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Cours de tyiorale, p. IStJ

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naîtrons-nous encore, dans celle France pacifiste, ces susceptibilités de l'Iionueur national, qui, seules, font respecter les Etats? Je crains fort -(ju'il n y ail plus de place pour l'idée d'honneur national dans celle théorie d'une France indillérente aux ambitions et aux convoitises des grandes puissances et soucieuse exclusivement, à l'abri des limites imposées à Francfort, de garder et de répandre certaines notions juridiques el poliliijnes avec lesquelles serait à jamais confondu lidéal patriotique de Tàge nouveau.

A l'école de M. Payot, l'égoïsme individuel s'insurge contre la guerre; à l'école de M. Gustave Hervé, (jni fut jusqu'à ces derniers mois directeur de la Hrcue de C En^ritjnnnonl jn-i/tidirf.'^, c'est contre le service militaire el contre la patrie même (jue l'égoïsme individuel est appelé à s'insurger. La patrie est une mégère, une niariUre : elle donin* tout à certains de ses enfants, aux riches; elle refuse tout à la majorité, aux j)auvres; elle est une oiganisatricc d'ini(iuilé; et puis elle demande à

1. M. (iiislîivc llervi-, linnt le jury 'If l'i Seine, en ilicniiluc laO.i, a condamné les prédications iintiinililaristes, avait été au «léliiil de juin, reuiplucé par M. Jaurès dans la direction de la. Ufiue (le l'Ensriijnenieiil /niiiKiiir.

f'A'llG masse d'enfants, qu'elle maltraite et disgra- <ie, «le se ciévouei'pour elle et de mourir pour elle : auront-ils la naïvet»' d'accepter? La patrie est une •«exploitation organisée; verseront-ils leur sang^ afin ^ic prolonger l'exploitation qui les opprime? Délendront-ils les institutions dont ils sont les victimes? Le travailleur qui se comporte en bon soldat fait un mélier de dupe : servir la cause de la patrie, c'est abandonner la cause de sa propre •classe : acculé par M. Hervé, le travailleur doit opter entre deux désertions ; et s'il se refuse à trahir la patrie, ce sont ses frères ouvriers qu'il trahira. La seule guerre intéressante, la seule valant, si l'on peut ainsi dire, la peine d'être guerroyée, est celle que l'on verra s'engager, au grand soir, entre prolétaires et possédants*. De là, les bruyantes provocations du Pionpiou de l'Yonne contre Tinslitution militaire-; de là, les prédications tendant à la grève des réservistes; de là, les gestes fous, qui jettent au fumier le drapeau de la France'^: l'intérêt socialiste révolutionnaire, qui

1. Si Ion veuf posséder, dans leur ensemble, les théories de M. Gustave Hervé, il faut lire son livre : Leur patrie. (Paris, librairie de propagande socialiste. 1905.)

2. Voir en particulier l'article intitulé : Aux conscrits, et signé : Un sans pcilrip, reproduit dans les Cahiers de la Quinzaine, ^piinzièine cahier de la deuxième série, p. 68-71 ; — et d'autres citations dans Bocquillon, op. cit., p. 20, n. 1.

3. « Tant qu'il y aura des casernes, pour l'édification et la moralisai ion des soldats de notre démocratie, pour déshonorer à. leurs yeux le militarisme et les guerres de conquête, je voudrais qu'on rassemblât dans la princii)ale cour du quartier toutes les

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osl une r»''alilé, yjiiinc rinliMvl iiiilioiuil, (|ui csl une liclion; et les socialistes fiançais doivent, en cas do guerre, prendre rinitiative d'abandonner les drapeaux, parce qu'ils sont les plus avancf^s politiquement, parce qu'ils sont les plus libres.

