‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 44 sur 282 · COMBINAISONS FACTICES : DURÉE DES SYLLABES · texte numérisé non relu

COMBINAISONS FACTICES : DURÉE DES SYLLABES

La consonne double est supérieure en durée à la voyelle initiale et à la voyelle finale, mais elle n’a pas de longueur constante et sa valeur temporelle, si on la compare avec sa variété simple (dans les formations apa, afa, etc...), n’est jamais exactement le double de celle-ci. Il est également visible que la première voyelle est moins longue devant la consonne double.

Va CD Veil V. 1 CD V, 1 appa 6 35,5 26,5 affa 9,5 28,5 24,5 adda 8 En 20 assa 9 31 16,5 amma 10 29 17 azza 9 28,5 18 !

arra II 26,5 19,5 acea 10:50. 31,5 ; 18 alla 10 26 16 anna 2 27 16,5

Ces observations faites, il est maintenant aisé de passer à l’examen de la syllabe. La mesure de celle-ci s’obtient très facilement si l’on ajoute à la durée de la consonne celle de la voyelle qui lui est jointe. En commençant par les groupes factices qui débutent par une voyelle, on peut donc présenter le tableau ci-après (p. 50).

On peut d’abord noter que les syllabes formées par une voyelle seule sont régulièrement plus courtes que celles qui sont dues à la conjonction d’une voyelle et d'une consonne. En outre, ce sont les syllabes finales, où l'élément principal de durée est la voyelle, qui sont les plus longues. La valeur temporelle, bien entendu, en reste toujours variable et n’a rien d’absolu : il est cependant évident que dans sa relativité même elle n’est point conditionnée par l’étendue du groupe auquel elle appartient, et il n’y pas de loi constante qui l’allonge ou la diminue selon qu'il s’agit d’une formation dissyllabique, trisyllabique ou quadrisyllabique.

Quant aux syllabes intérieures, une fois que nous aurons remarqué qu’elles ont une légère tendance à s’abréger à mesure que la combinaison accroît ses éléments, il nous faudra encore à leur sujet attirer l'attention sur un fait particulier que M. l'abbé Rousselot a déjà mis en évidence ". C’est que, dans les groupements de grande étendue, et si l’on prend pour point de départ la dernière syllabe toujours nécessairement longue, il s'établit parfois un mouvement ondulatoire qui frappe d’une légère augmentation de durée, de deux en deux, les syllabes qui précèdent la finale.

Naturellement il n’y a icirien d’obligatoire, et des successions comme akakaka et ararara peuvent l’une et l’autre être traduites parle schéma * © *7. Mais déjà dans ajajaja la seconde syllabe est de 1° plus longue que la troisième, ce qui interrompt légèrement la progression des durées ; dans agagaga au contraire elle dépasse de 45 celle dont elle est suivie et forme dans la série un petit sommet, de telle sorte que le schéma qui s'impose se modifie nécessairement et passe de ” ” “7 à ” *# “7, la dernière syllabe conservant d’ailleurs toute son importance.

Il semble que cette différence temporelle soit encore bien faible pour être sentie à coup sûr par l'oreille, et pourtant elle pourrait nes la théorie suivant laquelle le vers français est presque invariablement soumis à un mouvement iambique : « Puisque la dernière syllabe pleine et sonore d’un mot français, écrit M. Wulff *, à ne pas compter un e muet finale atone, est toujours forte, il s'ensuit que, sauf cas spécial,

1. Abbé Rousselot, Mod. phon., p. 83 et 93-94. 2. Fr. Wulff, La rythmicité de l'alexandrin français, p. 11. Lore. — L’'alexandrin.

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