Bocquillon, op. cil., p. 4.t
;{. Bulletin des anciens élèves de l'école normale de la Seine^ mars 1904, p. lia. — « Reste à savoir, demande, au sujet de cette formide, M. Souriau, professeur à l'université de Caen, si cela empêcherait certaines parties du monde, ancien ou nouveau, de déclarer la guerre A la France. Déclarer la paix au monde, c'est superbe! mais qui donc a le droit de déclarer la paix ! Est-ce le vaincu, ou le vainqueur '.' Puisque la victoire seule peut etl'acer la défaite, nous sommes toujours les vaincus de "ÎO : ne l'oublions pas, car l'oubli n'est qu'une aggravation de la défaite. L'Allemagne s'est souvenue pendant soixante-quatre ans qu'elle était la vaincue dléna. Nous n'avons pas encore le droit, nous, d'oublier Sedan. » (Souriau, La crise du patriotisme, p. ."^-4. Caen, Lanier, 1905.)
4. Comparer, au delà du Rhin, l'opinion d'un pédagogue» M. \V. Munch, citée dans Da Costa, Hevue bleue, 1903, 11, p. 133 : « Le professeur de français ne sera pas, comme on l'a souvent
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Los ri'cils (lu |);isst' l('inoi}i;nai(Mil nai;iiôr(' fu l'avciir (lu courago de noire jXMiple; ils lomoi^iie- ](»nt désormais conlre notre brulalilô. Des groupes pacifistes metleni à la disposition de nos instituteurs des |)r(>jeclions repi<'S(>ntaut les horreurs de la !j;ucrre : dans les cours d'adultes, dans les conférences du soii\ ces images s'étaleront. Avec l'aide d'une laulcru(» (declrique, on mettra les
« brutes armées -> au pilori les brutes de
France 1 Carne croyez pas que nos cliarilal)le> pacifistes se j)ermctlent de dill'amer les mercenaires allemands de la guerre de Trente Ans, ou même, [)eul-èlre, d'autres armées venues plus récemment d'oulre-Rbin. Le Dieu de la paix les en préserve! Ce serait provoquer dans les c(eurs français la liaine de l'étranger, ils feront donc fal)ri(juerdcs projections qui no sont insolentes (jue |)our nous-mêmes, représentant, par exemple, l'incursion des armées de Louis \IV dans le l'alatinat' : voulant faire délester la guerre el fair(! aitner les aulr(;s peuples, c'est contre le soldai français de jadis que l'orateur pacilisle,
('X|)riiné drins un ;,'ciiêrciix lI.iii iroptiniisnic, un a^'ont i\c rapproclit'iiicnl. (le paix et d'aiiiitit; entre les deux poiiidis : son iidc niodcsle, non plus (]uc celui de ses autres collcfjucs, n'a pas une aussi haute ijortée. »
1. La Pair par h: Ihoil. 1903, p. lii; l'JOo. p. !t:t. !)'» et \X\ Mans le « pn-inicr sup|)lérnenl au catalof^ue des vues de la Pro. paf^amlc pai-illipie par les projcrlions lumineuses», on lit : « La j,'uciie : point di- vue pliilosopliique et moral; 8 gravures rcpr<^'scnlanl les cniantcs rxences |)ar les trctuiies de Louis XIV dans la Flandre et le llainaul, Homijn de lloo^rhe ',I67:>) ».
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tians les cours d'adultes, s'essaie à soulever les âmes sensibles des citoyens fran(;ais d'aujourd'hui.
Naguère les livres de prix, les images murales, les l)ons points, exaltaient au regard des petits Fran(:ais ceux de leurs ancêtres (jui avaient su t)i(;n mourir : ce sont là désormais des illustralions suspectes, presque coupables, parées que (« militaristes )>. Dès novembre 1903, M. Charles Dupuy s'émeut, il pousse un cri d'alarme ' ; mais son autorité d'ancien ministre de l'Instruction publique ne prévaut pas contre les séductions du pacifisme ; et la presse pédagogique passe outre aux anxiétés de M. Charles Dupuy. Un petit livre intitulé : Pour la paix, dirigé contre la gloire des armes, et très chaudement prôné par nos pacifistes les j)ius émincnts, devient le type des livres de lecture auxquels les journaux pédagogiques accordent leur faveur-. « J'invite les maîtres, écrit ofliciellement M. Jules Payol comme inspecteur d'Académie de la Marne, à taire disparaître des murs de l'école les gravures représentant des scènes de violence'^. » On décrochera donc, apparemment, dans les classes de la Champagne, les cuirassiers
1. Charles Dupuy, Bévue politique et parlementaire, 10 novoiubre 1903, p. 21!)-22û. Voir ci-dessous, aux Docurnents, p. 296.
2. Odette Laguerie et Madeleine Carlier, Pour la paix, lectures historiques, avec préface de Frédéric Passy, Paris, Librairie générale de l'enseignement.