‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 233 sur 349 · LE SYSTÈME DES MÉDECINS FONCTIONNAIRES · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME DES MÉDECINS FONCTIONNAIRES

Leur organisation est basée sur une institution désastreuse : celle des médecins fonctionnaires. Il y a 75 ans déjà, CHARMETTON écrivait : « L’expérience semble démontrer que les asiles d’aliénés se sont peu à peu transformés en services administratifs plus ou moins importants. Ils se sont écartés de leur but véritable et ils ont en partie perdu le caractère médical qui doit, avant tout, leur appartenir. Les médecins ont tenu à honneur de passer pour des administrateurs habiles ; sur ce piédestal, ils ont cru voir s’accroître leur importance.

(2) Cf. Lemoine, .« Les dessous d’un internement arbitraire » (Paris 1937, Beaudinière édit.), p. 70 et s.

(GDMKE La mainlevée de l’Interdiction de Mme Laveau-Becker », ouvrage précitée p. 97-98.

; C’est là une tendance et une erreur regrettable ; c’est là une compromission stérile de la dignité médicale » (1).

La mentalité de ces médecins-fonctionnaires, qui cachent derrière les murs de l’asile leur égoïsme et leur routine, avait vivement indigné leur confrère DuBiEr. Pour ce dernier, les médecins d’asiles publics sont loins d’être tous des sommités. « Il y a toute la queue de la profession ; on y compte un certain nombre de braves gens réfugiés dans les asiles et arrivés à l’ancienneté à la direction d’un service, confinés dans leurs provinces, loin du mouvement scientifique dans le souci d’apparaître aux yeux du Sous-Préfet des fonctionnaires impeccables et dignes de la classe supérieure en attendant les palmes académiques ; ayant fort peu appris et tout oublié, délices des salons bourgeois où s’étale plus que de raison leur prétention au savoir et à un rôle supérieur ! » (2).

Et plus loin : « Il ne faut pas faire de nos médecins d’asiles des fonctionnaires, en quête de la bienveillance du Préfet, à l’affut d’une occasion d’avancement, rêvant de palmes académiques à quarante ans et de ruban rouge à la fin d’une existence sans histoire » (3).

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