‹ L'école d'aujourd'huiChapitre 104 sur 113 · Idem, p. .'JStl · texte numérisé non relu

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tituer la liberté d'examen à des commandements impératifs qui ne s'expliquent pas ; l'école de la morale est une école de liberté; l'enfant formé par la morale laïque sera un être libre ; la liberté ne peut sortir de l'esclavage : il importe que tous ceux qui, au nom de l'Ktat, dans une école, enseignent cette morale aiïranchissable et de liberté, soient eux-mêmes totalement aiïranchis. Il sera surtout indispensable qu'ils soient libérés de la première servitude qui pèse sur un liorarae, lapins douloureuse, la servitude économique; et voilà pourquoi le Congrès vous propose... de demander pour les instituteurs l'augmeiitation du traitement. » Ainsi, l'instituteur est incapable d'enseigner la morale s'il ne gagne pas quelques centaines de francs de plus. Et cette amélioration de son sort, ce n'est pas dans l'intérêt public ou dans un sentiment d'humanité que la Ligue le réclame, c'est au nom de la liberté de conscience !

li. — Jugement de M. Dari.u sur la brochure de M. Moolet

« L'idée de Dieu et l'éducation rationnelle »

{Revue pédar/of/irjue, 1901, 1, p. 402,

Brochure intéressante d'abord par le sujet qu'elle traite, et qui est le plus difficile et le plus important de la pédagogie de l'euseignement public, la place à faire à l'idée de Dieu dans l'école, et aussi par la franchise et la bonne foi de l'auteur, comme par la netteté de ses conclusions. On y voit clairement tous les symptômes du mal dont nous souffrons, qui est l'esprit d'intolérance. .M. Alfred Moulet est athée ; il se plaint que l'école publique enseigne le déisme et par conséquent « supprime le droit de l'athée » et « atteigne la liberté de pensée du mal('Tialiste en la personne de son enfant : voilà son point de départ qui est parfaitement acceptable. Kt voici son point d'arrivée qui l'est beaucoup moins : il demande que l'école publique enseigne « l'absurdité » des croyances religieuses (des catholiques, des protestants, des

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juifs) l'I suppriiiif la liberté (Je pens«if! des catholiques, des protestants et des juifs dans la personne de leur enfant. Ue cet enseignement qui « discutera l'idée de Dieu >- el qu'il veut '< obligatoire», il trace le programme suivant : «Il initiera l'enfant au\ droits et aux devoirs du libre penseur ". Il poursuivra l'ennemi dans son suprômo relranehement, qui est l'idée de Dieu (Tt-nnemi, bien entendu, ce sont les Églises). Il «apurera celle idée de telle sorte " que l'échafaudage des absurdités dogmatiques s'écroule... el que l'homme se substitue à Dieu sa dernière idole ». Au resle cet enseignement n'aura pas à s'embarrasser des « nuances méla- {)hysiques ». Il suffit " qu'elles rentrent dans l'ensemble des Cduccptions qui nient le Dieu des croyants. Pratiquement c'est l'essentiel >-. Huincr la foi chez les enfants dos croyants, voilà, selon M. Alfred Mouiet, l'essentiel.

M. Feidinand Buisson a écrit pour ce petit livre unelcttrepréfaco, dans laquelle il s'exe.use sur le manque de temps de ne pas marquer ses réserves, et il dit toute sa sympathie pour M. Alfred Mouiet, qui est, en elfet, un esprit cultivé et relativement modéré. Que peut-on attendre des autres, de ceux qui ne sonl ni éclairés, ni modérés? L'avenir de notre pauvre jiays resle bien obscur. La liberté de conscience est une belle formule dont chai'un se réclame précisément pour la refuser à ceux qui pensent autrement que lui.

LA GARDE CIVIOOE DE L'ÉCOLE : MANIFESTE ET PROGRAMME DE L'ASSOCIATION DES FAMILLES DD CANTON DE SAINT-RAM- BERT-EN-BUGEY (AIN).

F'ii 1881, dans une grande réunion, i'aiil Bert déûnissait ainsi le programme d'enseignement de l'inslituleur laïque : '< L'amour el le culle de la Pairie tout d'abord... le respei-L de la liberté à tous les degré*; voilà, disait-il, ce que vous aurez l'honneur d'être chargés d'enseigner ».

Les instituteurs venus de tous les coins de la Fiance pour entendre ce discours le recueillirent, le publièrent et prirent l'engagement de se conformer à cette déclaration des devoirs de l'instituteur (rançais.

