Revue péitogoffique, 1884, II, p
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à lécok' primaire, sij^nifiait rinspeilfiir l*i/.ard. sera toujours les év^Miements militaires et Tactioii gouveruemonlitlo. |)arce que cette partie de l'Iiislitiro est la jilus facile et la plus intéressante pour 1rs enfants; parce qu'aussi elle est la plus utile, puis(ju"elle prépare dans l'enfant d'aujourd'hui le si^ldat de (ieinain cl forlific dans les jeunes cœurs le senlinienl national '. » Sous l'inijiulsion d'un pareil souci, renseignement de l'iiistoire pouvait s'élever au-dessus des questions qui divisent, audessus des chicanes de parti, ainsi que l'indiquait ou excellents termes, dans le Ma/n/r/ de l' Instnir- /tn/i /)i'lt//airr, l'inspecteur général \apereau. " Il y a, disait-il, l'histoire monarchifjue et aristocratique, et I liistoii'e répuhlicaiiic, (lémocrali(|Uc ou même déniaj;ogi(|ue ; il y a l'histoire religieuse ou cléricale, et l'histoire philosophique, lihérale ou même lihre penseuse. Pourquoi n'y aurait-il pas l'histoire patrioti(|iic. faisant aitner la l'rance dans le passé comme dans le i)réseFit. simplement en la faisant bien connaître '? » La connaissance du |»assé de la France ne devait pas
1. Heviip jithlafioiiiijiie. IS'.)I, I. p. Jtiri. — M. l'i/.anl ciTiv.iil iMioru : « Le priiu;i[)Jil liienfail de rensoij^'ni'iiienl sérail loiiiproiiii>. si rinsliluteur mf,'ligeait (réveiller et de forlifier en ses ilcves le sens inonil et le sciitiiiicnt patri(>li(|ue. •> ' lienie pi''it(i;/o
■iK/KP. ik;»o. II. p. r.;{3.)
2. Mtiniirl ;/énéi(il, IK'.tn, p. it»!». — Cf. l'opinion de .M. Lc- 'Doiinier. professeur ii In Sorbonnc, dans les Mimni/rtip/ties pédii- ;;i)iiiiiur\. W, p. 2;H : <- Lenseijfneiiienl de Thistoire sera considéré comme un instrument précieux pour dévelo|iper chez les • firml* le sentiment du pilriolisme. » — Cf. Lavisse, lU'viie //c-
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armer l«'s uns contre les autres les enfants de la même patrie, mais, tout au contraire, les unir et les resserrer; en même temps qu'une école d'esprit militaire, l'histoire devait ôtre une école d'union civique.
Promenades militaires et manuels primaires, gymnasti({ue et lectures, récitations et tableaux muraux, livres de prix et livres de chant : tout cela, sous l'action de l'instituteur, convergeait, s'unissait et s'harmonisait, en une discipline bien complexe et bien précise, qui était une sorte d'introduction à l'amour de la France. Mais pourquoi le peuple entier n'aurait-il pas bénéficié de cette discipline? On s'éprenait, dans le monde scolaire, <le l'idée de certaines fêtes civiques, destinées aux grands comme aux petits. On se souvenait des fêtes révolutionnaires, et l'on songeait à les calquer; on empruntait au positivisme l'auguste fantaisie du culte des grands hommes, mais ceux qu'on saluait comme les premiers d'entre les grands hommes, c'étaient les confesseurs et les martyrs de l'idée de patrie, et Jeanne d'Arc, dont aucun Français n'osait alors discuter la gloire, était désignée comme devant être le premier objet
iliKjorjique, I880. Il, p. V.',: « Si lécolier neraporte pas avec lui le vivant souvenir de nos crioires nationales, s'il ne sait pas que ses ancêtres ont combattu sur mille champs de bataille pour de nobles causes, l'instituteur aura perdu son temps. > — Cf. enfin, l'article de M. .Mbané, inspecteur d'.Vcadéniie à Carcassonne, dans V Annuaive de l'Enseiqnernent printaire, 1893, p. 390 et suiv.
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«le celle iiorlf d' « héroisalion » milionale. Un vil in^mc le curieux épisode «l'un essai «Je laïcisuiKm (Je la figure «le Jeanne d'Arc : un comiU* rt'jMi- Micain pour la f«ile civique de liii-roïne se cr(''ail à Uouen ; un congrès universel des libres penseurs acclamait le projet, à la suite d'un rapport (le M. Isinacl Duplessis; au nom des positivistes, le doch'ur Kol»inet faisait appel aux souscrij)leurs ; cl M. Joseph Fabre, dt'pult' rt^'juiblicain de rAveyron, suppliait que la f<He de Ji-anne d'Arc devint la Côte annuelle d;i patriotisme. La mauvais»; liuineur de Jean Macé et l'hostilitt^ formelle de> loges ma«'onniques enlevèrent à Jeanne «l'Arc ce surcroit «le gloire, dont au reste elle n'avait nul besoin. Mais, «juclques années durant, la Il'-jiul»li«jue Fran«;aise, émule de la cité anli«jue, avait tenté d'inaugurer une fa«;on de culte des héros nationaux; et la singularité môme de ces improvisations, dont parfois on ne dissimulaitpasla portée anticonfessionnclle, mar<juail du moins un certain besoin d'aliiclu'r ofliciellement, au regard «les Fran- «ais et de l'étranger, le culte «lesgloires françaises. J'ose croire «[iie bcauciuip «rinsliluleurs auraient aimé ces exhibitions : le rôle d'acolytes, el même de pontif«,'s, qu'ils auraient pu y jouer, aurait fail à ces braves iions un naïf plaisir '.
1. Sur fc iiiDiiviMiii'iit rn f.ivpiir de Ji-aiinc «1 Are. on troiivti'i liiub les Ifxlcs (lins Lam-ry «l'Arf, /.»■ livif il'or de Jeanne il' An l'iiris, isîUj. — Voir «i-dessoiis, aux Doiitmnils. p. 282-'J0j.
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H leur restait, du moins, pour dépenser la noble jil''nilude de leur zèle, les lectures du soir, faites en présence des habitants de la commune. M. Buisson commanda une enquête sur le genre de livres qu'aimaient les populations : partout, ce furent des lectures patriotiques qu'on désira'. Nombreux étaient les instituteurs qui empruntaient à M. Mézières, à Francisque Sarcey, à M. Paul Déroulède, des souvenirs de la guerre ou du siège ; et ces réunions du soir ressemblaient parfois à je ne sais quelle veillée des armes, dans laquelle la voix d'un maître d'école symbolisait celle même de la patrie.
La jeune école primaire entourait et soutenait la P'rance endolorie, comme des âmes bien nées entourent et soutiennent un deuil ; elle avait pour la France des raffinements d'hommage, des délicatesses de dévouement, parfois même des enfantillages d'amour ; elle était nationale avec jalousie, patriote avec fièvre ; et le péril d'être réputée chauvine n'avait rien qui l'alarmât '. Elle profes-