‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 160 sur 349 · VIEILLARDS · texte numérisé non relu

VIEILLARDS

Un nombre considérable de vieillards, de caractère plus ou moins difficile, sont « jetés » par leurs familles dans des asiles d’aliénés. Cet abus a été dénoncé depuis longtemps et par les autorités les plus qualifiées. En 1878, dans un rapport général au Ministre de l'Intérieur, trois psychiatres inspecteurs dressaient un tableau indiquant, pour 21 établissements, le nombre des vieillards abusivement séquestrés. Le total atteignait 565 sujets (1).

Dans une Circulaire du 10 novembre 1906, Clemenceau, alors Ministre de l’Intérieur, attirait l’attention des préfet sur « les vieillards, hommes ou femmes, dont l’activité est très affaiblie, qui ne sont point à proprement parler des aliénés, dont l’état ne réclame pas de soins médicaux particuliers et dont la place est à l’hospice au milieu des vieillards indigents et inoffensifs comme eux » (2).

Quelques mois auparavant, dans uñe Circulaire du 14 juillet 1906 (Bull. Ministère Intér. 1906-398), il s’indignait contre lattitude des familles et prescrivait de prendre à la charge de la collectivité tout vieillard qui a besoin d’être assisté. En voici, d’ailleurs, un extrait : « Il n’est personne qui puisse mettre en doute qu’audessus de toutes les lois d’assistance sociale, subsiste, intangible et sacré, le devoir imposé aux enfants — et par la loi civile et par la loi naturelle — de subvenir aux besoins de leurs parents âgés dans la mesure où ils le peuvent faire. Cependant, il arrive trop souvent que des enfants, même en situation aisée, se dérobent à une si impérieuse obligation ; de cette ingratitude, les vieillards ne peuvent rester victimes et, ainsi que je l’ai rappelé dans la Circulaire du 16 avril 1906, il a été expliqué à la Chambre de « l’existence de « parents tenus à la dette alimentaire et en situation de s’en acquit- « ter ne détruit pas la dette sociale ; elle ouvre seulement un droit

134 - (1) Cf. Faidides, « Du régime des aliénés », thèse, Paris 1898, p. 211.

135 - (1) Pour le détail, cf. Adam (thèse précitée), p. 52. (2) 1d., p. 53.

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