Ces engagements ont-ils été tenus?

Oui, par un c<rtain noml»re d'instituteurs et nous les en félicilons. Non, pour la mîijorité et c'est ce qui provoque, avec des divisions funestes au stin du corps enseignanl, l'inquiétude croissante de l'opinion publique.

En quoi le plus grand nombre des instituteurs ont-ils violé leurs engagements, en dépit des lois les plus formelles, des décrets les plus explicites, en dépit de la volonté nationale ello-même ?

Ils les ont violés sur deux points essentiels du programme i^ue Paul Hert formulait si éloquemment.

L ''"cole devait élre neutre ; elle ne l'est pas.

L'école devait être patriote ; elle va cesser de l'être.

Nous n'exagérons rien, les faits sont les faits et les pères de famille qui sont trop souvent les derniers à s'en plaindre sont les premiers à en souffrir et à les déplorer. Les faits ont été d'une gravité telle et le scandale tellement public que le niinislère aciuel, renonçant à d'anciennes et coupables complaisances, a dû sévir.

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L ECOLK D ALJOURD HL'I

Il apparlicnl aux pères de raniille de s'associer parloiil à celle œuvre de répression énergrique el sakilaire. Ils en ont le droil el le devoir. Ils ne peuvent tolérer plus longicmps que l'itisliluleur communal substitue à la lettre el à l'esprit des lois ses conceptions bàlaides et ses théories sectaires et qu'il agisse despoliquemenl dans l'école où il n'est, après tout, que le subordonné, le mandataire des pères de famille.

Il leur appartient surtout de prévenir par une surveillance altentivc, par un souci désormais constant de la responsabilité qui leur incombe, les fautes el les erreurs toujours possibles dans l'avenir.

r L'école sera neutre

Pères de famille, vous êtes chrétiens et catholiques; vous voulez que vos enfants le soient aussi bien et autant que vous; vous ne permettrez à personne d'agir sur leur conscience dans un sens coiilraire à vos convictions el à vos sentiments.

C'est pourquoi l'on vous crie : « Attention à l'école! Attention aux h^çons de l'instituteur! »

Kn 1882, lorsqu'on rendit l'école primaire obligatoire, on retrancha du programme renseignement religieux sous prétexte que dans une population appartenant à différenls cultes, ce système était plus conforme à la liberté de conscience.

L'école neutre l'ut créée, mais avec la condition expresse que l'enseignement ne se départirait jamais de la neutralité la plus absolue au point de vue religieux.

Jules Ferry disait à la Chambre : ■■ Lorsqu'on parle de liberté, c'est la liberté des autres non moins que la sienne propre que Ion doit avoir en vue. La liberté que je veux pour mon compte, c'est la libertésans privilèges, ni pour ni contre l'enseignement religieux. »

Devant ces appels à la libeil"'-, devant ces protestations de respect des croyances, les familles acceptèrent la nouvelle organisation.

M pour, ni contre : telle était la devise répétée dans les discours ofiiciels, dans les circidaires des ministres; telle était la potion calmante distribuée à haute dose dans les profes-

sions de foi, pour apaiser les trop justes défiances des catholiques.

Il était drfcndu à l'instituteur de faire la prière en classe, d'enseigner le catéchisme; mais il lui était interdit avec la même rigueur d'attaquer les croyances, de faire des allusions ou des théories blessantes pour la religion des enfants qui lui étaient confiés.

Vous savez ce qu'il advint.

Les catéchismes envolés, les emblèmes religieux disparus, on n'entendit plus le fameux couplet de la liberté de conscience.

Alors, l'instituteur encouragé par la Maçonnerie put se nioquei' itnpunémciit des parents trop crédules qui invo- <|uaient encore la neutralité.

L'école otticiclle, en mal de théologie, accoucha des théories les plus monstrueuses ; le maître d'école déguisé en commis-voyageur de la libre pensée débitait devant les enfants ahuris les thèses les plus étranges sur Dieu, sur l'àme, sur les sanctions de la morale chrétienne.

Pendant ce temps, la grande masse restait indifférente à l'égard de tout ce qui se passait à l'école, et chaque jour à la prière du s<iir la mère de famille constatait avec peine qu'un nouveau méfait avait été commis contre l'àme de son enfant.

Pères et mères de famille, Jusques à quand permeltrezvous ces attentais sans nom contre des êtres sans défiance?

