‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 55 sur 282 · QUELQUES THÉORIES · texte numérisé non relu

QUELQUES THÉORIES

Le mot métrique, du seul fait qu’il se forme, devient une unité parfaite, sauf les exceptions que nous aurons à constater plus loin, et enlève leur individualité aux éléments qui le composent, quels qu’ils soient.

Il ne semble pas que Becq de Fouquières : se soit fait une idée claire du phénomène. Il a bien établi une différence entre l’accent tonique et l'accent rythmique : « le premier, dit-il, frappe la dernière syllabe forte de chaque mot qui n’a pas une simple valeur grammaticale ; le second, particulier à la poésie, ne porte que sur les syllabes toniques qui entrent dans le dernier temps des éléments rythmiques du vers et qui en marquent les temps forts. » Mais il présente une longue théorie, excessivement embarrassée, pour définir ces deux accents dont il ne parvient pas à distinguer les caractères constitutifs, et il n’aboutit pas à une doctrine dont la construction au moins puisse séduire.

. D’après quelques-unes de ses scansions, on peut comprendre que pour lui, par delà la syllabe forte qui termine le groupe, il reste un je ne sais quoi d’obscur qui échappe à toute détermination précise. Nous transcrivons ici ses notations de deux vers de Racine, où il a marqué par / l'accent

rythmique et par / l’accent tonique :

NT A A A Qu'un trô-ne est plus péni-ble à quitter — que la vie... DREUX A A /\ Et voilà donc —— l’hymen — où j'étais — destinée.

. Ces exemples le montrent : il ne s’est pas rendu compte que l’accent rythmique et l’accent tonique sont identiques, que l'accent rythmique est tout simplement l'accent tonique qui termine le mot ou membre métrique constitué par la prononciation, que l’un et l’autre ont le même caractère et par conséquent ne peuvent entrer en antagonisme.

La formule de Clair Tisseur est plus satisfaisante ? : « Tous les accents rythmiques sont toniques, mais tous les accents toniques ne sont pas rythmiques. » On peut l’adopter s’il est entendu qu'il n’y pas d’accent tonique quand il n’y a pas d’accent rythmique.

Les deux vers dont nous avons mesuré la durée prouvent que la poésie se comporte exactement comme la prose déclamée d'un ton solennel, selon les caractères que nous avons reconnus à celle-ci dans notre précédent chapitre. Les tracés montrent les mêmes rapports de voyelle à consonne dans chaque combinaison syllabique. Par les expériences faites à propos du discours ordinaire, nous savons comment se manifeste l’'emphase et quels en sont les signes. En possession de la base certaine que nous fournit notre première enquête, nous pouvons donc faire deux parts dans les phénomènes que nous aurons à examiner, séparer les accidents purement oratoires de ceux qu’on doit regarder comme simples et normaux. On ne s’occupera donc ici que de ces derniers seulement; les autres trouveront place ailleurs. On fait observer cependant que l'expression varie selon les divisions du vers, que des formations emphatiques peuvent en avoisiner d’autres qui ne le sont pas : les remarques que l’on présentera à propos des exemples choisis ne seront donc valables que pour les groupes qui, dans le vers, seront spécialement signalés.

Et d’abord quelles sont les combinaisons de syllabes sur lesquelles se fonde le rythme temporel de l’alexandrin français ? Y en a-t-il une variété infinie, ou se ramènent-elles toutes à quelques types dont le poète peut seulement varier l’ordre de succession sans qu’il lui soit possible de rien

1. Becq de Fouquières, op. cit., p. 53 et 160. 2. Clair Tisseur, op. et loc. cit.

inventer d’inédit ? L'analyse à laquelle on s'est livré et qui a porté sur un millier de vers dus à des poètes classiques ou romantiques prouve

que la seconde hypothèse seule est bonne, et l’on a pu déterminer les membres ou pieds métriques : suivants : °Le pied d’une syllabe, formé par une longue qui s’isole naturellement dans la prononciation. Il est généralement constitué par une exclamation,

une interjection ou un impératif, et se rencontre le plus souvent au début de chaque hémistiche, quoique ce ne soit point là une règle absolue :

J'ai tout, le temps, l'esprit, hier, aujourd’hui, demain. Quoi ? sans que ni serment ni devoir vous retienne…

Je Hi lœ tâ les DFE Tir É yen 0 jur dvi dæ mè 30 52 17 46 39 82 63 15 27 46 35 44 2 3x VU ge V AE = VU LV cn LV 1 (XIX D re.) Kzwa sû kœ ni ser mû ni dæ war va Tæ 1yè nœ 52 26 15 28 30 3 18 24 46 10 7 37 15 (Andr., 9 G.)

2° Le pied de deux svllabes dont la première est brève et la seconde longue, et qu’on appellera iambe, en reprenant le terme dont se servaient y P gue, q PP P

les anciens. Il se rencontre très fréquemment :

Le ciel n’est pas plus pur que le fond de mon cœur. C’est moi qui vous le dis, qui suis votre prand’mère.

Lo syél ne. pa pla pr ka læ fo de môû kàr 27 59 18 22 25 62 ‘14 17 s7 12 21 S7 LV ral LV LV VU ei 12 V x LV VU a & (VI, H.) Se mwa ki vu lœ di ki sit v0 træ gra mé Ce) 49 32 13 se 14 34 20 30 14 20 20 te (XL, K re.)

3° Le pied de trois syllabes ou anapeste dont les deux premières sont brèves et la dernière longue. C’est un des pieds fondamentaux du vers :

Il est beau de mourir maître de lunivers.

Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable.

le D dee na ir mé tr dæ lu nl vêr 9 2140933 14 20 40 40 17 II 14 20 46 Ÿ U Et VU EE + = VU UV U VU nn)

. Puisqu’il est entendu que la durée ne dépend point du timbre, on peut employer comme synonymes les mots « métrique » et « rythmique », «mètre » et « rythme», sans qu “ y ait désormais confusion possible.

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Je suis romaine, hélas, puisque Horace est romain. Ce silence est trop noir, ce calme est trop profond.

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Mais il me faut te perdre après lavoir perdu... Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts.

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Comme il faut calculer la marée et le vent!

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