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Revue politique el parlemenlaire, 10 aiars l'JOo

2. Manuel ffénvrul de l'instruction primaire, 4 avril IGO.*^.

3. Statistique de l' Enseignement primaire, VII, 1901-1902, cartes.

4 . Bulletin de la Li'jue de l'Enseignement, octobre-décembre 1904,

p. DoT.

ii L ÉCOLL D ALJULUD IlLl

lorsqu'on se rappelle qu'en F'russe il n'y a que (i illettrés sur 1.000 conscrits; mais les chiffres relatifs à l'ensemble du pays témoignent pourtant, si on les ra|>prociie de ceux de 1877, que le nombre de recrues comjilètement ignorantes est «Ml baisse : il y en avait, en 1S77, 150 sur 1.<X)0; en 1901, la proportion du nombre des illettrés au total des conscrits n'est plus que de 45 pour 1 .000'. On a décerné, en iS77, 36.8il certificats d'études primaires; en l'.)02, on en a décerné 206.930-. iNous empruntons ces données aux statistiques quinquennales de l Eme'ujnoiirnt primaire, dont M. Levasseur préside la conieclion : la mélliode en est bonne; elles sont d'une impartialité qui fait foi. Mais les cliilTres sont des étiquettes; par derrière, il faut saisir la réalité, il faut étudier la vie. M. l'inspecteur géné'ral Ca/.es, pour la lecture de ces statistiques, s'est éclaire des rapports des inspecteurs d'académie et d'un certain nombre

\. Sliilisliijiie <le l'E/isei;/ne))ienl pri, nuire. Vil. 1901-1902, [t. cxcv.

2. Slalisliffiifi (le il'.nne'Kjnenwnl primaire, \'II, 1901-1902, l>. f.xcv. Il est souhaitîihle qu'à bref délai quelque péilag<)f;np à\ |ii(ife.ssioii puifise (Joiiinr une élude comparée sur lexauien du irrlilical d'études en 181" et l'examen du rerlifieal d'études i-n 1906, et sur la façon dilTérente, à l'une et l'autre époques, d appri-cier les fautes des eomposilions : les stalisti(|ues qui inonlrent la mulliplicatiou des diplômes doivent ("-Ire coMq)!élées, p'-ut-èlrc. p.ir la constalalion i|f l'indiil^'enee croi-ssanle des jurys : et reM;,'oiiement de nos revues peda^'u^'iques et de beauiouj) dr. ii(»s instiliitcurs pour la réforme ortliogra[)liique radiiale préeoniséc par M. Baré» leur est une raison to.ilc naturelle d'excuser «lie/, les élèves les défaillauecs orlho^rapliiques les plus grossières.

LE PKKIL PRIMAlKi: IS^

d'autres docuimenls, moins mallicmaliqucs, plus concrels, plus humains, si nous osons dire ; et dans un article intitulé : Iai loi du 2S mars 1882 e/ la fré(fiinitation scolaire, il a conclu très franchement — c'était en l'année 190 i : — « Voilà plus de vingt ans que fonctionne la loi, et nous sommes, hélas! forcés de constater qu'elle n'a pas donné ce qu'on attendait d'elle et que la pari laissée à l'ignorance reste toujours trop considérahle'. »

M. Gazes, année par année, épluche les informations officielles : il constate que de 1882 à 1887 la poussée vers les écoles fut constante ; l'écart entre le chiffre des enfants recensés et le chiffre des enfants inscrits dans les divers établissements d'instruction allait sans cesse diminuant. f*uis, à partir de 1S87, cet écart alla do nouveau croissant-. Le nombre des petits Français auxquels le chemin de l'école demeura complètement inconnu suivit une courbe ascendante; et

