‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 93 sur 282 · XXI P · texte numérisé non relu

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Le premier cas est d’autant plus notable que l’on constate dans chaque groupe la présence d’un accent secondaire, sauf dans le groupe médian à la place de la césure ; mais ceci n’a rien de bien surprenant, puisque le diseur a surtout en vue, bien plus que tel mot particulier, le membre métrique et le temps marqué qui termine ce membre métrique. Il reste cependant que, dans les deux alexandrins cités, la majeure partie des sujets fait subir un léger allongement à la seconde syllabe de chaque pied, et par conséquent à la sixième du vers, mais la cause en est dans la constitution même de ces péons : si dans chacun d'eux un mot important ne s’achevait pas à la seconde place, l'allongement en question ne se produirait pas ‘. Disons donc que la présence d’un faible accent à la césure ne caractérise pas le vers romantique.

Le fait le plus intéressant que révèle notre enquête est cependant le suivant. Le ternaire, malgré l’intention de ses créateurs, a rendu possible et, pourrait-on dire, fatale, une déclamation qui s’étendrait à toutes sortes d’alexandrins, sans préoccupation de la syllabe où tomberait le temps marqué. Sans vouloir empiéter sur les discussions qui ont trait à la césure et qui feront l’objet d’un chapitre spécial, on peut signaler que le vers classique connaît lui aussi dans la diction contemporaine, qui n’est point celle du xvr° et du xvin siècle, une sixième syllabe réduite à

supporter, non plus le « frappé » du membre rythmique, mais un simple accent secondaire :

D& e 19 19 LV LV

D’un héros qui n’est point esclave de sa foi. ré Pro ona Es UE es kla v(æ) JP ve [ua ?

09 VU (92 UV 22 VU UV VU

(Andr., 16 À.)

1. Il n'apparaît d’ailleurs pas régulièrement, même quand les conditions sont les plus favorables, comme le montrent les deux exemples qui précèdent. 2. L'exemple est très caractéristique, car la 6e syllabe n’est affectée d'aucun accent musical, ce qui prouve qu’il n’y a pas eu coupe effective.

Plus encore : la syllabe médiane peut être une simple brève. Il ne s’agit point ici seulement de la combinaison dans laquelle deux longues se trouvent en confit, l’une à la sixième, l’autre à la septième place, de telle sorte que la première se subordonne à la seconde. Le phénomène est

bien autrement saisissant : il arrive tout simplement que la césure n’est plus considérée comme le point qui doit, d’une façon constante et

immuable, recevoir l'accent :

À ne te laisser point ta fuite en ton pouvoir.

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