Ce sont là sommations assez graves; et l'on comprend que le parti socialiste français fasse rébellion contre cet excès de logique. Si M. Hebel a raison lorsqu'il affirme que, «< dans un peuple opprimé, les oppositions de classes, les luttes de classes, ont une expression atténuée », n'est-il pas de l'intérêt même des classes éprises de révolution, denipêcber (pie la France tombe sous un jou^ étranger? Si Ion peut espérer que la France, apôtre née du progrès bumain, devienne une messagère du socialisme, u'est-il pas de l'intérêt même d(! cette doctrine, d'empêcliei', avec I(î concours des bras socialistes, que les assauts du militarisme étranger fassent péricliter la personnalité de la l'rauce?

Dans une page élocjuenle à bKjuelle les événements d'Ilxlrême-Orient ajoutt'ul aujourd'liui jr ne sais (jui)i di' frissonnant, M. Georges Henard • 'inelliiil un jour la supposition iliin n'-veil dr la

ordures fl loiit le fiimicrde la «asernc et <|no suleniicllemoiil, en j)résencc <lo toutes les troupes en tenue n* 1, au son de la musique niilitairc, le colonel, en ^rand plumet, vint y planter le drapeau ilu régiment. » (Le Smiulisl»;, 21 juillet l'.tUl, reproduit dans la lU-vue de IJCnseiguemenl primaire, 6 décembre l'Jo;i, p. lit;- 118.)

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race jaune ou (l'un réveil de la race noire : « Je me figure qu'alors, ajoutait-il, les adversaires les plus acharnés de l'idée de patrie comprendraient et avoueraient combien il est encore nécessaire, pour la cause même de la justice sociale, de conserver à l'abri des invasions un coin de terre où peuvent se développer à l'aise les rêves et les essais de société meilleure qui sont l'honneur et la tâche sacrée de l'Occident'. » Mais M. Hervé passe outre à ces sages réiïexions : il se pique d'avoir avec lui, contre la Fvdnc(} Ad Con/'éf/ririfio/) r/ènéralet/u travail et tjuattjrze mille instituteurs.

Ils sont quatorze mille, en effet, qui reçoivent la Hernie de r Enseignement primaire ; ces abonnés sont des propagateurs; et M. Hervé se réjouissait naguère qu'à la suite du bruit fait autour de son nom il eût reçu de quatre mille écoles primaires nouvelles des mots d'encouragement et des demandes d'abonnement.

A côté de lui, ï Avenir scolaire, portant orgueilleusement en exergue la phrase de Zola : « Demain la France vaudra ce que vaudront les primaires '), ouvre une autre tribune aux instituteurs parisiens que ces ardentes nouveautés ont conquis. Dans un article : Pourrpioi avons-nous une patrie? ce journal persillé « l'étrange gloire d'être tondus par ceux qui possèdent les biens de la patrie, el

1. Georges Renard, Le iryime iociallsle, p. 69-70 (Paris, Alcan, 1898).

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qui so moqiiont dos toniliis » ; il sort d'organe à la Ligue internat innalo des instituteurs socialistes, fondée pour « inculquer aux entants les principes de solidarité socialiste et universelle et leur iuspini . à fout jamais, l'horreur profonde de la guerre • . il possède des poètes, enfin, (jui versifient en unt^ heure de loisir :

Los opcfavos en nombre Ont muselé la guculedii canon ',

cl (jui, l'instant d'après, aux frais de la nalion IVan- (jaise, ('lèvent de pelits Frani^ais.

Les disciples de celle propagande sont disséminés un peu partout. Si vous entendez dire que des élèves dérole normale refusent de commémorer les morts de 1870', ou que des instituteurs de In région de Sedjin déclarent qu'ils aimeraient autant être Anglais ou Prussiens que Français^, ne cherclu'/ point ailleurs leur filiation : leur père inlellecluel est M. Ciuslavc Hervé, ("/est un de ses élèves, aussi, ce nn'inhi-e df renseignement primaire de la ville de Paris, qui soutient en pleine Bourse du Travail que la France aurait dn rendre sans comhat l'.Msace-I.orraine '. lA ce! autre inslifnfenr. dont se plaint au journal A*

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