‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 237 sur 282 · AN · texte numérisé non relu

AN

(Bér., 6 C.)

Il nous faut maintenant rechercher dans quel rapport se trouvent les accents oratoires d'intensité avec la signification littéraire du texte. Nous allons donc présenter une série de moyennes semblables à celles que nous avons précédemment établies. Nous avons éliminé soigneusement de nos calculs les fins de phrase réelles et les altérations déterminées uniquement par le jeu des timbres. Il est vraisemblable que quelques-uns des accidents catalogués n’ont point une valeur expressive : ils sont causés simplement, semble-t-il, par le fait que la syllabe commence par une consonne

particulièrement favorable à un déploiement de force, comine à la neuvième place de l’alexandrin suivant :

La haute cheminée où quelques flammes veillent...

La Ô 1@æ €œ mi né - a 5 10-45 30 45 20 75 45 A A AN

ve yæ 55-20 A

(PSG 0. B*)

Nous en avons tenu compte cependant, car ils se reproduisent en nombre sensiblement égal dans tous les morceaux inscrits. Le tableau que nous

avons dressé, par sujet et par fragment enregistré, est le suivant :

À — Andromaque — 1,75 Hernani — 1, 86

C — Cinna, II — 0,85 Cinna, 1 — 1 Le Cid — 1,25 Bérénice — 2

E — Ruy Blas — 1, 39,

Les Pauvres Gens — 1, 44 Hernani — 1, 96

J — Le Cid — 0, 92 Les Pauvres Gens — 1,1

Bérénice — 2, 09

R — Ruy Blas — 1, 37

Hernani — 1, 96

Les observations à faire seront brèves. Il résulte de ces chiffres que les accidents emphatiques sont plus fréquents dans l’ordre dynamique que

dans l’ordre musical et l’ordre temporel. Pourtant la classification des phénomènes d’intensité n'apporte que peu de faits nouveaux et se confond

dans l’ensemble avec la liste où nous avons consigné le nombre moyen des altérations du rythme mélodique. Il n’y a guère qu’un seul chan-

gement : le morceau des Pauvres Gens cesse d’occuper le bas de l'échelle et monte vers les zones intermédiaires ; il faut en conclure que sa valeur

descriptive, son caractère de simple exposition sont suffisamment rendus par la stabilité relative des temps marqués de durée et d’acuité, mais que le pathétique contenu du récit se traduit par des modifications plus fréquentes du régime de l'intensité. Tout compte fait, les accidents oratoires

dynamiques sont réservés à l'expression d'émotions alanguies plutôt qu’à l’éloquence; ils traduisent plutôt un certain attendrissement de l’âme que la véhémence d’une passion surexcitée. Par conséquent, ici encore, l'intensité n’agit point d’une façon indépendante : elle double seulement et renforce des phénomènes d’une autre nature; elle ne semble point apporter à la parole, sauf exception, des nuances que l’acuité soit dans

l'impossibilité de rendre.

Quant à notre morceau d'Eviradnus, par lequel nous terminons cet exposé, il nous donne les chiffres suivants :

ee wa si ka tra vêr la gr dæ fo Lecture 100 40 100 130-40 100 100 I10-55 90 105 80 40 A 76 A A Déclamation 180 50 95 90-65 60 220 160 170 60 70 70 A A A Lecture Ka pli - la re v(æ) ri im mä s(@) de 45 80 60 160 100 115 90 60-70 60 80 A A A Déclamation 20-280 150-135 220 255 195 165 prets 155 A A O nà tà fri s0 né e vi bré m0 Lecture 60 130 200-60 75 120 140-55 160 145 IIS 65 À à A ÿ 10 A Déclamation 25 70 150 105 105 90 180 160 150 AN A Ko mu ni ka to bi sô du fre ini Lecture 60 40 40 90 105 25 70 60 150-40 55 À : A A Déclamation 220 170 110 130 290 125 130-953 S5 200-120 90 A A A La gi tà 1(œ) de mô dns spruk ræ ko Lecture 25 60 105 95 110 45 55-80 60 75 nr. pru kœ Déclamation 105 190 190-70 175 150 100 150-65 55 35 115

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