédente
Tout s'est éteint, flambeaux et musique de fête.
Tu
te 6)
té 50-140
flà
bô
mu
li %)
fé
{Hem.
De ces combinaisons la première est de beaucoup la plus fréquente, et ces deux exemples montrent que, quand il y a chute de sens, le dernier accent est moins énergique que le pénultième. Le cas contraire se présente cependant, mais rarement. Il suffira de cet échantillon :
D{œ) kâf
De côte, et Fernambouc, et les montagnes bleues !
Fer nà Imk e le
IllÔ
to «(«')
hlœ {œ)
(iî.B., 17R.)
Toutefois les expressions elles-mêmes de « conclusion » et de « fin de phrase », dont nous nous sommes servi, doivent être expliquées. Il en est de l'intensité comme de la hauteur musicale. Il ne s'agit pas simplement des terminaisons qui sont dans la graphie indiquées par des points : il s'agit aussi de celles qui résultent de la signification accordée par les divers sujets aux fractions de la phrase. Les interprétations ne sont point toujours les mêmes et les divergences sont souvent très considérables. Tels considèrent que le sens est achevé où d'autres aperçoivent seulement une suspension. On le remarque dans le morceau de Ruy Blas enregistré par nous. Dans ce premier passage :
Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur.
Tout s'en va {R. B., 10-12.)
E et R déclament d'une façon différente. Pour E la phrase, malgré le point, n'est pas terminée avec le mot pudeur, le vers suivant expliquant
l'indignation du personnage qui parle. PourR au contraire il y a là deux mouvements bien distincts comportant chacun une conclusion. Un peu plus loin, dans le même monologue, se rencontrent ces alexandrins :
Médina, fou d'amour, emplit Naples d'esclandres,
Vaudémont vend Milan, Legaiiez perd les Flandres. (R.B., 28-29.)
A la fin du premier vers E et R considèrent que le sens est complet, et pour tous les deux l'accent remonte quoiqu'il y ait seulement une virgule dans le texte.
Il en est de même pour les membres de phrases exclamatifs et pour les propositions incises qui s'isolent parfaitement dans l'ensemble syntaxique de la période :
Ah ! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie . . .
Ro dri gœ i le vrè kwa kœ tô ne n(cè) mi (œ)
Les deux sujets C et J sont ici d'accord.
Un grand nombre d'autres passages provoqueraient les mêmes constatations. C'est cependant au point de vue des énumérations que la question acquiert toute son importance, car elles se réduisent souvent à de courts fragments que nulle forte ponctuation n'isole l'un de l'autre. Les observations à faire sont les mêmes pour l'intensité que pour la hauteur musicale. On reconnaîtra, par les exemples que nous allons transcrire, que le traitement des différents termes peut varier dans certaines limites. Les graphiques montrent que l'on opte entre les alternatives suivantes :
1° On peut considérer chacun des membres de l'énumération comme formant un tout nettement délimité, indépendant du contexte. La voix alors ne se suspend pas à la fin de chacun de ces groupes, et l'accent dynamique tombe sur la voyelle pénultième ou antépénultième, au moins sur l'antépénultième si la finale est féminine.
Regarde. Plus de feux, plus de bruit. Tout se tait.
dœ briui Tu sœ tè
gar
Plus
plu
(Hem., 9 E.)
2° On peut au contraire considérer chacun des membres de l'énumération comme constituant un sens imparfait, comme étant intimement lié au reste de la phrase. Alors le temps marqué tombe sur la finale de chaque groupe, quand celle-ci n'est pas féminine. Le dernier terme lui-même ne reçoit l'accentuation normale des fins de phrase que s'il semble clore réellement un développement, sinon il se comporte comme ceux dont il est précédé : '
Pour l'ombre du feu roi, pour son fils, pour sa veuve, Pour tous les siens, ma haine est encor toute neuve.
Pur
là
brœ
du
rwa
pur
sô
Hs
pur
sa
va