L'ACCENT ORATOIRE D’ACUITÉ
L'accent oratoire se manifeste aussi dans le domaine mélodique, et même à un plus haut degré que dans l’ordre temporel, car l’emphase se borne le plus souvent, quand il s’agit des durées, à créer dans le membre métrique un accident intérieur, tandis qu’elle provoque généralement de graves et totales altérations du rythme musical.
L'accent oratoire d’acuité ne consiste pas dans le renversement des rapports ordinaires de voyelle à consonne : partout la voyelle est dans la syllabe l’élément qui supporte l'élévation de la voix, et, s’il y a quelques exceptions à cette règle, elles ne sont pas plus fréquentes dans la déclamation la plus soutenue que dans la diction la plus simple. L'accent oratoire se distingue de laccent normal parce qu’il affecte des sons et non des sens : il tombe en effet sur des syllabes initiales ou secondes ; il peut être concomitant ou non d’un accident temporel de même nature; il peut aussi coexister, dans une même mesure, avec un autre temps marqué, celui-ci secondaire. Il peut enfin apparaître seul en l’absence de tout
1. Plus rarement sur un monosyllabe ou une fin de mot, sauf quand il y a nécessité absolue et force majeure, comme à la première syllabe de ce vers dans la déclamation de E;
Viens voir la belle nuit — mon duc, rien qu’un moment ! (Hern., 1.) Il s’agit en effet d’un pied iambique.