‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 212 sur 282 · R 80 115 20 55 155 60 50 IIS 160 35 15 175 80-20 A A A A · texte numérisé non relu

R 80 115 20 55 155 60 50 IIS 160 35 15 175 80-20 A A A A

2° Deux vers à sens complet se succèdent. Il en est comme dans le cas précédent : l’un ou l’autre, indifféremment, peut présenter l’audibilité

minima la plus faible. Dans ces deux alexandrins :

Comme il faut combiner sûrement les manœuvres ! Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres,… (P. G., 37-38.)

B et J laissent tomber la voix à la rime et considèrent chaque vers comme indépendant du contexte. On trouve les chiffres suivants : v. 37 B— 10,.J = 30;:v. 38 B — 20, J — 15. Pour B, la voix s’affaiblit davantage dans le v. 37, pour J dans le v. 38.

3° Un vers qui termine une période fait suite à un vers suspendu. En ce cas, la conclusion est affectée de lintensité minima la moins importante, comme aussi bien elle renferme la note la plus grave. C’est assez naturel, puisque, nous l'avons vu, la fin de phrase exerce une réduction générale de l’énergie dans tous les groupes rythmiques dont elle est immédiatement précédée. Parmi les exemples qui confirment cette loi, on

peut citer :

Crois qu’il m'en a coûté pour vaincre tant d’amour, Des combats dont mon cœur saignera plus d’un jour. (Bér., 8-9.) Les mesures sont en effet celles-ci : v. 8 C = 25, J — 20; v. 9 C —3, J — ro. Le cas est d’autant plus intéressant que l’audibilité maxima,

dans la diction de C, s’élève exceptionnellement dans le second alexandrin, au lieu de s’abaisser comme on s'y attendrait.

La règle que nous venons de formuler ne se manifeste pas avec la même évidence dans l’ordre dynamique que dans l’ordre musical, à cause de la persistance d’une portée acoustique constante dans les valeurs minima de plusieurs vers consécutifs toutes les fois que l'organe produit seulement un eflort modéré. Ainsi, dans notre fragment de Ruy Blas, R prononce cinq alexandrins (v. 29-33) où la voix, à ses points extrêmes de dépression, reste cependant perceptible à $" .Même remarque pour toute une période du Cid (v. 4-10), dans le tracé de «, sans compter les autres successions continues, moins longues mais très nombreuses, que laissent apercevoir les autres déclamations. Sans doute les notes les plus graves de deux vers qui se suivent peuvent, elles aussi, avoir le même nombre de vibrations, mais le fait ne se produit pas aussi fréquemment. Cependant, au point de vue des intensités, on peut dire que l’identité des puissances acoustiques les plus faibles. quand elle apparaît dans lc cas qui nous occupe, n’infirme ni ne confirme la loi ci-dessus énoncée. S'il faut citer deux vers, nous choisirons ceux-ci :

Nous avons sur la mer, où Dieu met ses colères, è Perdu trois cents vaisseaux, sans compter les galères. (R. B., 32-33.)

On trouve en effet v. 32 E — 30, R = 5 ; v. 33 E — 20, R — 5. Le second de ces alexandrins, pour E, est conforme à la règle, pour KR au contraire, il ne peut être interprété ni dans un sens ni dans l’autre : tels exemples par conséquent peuvent être dits neutres. Les exceptions réelles sont en très petit nombre. Ce sont celles que nous avions signalées dans notre chapitre consacré aux acuités comparées ! Cid, 12 C; — Andr., 8 À, 19 À, 30 À; — R. B;, 19 E. 4° Un vers SO fait suite à un vers à sens nnler C’est celui-ci qui possède laudibilité la moins considérable, parce que lui seul contient une fin de phrase .

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close. Le logis est bien sombre et l’on sent quelque chose. CCE)

Les chiffres sont WP = IE SENe2B=="10, ers qui, sous le rapport des hauteurs musicales, présentaient une exception, n’ont pas été analysés dynamiquement. À deux places cependant la règle ne se vérifie pas : Bér., 17-18 J et Hern., 10-11 R, dans ce dernier exemple seulement à cause de l'extrême nasalité de la rime.

5° Un vers suspendu succède à une fin de phrase. C’est la fin de phrase qui contient l'intensité la plus faible, puisqu'elle se termine par une chute de la voix :

.Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs. Je sais ce que l'honneur après un tel outrage… (Cid, 4-5.)

Les mesures obtenues SOnE CES CG MECS Oo rs ; v. s C — 40, J=—=40:

Parfois l’audibilité minima se maintient d’un vers à l’autre, sans que ce fait infirme d’une façon décisive la règle posée : on se trouve ici encore en présence d’exemples neutres. Des’ exceptions réelles se rencontrent cependant : Cid, 27 J (à cause seulement de l'énorme nasalité de la troisième syllabe) ; — Andr., 31 A; — Bér., 18 ].

Les précédentes observations prouvent sans conteste la vérité de ce que nous avancions plus haut. Elles montrent que l’intensité la moins considérable, si on la compare avec l'intensité maxima, joue un rôle peu important dans le vers. En effet, ce n’est point par elle que se marquent les divisions du texte. Si elle permet parfois de distinguer le vers qui supporte une coupe suspensive de celui qui contient une conclusion, elle na

point toujours ni partout ce pouvoir, puisqu'elle peut être identique dans une suite de plusieurs alexandrins. Deux vers feront comprendre Pin- :

suffisance des indications qu’elle nous fournit :

Le peuple misérable et qu’on pressure encor À sué quatre cent trente millions d’or. | (R. B., 38-39.)

Les points de dépression extrêmes sont ceux-ci : v. 38E— 55, R — 10; v. 39 E — 20, R — 30. Les portées acoustiques les plus fortes sont au contraire les suivantes : v. 38 E — 180, R — 200; v. 39 E — 170, R — 105. Tandis que la déclamation de E est partout correcte, tandis qu’elle exprime la suspension de sens par des valeurs plus grandes, la conclusion par des valeurs plus réduites, R accorde au v. 39 une audibilité minima supérieure à celle du v. 38. C’est seulement par l’intensité maxima qu’il a fait sentir la chute de la phrase. .

. À une seule place (A#dr., 21 À) l'intensité minima est régulière, tandis qu'il y a exception au point de vue de la hauteur musicale. — Il faut encore ajouter à cette courte De. R.B., 38- 39 R.

Page 1