‹ L'école d'aujourd'huiChapitre 40 sur 113 · Hevue pd(laijof/i(/iir. ISS.. I. j) li.s · texte numérisé non relu

Hevue pd(laijof/i(/iir. ISS.. I. j) li.s

LI'XOr.E ET LA PATRIE 87

on gôiKTiil, (J'inscriro nettomfnt l'instruction civiquo parmi les matières obligatoires du programme, les nations étrangères conçoivent l'enseignement tout entier, à ses divers stades et dans ses divers objets, comme une sorte d'univrc sculpturale destinée à modeler dans l'àme de l'enfant cet esprit qui sait, aux heures graves, dompter et l'aire taire l'amour même de la vie.

(( 0 ma patrie! je le jure un amour fidèle jusqu'au tombeau : je te dois tout : ce que j'ai, ce que je suis » : voilà l'un des premiers exercices de cbanl (ju'exécutent, dansles « jardins d'enfants ■>, garrons et lillcttesdc l'Allemagne. Trois ou quatre fois par semaine, à l'école primaire, une classe est consacrée à la patrie ' : on y donne à l'écolier des idf'es plutôt ([ue des connaissances, des impressions plulùt ((ue des idées, et des images, enfin, plutôt encore que des impressions : ce n'est ni une classe d'histoire ni une classe de géographie ; et pourtant c'est tout cela avec quelque chose de plus. Pour désigner cet enseignement, l'Allemagne possède un mot spécial : Heinmlkundi'^ que volontiers nous haduirions a message de la terre natale^". La

1. Voir M"° Sircicher, l'Educnlion de la fille du peuple en Alleinai/ne [Annuaire de l'Ensei(]nenient primaire, 18!)4, p. 482 et suiv.).

■2. Au sujet de cet enseignement de la <v grande patrie » par la ^< pairie étroite », il faut lire d'excellentes remaniues, anciennes déjà niais toujours vraies, de M. Michel Bréal, Quelques tnots .sur l'insfruclion publique en France, p. 101 et suiv. (Paris, Ha- <-hefte, 1813) : « En Allemagne, dit-il. l'enseignement parle

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t('ri(> îillcniamlc prend un langage jiour le liainhin «loulre-Hliin ; des profondeurs de l'iiisloire allemande, dilluslres nioiis. aussi, soitenl j)oiir lui jiarler; il a pour premiers maîtres le sol el le passé; ce sont des voix sourdes, confuses et murmurantes: mais rinslituteur est là, pour monlrerla grandeur des Ilohcn/ollern comme l'expression de ce sol. eommele eouroniiemenl de ce passé, et pour dégager le sens de l'auguste frémissement de la terre et des morts. <( Salut à toi, empereur! » Dans ce! hymne triomphal, enseigné par l'insliluleur. se satisfait et s'apaise celte sorte d'essoufllemeni patriotique auquel ahoutit la formation des petits Allemands.

Victor Cherhuliez, en 1801, appréciait le singulier programme d'enseignement historique que traçait pour les écoles d'oiitre-Rhin le puhliciste llermann Griniiii '.et le caractèreà moitié mythique ([lie devaient pnHer aux récents événements de riiistoire alh'niaiide les livres seolaii'es tels qu'Ilermann (liinnn les rêvait '. Pour applirpier ce

liabord ;i l'i'colicr tio sa ville mi de m>ii villaf,'e. Mais il ne fan (irait pas croire (|uuiie tiaililion non inlerrornpue eùl iiiaiiileiui letle histoire lurale vivante dans la conscience iio|)ulaire. Hean ronp de souvenirs iin'aiijonrd'liui un enfant roufjirait d'ijiiiorer et que (les monuments de toute sorte rappellent à lattentitui de tous, ont été ensevelis dans l'oubli pendant des siècles. L'érudi lion les a ramenés au jour: puis l'onseiffuenienf. s'en emparant, les imprime dans l'esprit des jeunes «iénérations et les reslihie ainsi à la conscience nationale. »

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