‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 220 sur 282 · L'ACCENT ORATOIRE TEMPOREL : OÙ ET COMMENT IL SE MANIFESTE · texte numérisé non relu

L'ACCENT ORATOIRE TEMPOREL : OÙ ET COMMENT IL SE MANIFESTE

S 20° No) SO 27 AB 1 13 66 ARE 30 22 22 28 ; 47 = Æ VU ŸU VU Ss #22 U + U VU [87 ee (XIL.)

La seconde syllabe du groupe signalé est nettement brève pour P. Dans le premier tracé de S, elle est devenue légale de la tonique par suite d’un développement considérable accordé au v du mot voyez, maïs la finale du pied métrique reste longue, puisque c’est seulement après elle que se produit l’affaiblissement de la durée : toutes les fois qu’on se trouve en présence de rapports syllabiques semblables, on peut conclure à un mouvement oratoire demeuré imparfait dans ses résultats. Enfin, dans le dernier tracé, la transformation est complète et la pénultième l’emporte *. D'autre part les phénomènes sont différents selon que le groupe rythmique commence par une voyelle ou par une consonne, selon qu'il est

dissyllabique ou qu'il excède cette mesure. Il faudra encore distinguer entre les voyelles orales et les voyelles nasales, le mot métrique et le mot proprement dit. La matière, comme on le voit, présente bien des complications. Nous tâcherons d’être clair. Écartons d’abord le cas où un pied monosyllabique isolé est touché par l’emphase. Ce pied ne subira de ce fait aucune modification par rapport aux longues ou aux atones dont il est entouré. Il ne se produit aucun changement dans le rythme, on note seulement un accroissement temporel dans la valeur de la consonne. On s’en rendra compte si l’on prononce avec une certaine tension articulatoire la première syllabe des deux vers suivants :

Meurs, s’il y faut mourir, en citoyen romain... . (Ein 08)

N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit..…. (Cine e17)

mais la voyelle reste prédominante dans tous les tracés, et il faudrait une prononciation particulièrement pathétique pour qu’il en fût autrement. Si au contraire un pied dissyllabique ? est touché par l’emphase, une alternative peut se présenter. Ou bien ce pied dissyllabique commence par une voyelle, ou bien il commence par une consonne. Dans la première de ces conjonctures, l’élément vocalique initial reçoit très rarement un accroissement de durée. On peut concevoir que la première syllabe pourrait l'emporter dans des mots métriques comme à moi, enfin, el puis, sous l'influence d’une forte émotion. Je n’en ai point trouvé dans mes tracés d’exemple sûr 5. Lorsque le pied dissyllabique débute par une consonne, l’accent oratoire tend à augmenter la durée de la syllabe originairement atone. La composition de cette syllabe doit être étudiée quant à la voyelle et quant à la consonne. Si la voyelle est une voyelle orale, elle supporte très rarement

l'allongement. En voici un exemple :

[l va, râlant, grinçant, luttant, saignant, ployé.

HAS va rd là grè sà lu tâ se uà plo Jé 22 39 36 30 47 39 25 36 24 32 42 30 CXR, ART)

1. M. Rudmose-Brown n’a point admis qu’il en fût ainsi : « Il paraît que la dernière syllabe, tout en n'étant pas plus forte que celle sur laquelle porte l'accent éthique (oratoire), garde toujours son accent grammatical. Il se produit une tendance vers légalisation accentuelle des deux syllabes. Si cette tendance peut aller, dans le cas d’un polysyllabe, jusqu’à légalisation complète, ce que d’ailleurs je ne crois pas, la syllabe éthiquement accentuée n’atteindra pas, en tout cas, dans un mot de deux syllabes (non compris un e muet final), la valeur accentuelle de la dernière syllabe, qui restera la plus accentuée » (op. cif., p. 37).

Page 1