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légères contestations, on chantera ; si les chants ne calment pas l’effervescence des convives, On boira; si l’on persiste, malgré Bacchus et Apollon, chacun trinquera, rira et étouffera sous les bruyans éclats de la joie jusqu’à l’apparence de la mauvaise hu= meur : lAmphytrion devra donner le pre= mierl’exemple dans ce cas délicat.
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La question de savoir s’il faut chanter ou non à table a souvent été agitée par les amphytrions de toutes les classes.
Moi je pense que non-seulement il faut chanter au dessert, mais encore commencer à chanter aussitôt que les entremets ont été servis; les chansons égayent singulière= ment un repas. Quand même , ne sait-on pas que la nation française est essentiellement chantante , selon la remarque du /inancier Mazarin ? Elle chante pour calmer ses inquiétudes comme pour célébrer ses plaisirs. C’était en chantant que les Français volaient naguère auxcombats, puis ils chan-
{taient pour célébrer leurs triomphes ; main- (tenant qu’il n’y a plus de combats et par conséquent plus de triomphes, ils chantent Iles faveurs comme les rigueurs de leurs imaîtresses ; ils chantent Bacchus et l’amour tquand ils sont à table surtout ; quelquefois même on xoit le couplet aiguisé en épi- {gramme courir la ville, et punir, au défaut tde lois tel ou tel ministre prévaricateur, et ‘acquitter ainsi. la vengeance publique. Mal- Iheureusement quoiqu'il n’y ait plus de {guerre , il y a toujours desprisons pour les chanteurs qui ne peuvent pas chanter sur tous les tons ; mais comme ces rimeurs n’en ‘sont pas moins musiciens, et que ce n’est pas leur faute si leurs oreilles n’ont pas la même conformation que celles des preimiers, ils chantent encore en prison pour icharmer les ennuis de leur captivité; et imalgré,les mazarinades du jour ils chanteirontencore, ils chanteront toujours, ne se- ‘rait-ce que pour n’en pas avoir le démenti.
Cependant un amphytrion fonctionnarisé ine doit pas permettre ce dernier genre de
couplet, il doit se renfermer dans les bornes des chansons bachiques , grivoises, et mê me
un peu érotiques, pousser même à cess dernières de tout son pouvoir, toutes les
fois qu’elles ne blessent pas strictement les
mœurs et la décence.
b, Ge Le maître de la maison devra encore in= diquer lui-même aux convives des sujets de
conversation qui soient sans inconyéniens comme sans dangers.
Une fois le dessert servi et commence, les domestiques ne doivent point rester dans la salle à manger sous quelque prétexte que ce puisse être.
Il existe très-peu de cas où un Amphytrion doive décacheter une lettre qu’on lui remet étant à table, parce que de deux choses Pune : si c’est une bonne nouvelle il en jouira bien mieux dans la paix qui suit une
ligestion libérale ; si c’est une mauvaise souvelle, l'influence qu’elle répandra parmi ès convives ne l’avertira que trop qu’il auit mieux fait d'attendre.
Un maître de maison doit donc recomander expressément à ses domestiques de te jamais lui apporter de missive lorsqu'il onne à dîner et qu’on est en train.
ANTPT
Il faut qu'il ait constamment l’œil sur l’éaat des bouteilles afin de pourvoir le plus womptement possible àleur remplacement, tu moment qu’elles sont vides.
Le dîner terminé , le maître de la maison toit donner le signal pour quitter la table et “asser au salon , mais celte fois il ne doit y intrer que le dernier.
Pour compléter l'instruction qui fait l’obcet de cette deuxième leçon, je me contenterai de dire que, le diner terminé dans
toutes ses parties, il ne reste plus au maît
de la maison que de chercher à établir dan le salon une conversation telle que ses con vives ne puissent se ressentir du besoin d dormir, afin de leur procurer une digestio généreuse. Il devra fermer les yeux à la vu d’un convive qui s’esquive avec ou mêm sans chapeau, parce qu’il doit lui suppose une de ces affaires pressantes qui ne souffren aucun retard pour s’en débarrasser.
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