MALADES ATTEINTS DE DÉLIRE ACCIDENTEL ET PASSAGER
Il arrive qu’un médecin, appelé au chevet d’un malade, prenne pour un accès de folie, rendant l’internement indispensable, un moment d’excitation nerveuse tout à fait passager et généralement non dangereux.
Des psychiatres nous citent une quantité d’exemples de ce genre ; une agitation extrême avec fugues, peut résulter d’une pneumonie. La guérison en est rapide. Un délire furieux peut être la conséquence d’un érysipèle à la face. Une insolation peut provoquer un état confusionnel avec agitation (1).
Depuis 50 ans, de grands médecins (Régis-Ballet) ont critiqué l’internement de ces malades susceptibles de guérison rapide. Ils ont affirmé l’inutilité de tels placements.
Mais les médecins des asiles ne connaissent que la loi. Du moment où les formalités légales ont été remplies, ils ont une tendance toute naturelle à considérer l’internement comme justifié et à refuser de remettre le malade en liberté. Certains restent trois mois à l’asile pour un malaise qui a duré trois jours.