1. C.izes, .-l/i/juatre de l'Eiiseiyneinent primaire, i%i, p. 419.

2. Il est d'ailleurs très malaisé de déterminer d'une façon absolument précise l'érart entre les inscrits et les recensés : car un certain nombre denfants sont, au cours dune même année, inscrits dans des écides différentes. Cest ainsi qu'en 1887. le nombre des enfants d'àfje scolaire était de 4.729.i)ii, et le nombre des inscriptions d'enfants sur les registres scolaires s'élevait à 4.'î52.0t)8 : le même enfant figurant parfois sur divers registres, le chilfre des inscrits paraissait supérieur à celui des recensés I r.il exemple témoigne combien les observations et les e.xpériences des autorités académiques ou militaires sont, en définitive, plus utiles que les statistiques pour l'étude de cet ordre di^ (piestiuus.

10 L ÉCOLE D ALJOLRD IIL'I

<lans lii p' riodn quinquonnale do 1897 à 190,i, celte courbe inqiii«Haiile continua de s'élever. Ainsi vont se multipliant les infractions à la loi'.

Par ailleurs, nombreux sont les ticoliers de mauvaise volonté, (|ui ligiirent ot'Jiciellemenl sur les listes, mais dès rà<;e de onze ans disparaissent de lécole, et qui, dans la durée même de leurs brèves années détudes, désertent complètement la classe pendant plusieurs mois. Si la terre, si le bétail, si le ménap:e n'ont pas besoin d'eux, ils vont à l'école; elle est pour eux un pis aller. « La scolarité réelle, lit-on dans une circulaire ministérielle de 1895, commence plus tard et Huit j)lus lût que la scolarité lég-ale. L'enfant gaspille en fait un cinquième, un (piarl et parfois un tiers du temps (juil doit <i l'école et que l'éc'ole lui doit '. » La dernière Statistique de r Enspi/jnemi-nt iirinmirc, (jui est de 1902, donne des renseignements très précis sur la présence effective des enfants dans les écoles publiques de France aux dates du 2 décembre et du ?) juin, choisies pour une sorte de revue d'appel, La meilleure assiduité scolaire se rencontre d;ins le département de la Mayenne, où le 2 décembre 1902, sur 1(M3 écoliers inscrits, Ki seulement étaient absents. La proportion des absents, plus élevc'c partout ailleurs, atteignait, ù la date du 2 juin, dans certaines régions, un taux

1 . Cazes, Aiiininire de /'Knsrif/nrntrnl jiriiniiire, l!l(>4. p. 419-420.

2. Gazes, Annunire de l'Knsri;/neiiieitl jiriinairr, lilOl, p. 421.

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vcrital)lemenl accahluiit: ce jour-là, sur 100 écoliers inscrits, il y en avait 45 dans les Hautes-Alpes, 48 dans la Haute-Loire, 49 dans la Loz(>re, qui n«^ connaissaient d'autre école que l'école buissonnière'. Aussi la tristesse de M. l'inspecteur général Gazes était-elle singulièrement légitime lors- (pTen i90i il se permettait d'écrire:

<( I^a situation est aujourd'hui à peu près ce qu'elle était avant l'application de la loi de 1882: une moyenne de 5 pour 100 d'enfants dans les campagnes, de 10 pour 100 dans les centres populeux, ne fréquentant aucune école; et, chose plus grave, les 95 centièmes fréquentant d'une manière tout à fait insuffisante 2. »

Car, en dernière analyse, avant de se prévaloir avec un coniiant orgueil du nombre actuel des conscrits réputés lettrés, il conviendrait de se demander si parmi les conscrits sachant tant bien que mal lire et écrire et qui semblent dès lors, dans les colonnes des statistiques, rendre hommage à l'efficacité de nos institutions scolaires, il ne se trouve point beaucoup d'ignorants, dignes à tous égards d'être courtoisement qualifiés d'illettrés. On fit un curieux essai, il y a quatre ans, sur il conscrits provenant des diverses régions du 5* corps d'armée, et considérés comme « lettrés » ; plus de la moitié d'entre eux ne pouvaient rien dire

1. statistique derEnseignement primaire, VII, 1901-1902, p. cxii.

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