Cf. supra 1re partie n
(2) Prof. Lay, « Le traitement de l’alcoolisme chronique et l’internement prolongé des buveurs », Revue de droit pénal et de criminologie (Bruxelles, mars 1950) - J. Oulès et Mme Allaix, « Place de la psychothérapie dans le traitement de l’alcoolisme par le D.T.T. (A.M.P. 1951.1.76).
(3) Docteur Feldmann, « Introduction aux traitements modernes de l’alcoolisme chronique. Considérations biologiques, psychologiques et sociales > (1950).
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séquestrés comme des déportés dans un camp de concentration. À la majorité d’entre eux, le médecin n’a pas adressé la parole depuis des mois et parfois des années. S'ils demandent à le voir, on leur répond que le praticien est trop occupé ; s’ils lui écrivent, ïls ne reçoivent pas de réponse. Voilà la psycho-thérapie dans les asiles d’aliénés ! C’est ainsi que les choses se passent même dans les établissements dont la notoriété du médecin-chef laisse présumer une thérapeutique parfaite. Pour ce médecin, le malade est « classé ». Il l’a jugé, sur pièces, et rangé dans telle catégorie. Son rôle de médecin s'arrête là. Pour le reste, il n’a plus la qualité de médecin mais simplement celle de directeur de la prison des aliénés.
Or le médecin n’a pas à jouer le rôle d’un distributeur de peines de prison. La durée de l’internement devrait dépendre de l’état actuel du sujet et non de la gravité des faits qui ont motivé la séquestration. Si l’état actuel n’en fait plus un aliéné, au sens de la loi du 30 juin 1838, la séquestration devient arbitraire.
L’éventualité ou même la quasi-certitude d’une rechute, n’est pas un motif valable à la prolongation indéfinie des « séjours » à l’asile. Doit-on aussi enfermer jusqu’à la fin de leurs jours les délinquants dont on redoute la récidive ? Nous avons vu des casiers judiciaires chargés de 15 ou 20 condamnations : leurs titulaires sont cependant en liberté. Au point de vue de « l’ordre public et la sûreté des personnes » pour reprendre la formule de la loi de 1838, ces individus-là sont beaucoup plus dangereux que bon nombre d’alcooliques qui, sous le titre d’aliénés, peuplent les hôpitaux psychiatriques. L'’omnipotence du médecin sur ces sujets, transforme l'autorité en tyrannie.