Pichard- Wissemans, op. c(7.. p
8 I, KfOLE I> AlJOrRI) m I
r«Miseignemi'iil laùjut', pouvaient, si les municipalités le souliaitaient, Lénéficier des subventions (le la caisse des éeoles' ; remplie île bon cœur, c'est de bon coMir (iiTelIe s'ouvrait.
A côté de l'inslitulion de bienfaisance, devait fonctionniM- l'institution de surveillance, cbargée de dresser la liste des enfants qui avaient l âge scolaire, de contrôler leur assiduité, d'atteindre par des pénalités la négligence trop incurable de certains parents. Ce soin revenait à la commission scolaire, composée du maire, de l'inspecteur primaire, d'un ou de plusieurs délégués de l'autorité académique, et de quelques pères de famille dési- ^^nés par le conseil municipal. Jules Ferry s'efTorçait, ainsi, d'intéresser les citoyens de chaque commune à la prospérité du nouveau régime scolaire-'.
C'était le pouvoir cential ijui installait l'école : (•'('lait le préfet qui en désignait le maître; Jules Ferry sentait le besoin, j)our que l'œuvre fût viable, de lui donner, aussi, des attaclies indigènes, des racines locales, de multiplier les liens personnels entre la maison d'école et les gens du village, et d'organiser ainsi dans clia(|ue commune, en faveur de la loi, la comj)licité des mu'urs.
1. Hcurdelcy, op. cit., p. tû-(is (nnèl du Conseil J'KIhI du 20 fc vrinr I8!ll).
2 l'ichard W'issenmns, op. cil., p. 27 et C'J-ll.
LE PÉRIL PRIMAIHE 9
Voilà vin^t-lrois ans qufi l'expérience dure : les nxrurs, en beaucoup «J'endroits, se sont refusées à aider la loi.
« 11 y a encore près de la moitié des communesde France, écrivait en 1889 le ministre de l'Instruction publique, qui ne possèdent môme pas do caisse des écoles » ; et précisément, cette annéelà, on vit l'Ktat se délier de la promesse qu'il avait faite aux communes pauvres, de prêter à leurs caisses des écoles un concours financier^ Alors ces communes se découragèrent ; de 1889 à 1895, plus de 3.000 caisses périclitèrent^'; et bien que le nombre des caisses des écoles, qui était en 1897 de 10.938, s'élevât en 1902 à 17.439 ■, M. Gazes, inspecteur général de l'Instruction publique, s'attriste encore en 1904 sur le malaise de ces institutions'*. Légalement, elles demeurent obligatoires; en fait, dans plus de cinquante localités sur 100, et surtout dans les villages indigents où elles seraient appelées à rendre des services, l'absence de toute caisse des écoles marque une première violation de la loi.