IMPORTANCE ET INTERETS ACTUELS DE LA QUESTION DES ALIENES
Le problème de l’aliénation mentale prend, de nos jours, sur les plans juridique, médical et sociologique, une importance de plus en plus grande.
Notre siècle est caractérisé par deux fléaux sociaux : le progrès des maladies mentales et celui de la délinquance. Il existe, d’ailleurs, un certain parallélisme entre l’évolution de l’un et celle de l’autre. Ce parallélisme ne semble pas avoir suffisamment attiré l’attention des juristes, pour lesquels aliénation mentale et délinquance sont deux notions nettement différentes, entre lesquelles il existe une véritable cloison étanche. La première notion leur semble de nature médicale ; ils préfèrent décliner leur compétence au profit des psychiatres ; par contre, ils estiment que la délinquance est un problème d’ordre purement juridique et n’admettent que difficilement d’en partager la compétence avec des médecins.
Cette attitude constitue, à notre avis, une erreur profonde. La solution de ces deux problèmes exige la coliaboration des juristes et des médecins, et l’un comme l’autre appellent nécessairement une solution judiciaire. Mais avant d’arriver à cette conclusion, nous examinerons brièvement quelques données positives.