‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 23 sur 349 · a) MOYEN-AGE ET RENAISSANCE · texte numérisé non relu

a) MOYEN-AGE ET RENAISSANCE

Le régime des aliénés au Moyen-Age reste un chapitre assez obscur de notre histoire. Préjugés et superstitions dominent dans opinion. Dans certains pays, les fous sont l’objet d’une vénération spéciale. En France, bon nombre d’entre eux sont considérés comme possédés du démon et envoyés au bûcher. Il y a eu de véritables épidémies de démonomanie, dans le pays de Vaux, en Artois, épidémies favorisées par un défaut d'hygiène. La Révocation de l’Edit de Nantes provoqua chez les paysans réformés des troubles délirants, extases, convulsions. Des Prêtres accusés de magie furent brûlés sur l’ordre du Parlement. Des Magistrats publièrent des ouvrages dans lesquels ils réclamaient le bûcher pour tous les déments (p. ex. Boguet Juge en Bourgogne). Des chirurgiens (A. Paré) et des juristes (Bodin} partageaient cette opinion (1). Le fou est considéré comme un coupable. Aucune mesure de protection en sa faveur. « On ne sait trop ce que devenaient autrefois les aliénés, écrivait Esquirol. Il est vraisemblable qu’il en périssait un grand nombre. Les plus furieux étaient enfermés dans des cachots, les autres dans les couvents, dans. les donjons, lorsqu'ils n’étaient point brûlés comme sorciers ou comme possédés du démon; les plus tranquilles erraient librement abandonnés à la risée, aux injures ou à la vénération ridicule de leurs concitoyens » (2).

Ce sont les Arabes qui auraient créé les premiers établissements destinés à recueillir les aliénés. En France le premier fut ouvert à Marseille au xvi’ siècle. Ce sont les congrégations religieuses qui s’apitoyèrent enfin sur le sort des aliénés, les recueillirent et les soignèrent. Ce fut d’abord, en Avignon, la Confrérie des Pénitents noirs de la miséricorde. Ensuite, sous l’impulsion des religieux (Saint Vincent de Paul), le pouvoir public s’inquiéta du sort des aliénés. Louis xIvV créa des hôpitaux avec quartiers d’aliénés. Un arrêt du Parlement de Paris de 1660 ordonna que les fous seraient reçus à l’hôtel-Dieu, qui devrait servir de centre de triage. Les incurables seraient ensuite transférés à Bicêtre ou à Charenton (3).

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