‹ L'ÉCHEC du SYSTÈME 'ADMINISTRATIF' d'INTERNEMENT des ALIÉNÉS: Etude critique de la condition juridique des étrangers et des garanties de la liberté individuelleChapitre 8 sur 349 · VIII - NÉCESSITÉ D'UN EXAMEN OBJECTIF · texte numérisé non relu

VIII - NÉCESSITÉ D'UN EXAMEN OBJECTIF

Ce problème, nous l’examinerons en juriste, ne négligeant cependant ni les situations de fait, ni les difficultés d’ordre technique, thérapeutique et sociologique, mais guidé par les principes généraux constitutionnels et législatifs avec lesquels il faut nécessairement que les solutions proposées s’harmonisent.

Peut-être un examen objectif des faits, un peu plus minutieux que ceux publiés jusqu'ici sur la question, ne sera-t-il pas sans provoquer, dans un certain milieu social, une légère réaction. Quelques individus ne verront sans doute pas d’un œil très favorable la révélation, un peu trop sincère, de certains agissements qui ne sont pas précisément à leur honneur. |

Des personnages tels que fonctionnaires, médecins surtout, estiment probablement que « toute vérité n’est pas bonne à dire ». Nous savons que certains d’entre eux n’ont pas craint d'employer la menace à l’égard de ceux qui seraient éventuellement susceptibles de renseigner les tiers avec trop de précision (1).

Il est en effet très dangereux de trouver sur son chemin des

ont le tort d’être inconscients et non organisés. Jls ne sont pas électeurs ; ils n'ont pas de syndicat pour les défendre. Si l’un d’eux proteste, on dit qu’il délire ; s’il hausse la voix, qu’il s’agite ; s’il tape sur la table, qu’il est devenu furieux » (Euzière : Conscience et psychiatrie d’aujourd’hui » - Médecine de France 1950 n° XII). #

VII - (1) Dans un ouvrage remarquable sur les méthodes thérapeutiques dans les maladies mentales, sur le plan moral et social, le Professeur Baruk écrit : « Celui qui n'est pas en paix avec lui-même ne laissera pas en paix les autres, et nous avons vu le dynamisme terrifiant, qui résulte des consciences troubles » (H. Baruk, professeur de psychiatrie à la Faculté de Médecine de Paris - « Psychiatrie morale, expé-

rimentale et sociale » - Paris 1945 p. 38 - voir également 2° édition 1950).

TRS ZON

CHAR, des

individus qui ont l’audace de dire la vérité. Il est prudent de détruire au plus vite les preuves qu’ils ont accumulées et, au besoin, de faire disparaître ceux mêmes qui désireraient les utiliser. Du temps de Néron, on leur envoyait rapidement un Centurion leur porter l’ordre de s’ouvrir les veines...

Aujourd’hui, on agit légalement : pour se débarrasser de leur présence, on invoque la loi du 30 juin 1838...

Au fond, seule la procédure a changé ; mais aujourd’hui, comme du temps de Néron, la bassesse humaine est toujours la même.

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