DANGER DE LA PROLONGATION DES SÉJOURS
Lorsque le malade a été admis dans tel ou tel pavillon, où le médecin a l'intention de lui faire accomplir un certain séjour, le mélange des malades, en dépit d’une certaine sélection, est encore un obstacle redoutable à leur guérison.
Dans une violente campagne qu'il a mené, au milieu du siècle dernier, contre les aliénistes, le docteur Türcx écrivait : « les maisons de santé sont des fabriques d’incurables.. » (1). Il y a, dans cette affirmation, une grande part de vérité. Le régime de l'asile contribue à aggraver la maladie. Cette ambiance défavorable crée une véritable psychose que les médecins anglais désignent depuis longtemps sous le titre d’ « asylum dementia ». Elle affecte les individus qu'on y conserve sans raison. Maintenir à l’asile un individu qui n’en à plus besoin et relèverait plutôt d’un autre mode d’assistance, c'est contribuer « à une plus complète déchéance de la personnalité psychique », écrivait DUBIEF (2).