Revue pédar/ogique, 1885, I, p
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j)li;ii('nl Ips manuolsdu petit citoyen, les livres du petit iMuiiçais, les cours d enseignement civiiine. Ouelques-uns d'entre eux, signés de Paul Berl,de Jules Steeg,do M. Gabriel Compayr»', furent l'objet des sévérités de l'Eglise; et la I{<''jml)li(iue affirniii sa « laïcité » en les j)ropageanl dans les écoles. D'autres, moins agressifs et moins exposés, dès lors, aux censures spirituelles, circulèrent indemnes. Si varié qu'en fût l'esprit, et (juelles (jiu' fussent leurs divergences d'attitude à l'entlroit des idées confessionnelles, une analogie profonde rapprochait entre eux tous ces petits livrcvs : ils étaient tous, sans nulle exception, de fervents bréviaires de i)alriotisme. On y proposait la France au culte, au dévouement, presque à la prière. Sentant que la foi en la patrie, comme toutes les autres, avait eu des adversaires et qu'avec le temj)s elle en retrouverait. .M. Gabriel Compayré allait jusqu'à joindre à son catéchisme un essai ilapologé'tique; un de ses chajtitres sintiliilait expressi-meiit : l\>''/ Il 1(1 lion (lu (■osniop(j/ilis//n'.
Le cosmopolitisme, c'était la vieille ht'résie, celle de 1865 et des années suivantes : lisez plutôt, à cet égard, le troisième volume des So/n-c/ilrs qiu' vient de publier M"" Juliette Adam, et dansle(|uel elle fait elforl pour nous dessiner, autant (jue des nuages se prêtent à la fixité du dessin, les conceptions iitopiques de celfr antique génération. <( Soj)hismes! sophismes! - articulait vaillamment
M. Gabriel Compayré ' ; et contre ces sophismcs il insurgeait, tour à tour, le cœur et la réilexion de l'enfant. Son réquisitoire, terriblement net, aboutissait à cette conclusion : « Le cosmopolitisme a ce premier défaut qu'il ne nous impose aucun devoir positif, puisqu'il s'agit d'hommes qui sont loin de nous et pour lesquels nous ne pouvons rien; il a encore ce défaut plus grave, qu'il nous dégage de toute obligation envers la patrie. » Ou ne saurait mieux dire aujourd'hui même. M. Emile Houtroux, un an durant, empila sur sa table ces innombrables manuelsciviquesque les programmes faisaitMit subitement éclore ; puis, dans la liecue prdnrjiKiitiiic^ il s'elfon^a de porter un jugement d'ensemble sur cette juvénile floraison. < Il y a, concluait-il, un trait fort important, qui partout se retrouve, plus ou moins directement marqué : c'est la condamnation du cosmopolitisme et de la fraternité des peuples. Cette doctrine dissolvante, où plusieurs esprits généreux inclinaient avant la guerre, est aujourdhui repoussée de tous-. »
A l'avenant des livres de classe, les livres de prix offraient aux jeunos lauréats d'attrayantes histoires d'héroïsme ; ils parlaient de la « plus grande France » de la veille, — l'Alsace, — et de la « plus grande France » du lendemain, — les co-
1. Gabriel Compayrc, 7:7t'/(iP«/s d'éducation civique et morulf, p. .••i"J-t)0 Paris, Garcet. 18s0;.