Jusqu'à quand peimettrez-vousqu'onfaiisse et qu'on froisse ainsi la conscien^-e délicate de ceux qui vous sont chers?

Il est démontré que le pouvoir central n'a pas fait observer «nvers vous la neutralité qu'il avait promise.

Il est démontré que la formule ni pour ni contre était, comme tant d'autres inventions, sans garantie du gouvernement.

A vous maintenant de faire votre devoir et de surveiller chaque jour l'enseignement de l'école.

En vous associant, la loi de 1901 vous fournit à cet égard un moyen facile, vous arrêterez celte propagande criminelle, vous mettrez fin à cette usurpation odieuse et tyrannique.

C'est à vous, pères cl mères de famille, soucieux de l'avenir de vos enfants, de surveiller attentivement les lectures,

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les livre?, les cahiers do l'école; c'est à vous de vous informer personnelloiiienl de renseignement donné par le maître ; el si la neutralité n'est pas complète, absolue, c'est à vous encore à prévenir l'Associalion des Familles, dont vous fenz partie, qui, sans peuri Isans faiblesse, comme aussi sans haine et sans esprit de pai li,n'hrsilera pas à user de tous les moyen> pour faire respecter la libfrlé de conscience.

Si vous adhérez à l'Association des familles, elle agiia à votre place el rien ne l'arrêtera lorqu'il faudra sauvegarder les saines traditions el les croyances que vous enseignez chaque jour au foyer domestique.

2° L'École sera patriote

Pères de famille, vous aimez la France et vous voulez que vos enfants apprennent à l'aimer comme vous et qu'ils puissent dire en toute sincérité : « La France est ma pallie; je l'aime comme mon père et ma mère; Je veux être maintenant un enfant Inboriecx et sage [)Oui- être [iltis lard un bon citoyen et un brave soldat. »

Donc, déliez-vous de l'école actuelle ; surveillez les théories des éducateurs de la jeunesse.

Autrefois, les instituteurs étaient simples, modestes, patriotes à la bonne frari(|nette, aimant la Patrie, sans phrases inutiles sur l'ilumanili'.

Aujourd'hui, le niailie d'école repèle volontiers que l'idée de Patrie est un legs des âges baibares; il en est même qui déclarent solennellement la guerre à la guerre el (|ui ne craignent pas de se faire les apAlres de i'internalionalisme et de la désertion.

On trouve les Iraces de ces doctrines dans les journaux, dans les Congrès d'Amicales, dans les Revues de l'Knscignement.

M. I{oc(|uill(in, un insliluleur paliiole, qui a su réunir autour de lui un groui)e important d'i'ilucaleurs, a signalé ce pluiiomène, (jiii ('.«.1 un véiitable péril natitmal, dans un livre fort reMiari|iiable, inlilnli' : I.d Crise <lii l'atriolisinc à

l'Èrolr.

DOCUMENTS iO»

I.e Congrès des jeunesses laïques tenu à Tours au mois de Sepleiiibre dernier, volait un ordie du jour pour réprouver l'idée de Pairie, niotiliant par là que celle besogne antifrançaise avait déjà porté ses fruits.

Itères de famille, vous^les avertis du danger. Prenez garde. C'est votre sécurité, c'tsl celle de vos enfanls, c'est celle du pays tout entier qui se joue en ce moment sur les bancs de l'éeole.

Rappelez-vous 1870. A cette époque, vous avez vu les faux liumanilaires à l'œuvre et vous savez ce qu'ils vous ont coûté.

Alors Jean Macé prêchait la suppression des armées permanentes. Eugène Pelletan, Jules Simon, Jules Kavre faisaient chorus dans les séances du corps législatif et les réunions pul»liquo5.

Quand tout le monde eut assez péroré, quand la vigilance nationale se fut endormie, les Prussiens envahirent la France, bombardèrent Paris, nous prirent deux provinces et nous imposèrent une rançon de cinq milliards.

Français, laisserez-vous préparer une seconde invasion? Laisserez-vous les apôtres de la désec lion, dans le cas d'une guerre que vous n'avez pas voulue, mais que vous serez peutobligés de subir, organiser une défaite qui vous coulerait six milliards sans compter la Champagne et la Bourgogne.

Ilappelez-vous l'expérience du passé.

Si vous laissez chanter à l'école le couplet du désarmement, les fifres allemands viendront bientôt jouer le refrain dans vos rues ou sur vos places publiques. Les instituteurs internationalistes seront l'avaiit-garde des casques à pointe et des uhians.

