‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 219 sur 250 · UO · texte numérisé non relu

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(Ci»., II 4 C.)

13° La treizième syllabe porte un accent.

Les tableaux généraux n'en fournissent aucun échantillon, mais il est permis de supposer que le cas peut se présenter. Dans la bouche de certains acteurs on note que l'effort affecte fréquemment l'élément féminin de la rime. De même, par suite d'enjambement, le temps marqué peut apparaître à cette place s'il s'agit d'un membre métrique de conclusion terminé seulement au début de l'alexandrin suivant. On peut enfin déduire la possibilité de ce phénomène par l'analogie d'un exemple comme celui-ci :

Immoler Troie aux Grecs, au fils d'Hector la Grèce. . .

Im mo le Tnva 0 Grè kœ 0 fis dEk tôr la Gré sœ

(^Andr., 14 A.)

La septième syllabe, en surnombre, est de tout point semblable à la finale d'une rime féminine et achève ici un groupe rythmique qui devrait répondre au type a A* . Or nous voyons apparaître une combinaison métrique a * A où Ve muet soutient l'effort de la voix. L'intensité brute

LoTE. — Vaîexandrin. 40

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est en effet la suivante : 0 = 7, ^ = 7, œ = 12. Il n'y a pas d'erreur possible, puisque les amplitudes et les audibilités concordent. Il est bien évident qu'à la treizième syllabe une telle accentuation peut se rencontrer quand il y a suspension de sens.

Pour résumer ce long catalogue, on fera observer que les coupes d'intensité, comme les coupes temporelles, se manifestent à toutes les places de l'alexandrin, selon les divisions du texte, les intentions du poète ou celles du diseur. Ceci revient à dire, que sauf les déplacements d'accent et les exceptions qui tiennent à la nature des voyelles, tout mot métrique de deux, de trois, de quatre syllabes et ainsi de suite se termine par une forte, éventuellement suivie d'une finale féminine faible, mais que celle-ci dans certains cas se trouve frappée du temps marqué dynamique. Sous ce dernier rapport l'intensité se comporte comme la hauteur musicale, mais se sépare de la durée. Elle s'en sépare encore par ce fait que la position de l'accent n'est pas déterminée uniquement par une suspension de sens, mais peut résulter d'une conclusion ' ; il s'ensuit que les syllabes cinquième, septième et onzième sont plus souvent fortes qu'elles ne sont longues, même quand les poètes construisent leurs vers selon les formes les plus étroites de la tradition classique.

Cependant nous devons nous demander si certains sommets dynamiques ne l'emportent pas sur les autres, en raison soit de la place qu'ils occupent dans l'alexandrin, soit de leur importance dans la phrase. Nous nous efforcerons de donner à cet égard quelques brèves indications, réservant pour d'autres chapitres une discussion plus complète. La question n'est pas de celles qui admettent une réponse simple. Nous tirerons surtout nos exemples du premier fragment de Cinna enregistré par nous.

1° Nous avons vu que dans un alexandrin de facture classique fortement construit et dont les deux hémistiches s'opposent ou ne sont pas liés intimement l'un à l'autre, les syllabes aiguës sixième et douzième sont ordinairement plus hautes que les autres temps marqués du vers, pourvu qu'il y ait suspension de sens, mais que, en cas de conclusion, soit à l'hémistiche, soit à la rime, ce rapport se trouve modifié. On constate fréquemment, au point de vue de l'intensité, une répartition analogue des valeurs, mais surtout si l'on se contente de mesurer l'énergie par les amplitudes.

Et mon cœur aussitôt percé des mêmes coups. . . De confondre un amour qui se tait à regret.

mô

si

tô

per

se

de

me iii(a')

(Ci;;.,

Dœ ko fô drœ na mûr U sœ tè a rœ <^rê

{Bér., 5 a.)

Pour plus de commodité nous avons transcrit les hauteurs musicales de ces deux alexandrins au-dessus des intensités brutes. Dans le premier les

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