‹ L'art de donner à dîner, de découper les viandes, de servir les mets, de déguster les vins, de choisir les liqueurs, etc. etc., enseigné en douze leçonsChapitre 4 sur 26 · INSTRUCTION PRÉPARATOIRE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PRÉPARATOIRE

Iz est une vérité incontestable, c’est que lle nombre des mangeurs et des diners, ce- Ilui des médecins et des indigestions s'est ‘accru dans une proportion effrayante depuis |Vannée 1814; époque à jamais mémorable ide la restauration de la monarchie et de la restauration de la cuisine en France.

Le grand bouleversement cccasioné par Ila révolution avait tout-à-fait dénaturé le

grand art de savoir donner à dîner, par la raison toute simple que, les fortunes ayant passé dans d’autres mains, les nouveaux riches se trouvèrent totalement étrangers à cette science du savoir-vivre, dans laquelle nos Amphytrions d'autrefois. excellaient.

Maintenant que tout semble être rentré dans l’ordre primitif, nul doute que les Amphytrions d’aujourd’hui ne s’empres-

né a diner de codé HÉS A. SSL dc nr éodile

sent d'accueillir les nouvelles instructions que je vais leur offrir en vingt petits articles que voici :

Un maïtre de maison qui veut acquérir la réputation, en traitant chez lui , de bien donner, doit au moins recevoir une fois par semaine. Comme tous les sacrifices ne doivent rien lui coûter, je lui conseille de s’ap= puyer sur de grands moyens pécuniaires.

Toutes les fois que vous inviterez en général et sans préciser le jour, c’est que vous voulez simplement ne faire qu’une politesse insignifiante , et vous vous trouvyeriez dupes d’être pris au mot; les seules invitations acceptables’ doivent être faites par vous à jour fixe, et même par écrit, parce que ; dans tous les cas, le billet fait titre, et vous fait concevoir toute l’importænce de l’engagement que vous contractez envers le convive que vous voulez posséder,

Le salon d’un Amphytrion doit être approvisionné de journaux, de brochures nouvelles, de jeux innocens et même de ‘Curiosités, afin que ses convives puissent ‘agréablement passer le temps de l'attente «du diner. SE.

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Dès l’instant que tous les convives sont rréunis dans le salon, qui doit ordinairement “succéder à la salle à manger, et qu’il a été saverti qu’il était servi, le maître de la maisson doit indiquer, de la main , la salle du festin , en disant : Messieurs, donnez la main saux dames ! et passer le premier pour cou- [per court à toutes les cérémonies, les mets m'en faisant aucunes pour refroidir.

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Un Amphytrion doit être de la dernière ssévérité pour les invités retardataires : pour æux il ne doit pas avoir d’entrailles, car il est de la dernière fmpolitesse de se présen-

ter, même lorsqu'on a été invité, à la porte ‘de la salle à manger, lorsque le diner est en train. Xl faut, en pareil cas, avoir assez de courage pour s'abstenir d’entrer, dût-ou aller dîner chez le restaurateur, ou, ce qui serait préférable, vu l’inconvenance, se passer de diner, aux risques d’aller le lendemain lui demander à déjeûner à la fourchette, comme moyen de justification et par contre-Coup:

Il est du devoir d’un Amphytrion consommé de saisir, au commencement du diner, le moment où tous les convives gardent un silence masticatoire, pour les faire connaître les uns aux autres, en les nommant individuellement et tout haut. C’est ainsi qu’il fera naître en eux des rapports qui ne feront qu’ajouter aux charmes du repas.

A table tous les convives sont égaux en droit. Qu'un personnage élevé en dignité, et surtout remarquable par ses qualités, son

esprit, sa vertu même (lorsque cela se trouve), vienne prendre place, celle qui lui sera désignée sera au centre (à côté du maître ou de la maîtresse de la maison) ou au haut bout, et le nec plus ultra des honneurs , un rouge-bord à sa santé. Si ce convive ne boit habituellement que de l’eau { circonstance extraordinairement rare ), cette marque de distinction ne lui est même pas due.

Un maître de maison doit recommander à ses domestiques d’être sourds et muets pour tout ce qui n’est point relatif au service de la table , parce que ceux-ci ne doiventtémoigner par aucun signe intérieur ou extérieur, qu'ils écoutent et qu’ils comprennent la convéfsation. Toute leur attention doit être concentrée sur les besoins de PAmpbytrion, ou sur ceux que les convives, ses voisins, peuvent avoir d’eux.

Un autre point non moins essentiel est

de ne point discourir tout bas avec quelqu’un de sa maison , d’éviter de gronder sa femme ou ses enfans, et de ne parler que très-brièvement et très-haut aux domesti= ques, et seulement pour les choses qui ont rapport au service.

Celui qui donne à diner doit essayer de se rappeler le goût particulier de chaque convive pour tel met, tel vin, telle liqueur, et, s’il entre dans le service , il tâchera de lui faire sentir adroitement que c’est à son intention qu’il se l’est procuré. Il tombe sous le sens qu’il ne convient pas à un maître de maison de faire lui-même l’éloge du diner qu’il offre à ses convives; cela serait une vanité aussi déplacée que le cas contraire dans lequel tombent quelques amphytrions , qui avec une modestie provinciale , prient d’excuser la mauvaise chair qu’ils vous font faire pour mendier des louanges frivoles par des excuses hors de saison.

Il doit constamment veiller sur l’assiette tdes convives et leur proposer quelque chose tchaque fois qu’elle est vide, sans pourtant les presser de manger et de boire, car rien m'est plus importun que cette espèce de pré- Wenance.

XIT.

Quiconque invite à dîner est obligé sur isa conscience de présenter un yisage riant cet satisfait , un esprit de sociabilité en perimanence.

De même que le poivre , le sel et la mouttarde appartiennent à chaque convive et roulent d’un boutde la table à l’autre comme tune propriété publique et un ingrédien commun à tous les mets, de même Pesprit, les connaissances, les soins, les prévenances de l’amphytrion sont des ingrédiens soeciaux dont chacun doitavoir sa part pendant toute la durée du repas.

Si pendant le diner il s'élève quelques

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