Croyez-vous que les Allemands aient rangé leurs fusils et leurs canons dans des musées pour les léguer aux générations futures comme de vieux souvenirs d'une époque àjamai* disparue?

Non, chez eux c'est loujours la paix armée et l'enseignement du patriotisme le plus intense.

Comme Arminius, dont la statue colossale coulée avec le bronze français se dresse dans la forêt de Teulobourg, les

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f^uerriers germains ont Tépée tendue cl le regard tourné vers la France.

Devant réglise ou le temple du village allemand est un modeste monument ou sont gravés les noms de ceux quisonl morts pour la Patrie. A l'Dcole, le livre de lecture donne invariablement le récit de la dernière guerre avec les exploits des divisions badoiscs, saxonnes, bavaroises, etc., et l'insti- (ulcur commente, d'une façon glorieuse, chacun des alinéas.

Pères de famille, vous aussi vous voulez qu'on apprenne à vos enfants l'amour de la France.

Donc, guei-rc à l'Internationale scolaire qui nous conduit infailliblement à la défaite et à la servitude.

Ne tolérez pas qu'on débite devant vos enfants des niaiseries humanitaires ou bien des stupidités liisloriques.

Quand même les instituteurs qui ont manijué à leur devoir patriotique se promèneraient dans les rues, enveloppés de drapeaux tricolores, quand même ils recommenceraient la parade des bataillons scolaires, ne vous contentez pas de ces signes extérieurs. Prêtez une attention toute spéciale à la leçon d'histoire, à la dictée et aux livres de l'école.

Surtout associez-vous, puisque le pouvoir central est impuissant après avoir été complice. Là est le remède à celle crise nationale. Vous arriverez ainsi à supprimer toutes les théories malsaines qui pourraient étreémises, dans une maison que vous avez payée, devant des enfants qui sont à vous, par rinsliluteur communal qui est votre délégué, votre mandataire responsable.

L'initiative nécessaire

Depuis longtemps déjà, les pères de famille du canton de Saint-Ramberl se préoccupaient des atteintes portées par quelques iiisliluleurs à la neutralité scolaire et à l'idée de Patrie.

Ils se sont réunis le dimanche 1" octobre 190!», à Saint- Ramberl et ont discuté les moyens par lesquels ils pourraient arrêter cette propagande néfaste (jui va directement contic

le vœu fie l'immense majorité des familles du canton et contre les intrrôts du pays.

La réunion était présidée par M. Mois, industriel à Câline, assisté de MM. le docteur Gros-Claude et Defranc, d'Argis.

M. Bois expose le but de la réunion et propose comme moyen efficace la création d'une Association des Pères do Famille régie par la loi de 1901, sous le nom d'Association des Familles du canton de Saint-Hambert.

L'Association a été déclarée à la Préfecture et inscrite au Journal Officiel. C'est dire qu'elle fonctionne au grand jour, en pleine lumière. Son action sera publique, elle entourera ses enquêtes de toutes les précautions requises, de toutes les garanties nécessaires. Elle ne saisira le Conseil académique et l'opinion que des faits dûment contrôlés et sur l'existence desquels aucun doute ne planera.

Un grand nombre de pères de famille, frappés de l'oppor tunité, de l'incontestable utilité d'une telle fondation, s'y sont associes sans réserve. Il n'en est pas un seul qui ne puisse y adhérer. La cotisation annuelle est très minime; les intérêts qu'elle défendra sont de premier ordre.

La plupart des journaux de la région lyonnaise et une partie de la presse parisienne ont applaudi à l'initiative intelligente et courageuse de l'Association des Familles du canton de Saint-Rambert, qui, si elle se réalise, rendra les plus grands services à la cause de la Liberté et de la l*atrie.

Qu'on ne la considère pas comme une machine de guerre, mais bien comme un instrument de paix. Elle ne veut de mal à personne, elle ne provoquera personne; mais, elle ne tolérera pas qu'un instituteur, quel qu'il soit, à quelque école qu'il appartienne, sorte de son devoir et outrepasse son droit.

Auxiliaire vigilante et forte de la famille, elle agira avec prudence mais avec une inlassable énergie, chaque fois qu'un acte ou qu'un propos, de nature à troubler les consciences, lui seront signalés.

Elle souhaite, au surplus, n'avoir jamais à agir.

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