PC
Personne ne contestera que la fin du vers ne soit constituée par un dactyle Aa a . L'oreille la plus prévenue le nierait-elle si la pause de 8" qui intervient entre les deux derniers pieds n'existait pas ? C'est cependant la seule diff'érence qui existe entre cet exemple et celui précédemment transcrit. Faut-il accorder à ces deux alexandrins, en leur terminaison, un traitement diff'érent?
D'ailleurs cette juxtaposition des temps marqués n'est point particulière aux fins de phrase. On la constate encore quand deux monosyllabes se succèdent immédiatement ou quand un monosyllabe fait suite à un pied plus étendu dont le dernier élément est mis en relief par la voix. Or les principes de notation que nous avons exposés sont d'une application universelle et les accents en contact sont indépendants l'un de l'autre toutes les fois que le second est de moindre valeur que le premier. Enfin l'ultime raison, à elle seule suffisante, sera celle-ci : il faut considérer les syllabes longues qui terminent les pieds comme des barrières rythmiques dont la présence empêche la confusion des temps marqués dynamiques. Du moment que la finale du mot re^ô, dans l'avant-dernier vers cité, subit un allongement, de ce fait les deux derniers membres métriques demeurent distincts et les intensités évoluent dans les limites fixées par les valeurs temporelles.
FORTES ET FAIBLES. — VERS MONOSYLLABiaUES ET SYLLABES FÉMININES 303
Les fins de phrase sont relativement peu fréquentes et ne transforment qu'un petit nombre de groupes rythmiques. Si au contraire l'on se borne à considérer les deux premières séries déterminées par nous, il est manifeste que les durées, les acuités et les intensités se répartissent selon des successions identiques. Les accents eux-mêmes, quelle qu'en soit la nature, présentent des caractères communs que nous allons mettre en lumière.
Ni les syllabes longues, ni les syllabes aiguës n'ont de valeur fixe et constante : de même la voix ne concède jamais la même énergie aux syllabes fortes, ou bien c'est là l'eff'et d'un pur hasard. Il n'y a pas besoin que l'élément en relief possède telle puissance acoustique pour qu'il y ait temps marqué. Dans les exemples transcrits jusqu'ici, le moindre accent porte seulement à lo" ÇP.G., 25 B), le plus considérable au contraire à 480"' (XXIV, K 2°), c'est-à-dire que celui-ci est 48 fois plus important que celui-là '. Notons d'ailleurs que dans les conclusions la voix tend vers l'annihilation complète, tandis que dans les suspensions elle a chance de produire des audibilités d'autant plus grandes qu'elle se maintient davantage dans les tons du médium. Il faut de plus remarquer que les variations dynamique se succèdent dans de très courts intervalles de temps. Vô du mot £odœ (XXIV, K 2°), qui dure 47", après avoir atteint 480"" de distance auditive, tombe rapidement à 90"". Pour le sujet G, il passe de 255"' à 15™. On relèvera d'une façon analogue le brusque changement qui se manifeste dans le dernier membre de cet alexandrin :
Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde...
Sœ pu vwàr su vQv) rë kœ je sur lu l(œ) wô dœ
{Cid, il, 2 C.)
Entre l'initiale faible et la tonique il y a diflïrence de i à 10.
L'accent d'intensité est donc, comme les accents de durée et d'acuité, susceptible de gradations infinies. Il se détermine d'ailleurs comme eux et il résulte du sommet constitué par une syllabe quelconque du vers, comparée avec celles qui l'entourent. Il frappe régulièrement l'élément final de la mesure métrique, sauf quand celle-ci possède une terminaison féminine ou qu'il y a fin de phrase. En règle générale, il coïncide avec les divisions du sens, et le rythme qu'il engendre est normalement ascendant, exception faite pour les groupes dits de conclusion, ou pour ceux que l'effort oratoire transforme, selon des modifications assez fréquentes qui feront l'objet d'une discussion particulière. De même que les divers membres du vers n'ont pas de durée ni d'acuité spécifiques, de même ils n'ont pas non plus d'intensité fixe : telle valeur dynamique qui dans un pied est atone recevra dans un autre le signe de la tonique A : tout dépend des syllabes avoisinantes, où, si l'on aime mieux et en d'autres termes, le temps marqué est toujours d'une énergie relative. Voici en efl^et deux alexandrins :
Car enlin, n'attends pas de mon affection. . .
De quoi qu'en ta faveur notre amour m'entretienne. . .
I. Sauf naturellement, comme nous l'avons fait remarquer, que l'air a été plus ou moins parfaitement recueilli, selon les sujets, par l'embouchure qui conduit le souffle aux tambours inscripteurs.
Ka
rà
fi
na
pâ
(/(rt?) wiô
lia
kwa
kà
fa
vàr
no tra
mur
ma
tyè
(Cid, 23 et 25 J.)
Ils ont été tous les deux déclamés par le même sujet, et ils sont intéressants au même titre. Dans le premier, la syllabe faible cinquième possède une audibilité plus grande que les syllabes fortes troisième et douzième. Semblablement, dans le second, la tonique de l'hémistiche porte moins loin que trois autres syllabes atones du même vers. C'est que les syllabes ont la qualité qu'on leur assigne seulement par rapport à celles dont elles sont immédiatement entourées. Il n'y a enfin nulle part identité de valeur entre les divers accents, certains au contraire l'emportent : nous chercherons ailleurs pour quels motifs ils émergent plus que les autres.
Mais l'accent d'intensité, tout comme les accents de durée et d'acuité, en raison de la nature même de la langue française, s'établit surtout par comparaison avec la syllabe dont il est suivi plutôt qu'avec celle dont il est précédé. A cause des variations rapides de la distance auditive, nos tableaux généraux ne fournissent pas d'exemples de deux toniques consécutives d'intensité égale et nettement séparées par le sens, de telle sorte qu'elles puissent recevoir toutes les deux le signe a- Mais des cas comme ceux-ci se rencontrent assez souvent :
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment... Cette grandeur sans borne et cet' illustre rang...
Lwi
sa
lœ ba
tu
de
flô
ki
iu
iûr
for
III œ
grà dàr
sa
bpr
se
til
lus
trœ
rà