LA
1. Hors l’exempie que nous venons de citer et un autre que nous citerons plus loin, sauf encore le cas des voyelles nasales, le déplacement de l'accent opéré par le moyen de la voyelle est absent de nos tracés. On peut dire qu’il est inconnu au français correctement parlé. On l'entend seulement dans la prononciation faubourienne de certains Parisiens : Belleville, Montparnase, va-t-en, etc. et dans la boucne des Allemands, cette fois sans traîner autant, quand ils articulent des mots comme Chateaubriand et Napoléon.
2. Mes exemples, en petit nombre, ne me laissent point voir qu'il en soit autrement.
) l’intérieur duquel l’accent oratoire évolue comme s’il s’agissait d’un pied régulier. 4. Sans parler de la syllabe féminine qui peut suivre la tonique.
3. Ce dernier vers est intéressant : les deux syllabes initiales, par suite de la difficulté que deux longues éprouvent à se juxtaposer, ont été considérées comme un iambe à
5. Il agit toujours, comme dans les membres de deux syllabes, conformément à la règle formulée : il allonge la consonne initiale ou la voyelle nasale de l'élément qu il affecte.
L'ACCENT ORATOIRE TEMPOREL : OÙ ET COMMENT IL SE MANIFESTE 387 Je vu lu bre pa ré la tris tæ Be re ni s(æ) 23 18 20 23 ? 19 23 14 32 12 177 12 so ]. = Ÿ U YU Ÿ Le w DE UV U U es (GMT AE) É la va je tô pèr e su -1(@) : nu ta gluwa r(œ) 7 16 24 19 22 47 10 27 17 13 50 (Caro 1e) Je mé jæ su pi rè dû zu n(æ) pe pro fo dæ 38 38 18 42 20 26 19 29 24 29 58 fig Le) 2 ff 33 U LU VU Es (w] Le VU w = (91 (Bér.,10 J.) Ta môr mn por lœ ra mô nd mm(æ) ver la Lyé nœ 18 si 16 21 17 20 AU ET 40 17 11 38 15 [0] = Le] U U Le] Le] an YU U == (#7 (Cin., 1, 12 R.) Ma je ne : ro z lé diva re pô dra la tyé nœ 14 20 16 18 18 41 24 26 36 I4 14 23 19 LV 24 NS 1#2 2 — i 12 VV — LV LV — VU
(Girr268 C5
Les trois premiers vers présentent un anapeste modifié chaque fois d’une façon différente en * 7 Ÿ, puis en © ” ”, enfin en ” ” (ce dactyle, quoique, /u soit de 20% contre 18 à vu, peut être considéré comme très net). Le quatrième et le cinquième vers laissent apercevoir un péon devenu
LCR CR | LU
dans un cas ”, dans l’autre © # Ÿ , ici avec prédominance temporelle sur la tonique de l'élément oratoirement accentué, ce qui n'est point obligatoire. Le sixième et le septième vers contiennent chacun un membre de six syllabes qui conserve son aspect habituel, sauf qu’il manifeste un léger allongement intérieur résultant de l'importance accordée par la voix à l’une des consonnes de la mesure. En résumé deux fois le temps marqué a seulement remonté d’une syllabe (P. G., 32 et Cid, 10 '), une fois de deux syllabes (Bér., 27 R), ailleurs l’accent oratoire laisse subsister la longue normale. L’accentuation initiale accompagnée d’un dépouillement total du temps marqué ordinaire est relativement fréquente dans les groupes anapestiques, beaucoup plus rare lorsqu'il s’agit d’un péon, inconnue dans les pieds plus étendus. |
Comment lallongement oratoire doit-il être considéré par rapport à la tonique régulière ? Si le temps marqué se déplace seulement d’une syllabe, il est certain que la tonique éprouve une perte de durée d’autant plus grande que ce déplacement est plus parfait : en d’autres termes tout accroissement de la pénultième a pour conséquence une abréviation proportionnelle de l'accent régulier. L'observation est la même lorsque le
temps marqué remonte de deux syllabes, partiellement ou totalement. Mais, au delà, on ne peut plus rien affirmer : il semble que l'apparition
1. Ajouter encore, dans le même vers, l’allongement de la seconde syllabe dans le groupe e s##(œnu.
d’un accident oratoire, lorsqu'il se produit assez loin de la tonique (Cid, 26), n’exerce plus aucune influence sur celle-ci, et l’on voit en effet que dans notre dernier exemple, la sixième syllabe demeure plus longue que la neuvième et la douzième. Toutefois pour l’avant-dernier alexandrin cité, une explication est assez vraisemblable. Une mesure de quatre éléments on même davantage résulte souvent, nous l'avons vu, de deux mesures plus courtes, ét parfois la place de la soudure peut y apparaître, comme c’est le cas dans certaines dipodies iambiques qui forment l’un des trois membres des vers dits romantiques. Comparons donc avec la déclamation de KR, déjà transcrite, celle de C et de I:
Ta mr à por 12 ra mô nä m(æ@) ver la Lyé nœ Re ve € 19 5 18 29 17 22 14 45 18 13 29 II Ü Le. VU YU [9] U V = U VU = U
l 21 SI 18 32 16 40 22 42 DT 17 40 12 (7 =, V Y VU — VU — Le2 VU — 2
(Cin:, 1,72)
Chez I les syllabes 3-8 forment visiblement deux groupes rythmiques; elles n’en forment qu’un chez C, mais on aperçoit l'endroit où s'opère l'union des deux mesures. Donc'le tracé de R, et avec lui beaucoup d’autres exemples, s’interprète de la façon suivante : il devait y avoir à la sixième syllabe un temps marqué accessoire qui s’est déplacé et ne laisse plus aucune trace à l’hémistiche, mais la quatrième syllabe de l'alexandrin présente un accident oratoire résultant de la perte subie par la tonique secondaire disparue :.
Kevenons à nos exemples. Il y a, on peut s’en rendre compte, une certaine irrégularité quant à l’élément sur lequel tombe l'emphase. La voix cependant obéit-elle à certains principes dans le choix qu’elle fait, et auxquels ? La réponse, assez facile dans quelques cas, l’est beaucoup moins dans d’autres. En règle générale, et on peut dire absolue, la première syllabe d’une mesure de plus de deux syllabes (cf. Cin., I, 12), du moment qu'elle commence par une voyelle, soit orale, soit nasale, ne supporte jamais l'allongement oratoire. De même, après une consonne, la voyelle orale ne profite jamais de l’effort de la voix. Je n’ai trouvé à cette dernière loi qu’une seule exception :
Une femme à genoux prie, et songe et pâlit.
Je donne la déclamation de R :
U nœ) fam a jæ nu pri ë so] e pä li 18 34 8 13 22 43 15 64 10 31 24 Ÿ Ex Ÿ © 18] = Ÿ 12 [07 = (07 = © (CPSGIFEERS)
1. L’allongement secondaire peut donc se déplacer lui aussi dans les mêmes conditions que l’accent principal. Nous citons encore :
Le ciel n’est pas plus pur que le fond de mon cœur. On comparera les déclamations de G et de K :
Le syæl ne pa plu pur ka lœ Q dæ mô (772 G 27 64 18 24 16 60 ENS 16 to) 10 18 SI V — V 2 V — V Ÿ = VU VU A
Pi