Avenir smlaire. Itl sepleiiibre-lH oclobrc iMiii
2. n<ir<{iiillMn. iip. cil., p. 44, '.\. H<>cr|(iillrin. «/). ci7.. p. 311.
». Hooquilion. <>/). cit.. p. 11").
l'école et lv patrie 1 Vî
Hapjtr/ un officier républicain, et qui prétend que le patriotisme n'est pas compatiLle avec la Hépublique', doit être un fidèle de la lif-nte de l'Iuis/'lfinetiieiit jnimairp, à moins qu'il n'ait puisé celle idt''o dans les A/i/tnlrs de la Jfifnesse laïque en y lisant M. Alfred Xaquet^. Soyons indulgents aux é|?arements de ces pauvres jeunes gens : où donc auraient-ils trouvé l'antidote? La responsabilité du succès de M. Hervé pèse lourdement sur les directeurs de nos revues pédagogiques, qui jusqu'à l'été dernier afTectèrent d'ignorer ces étranges nouveautés, de crainte d'avoir à les combattre. Le 13 décembre 1901, dans un discours dont la Chambre vota l'affichage, M. Georges Loygues déclarait : « C'en serait fait, non pas de l'L niversité seulement, mais de la France ellemême, si le drapeau pouvait être outragé, si l'idée supérieure de la patrie, du dévouement et des sacrifices qu'aux heures de péril chacun doit être prêt à lui consentir, pouvait être reniée et
1. Rnppel du 18 septembre 190i, cité par Bocquillon, op. ci/., p. 3()ti.
2. Sur l'attituilo dp? .innnlrs de la Jeunesse laïque à l'endroil de l'idée do patrie, voir ci-dessous, p. 'j13.
<• A tout [irendre, lit-on dans le Temps au sujet de ces Annales. nous préférons encore, aux Annales, les affirmations sans nuaui es — et sans précautions — du J'ioupiou de l'Yonne. Les discussions savamment mesurées des Annales sont bien plus danijereuses. L'arsenic à dose massive n'empoisonne pas. L'estomac averti, le rejette. Mais le même poison vous tue. s'il vous est adroitement délivré, en dilution d'apparence inotTensive. v (Cité dans les Annales de la Jeunesse laïque, août 1905, p. 69.;
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condamade par ceux-là mi^raes qui sont charg«'s de pri'paror la France de domain. » Mais la presse pédaij;<>gi(|ue ne partagea pas lémoi de M. Leygues et de la Chambre; et lorsque, en 1904, M. Bocquillon se permit d'attaquer celte presse, M. Hervé, sans tenir compte des perspicaces avertissements du Ti'i)i/)s ', essayait aussitôt de discjualilier M. Bocquillon comme nationaliste.
A la faveur de ces silences: et de ces capitulalions, certains instituteurs devaient pn'férer au pacifisme de M. Payot, qui accorde à la patrie <|uel(jues déclarations d'amour, le pacifisme plus net et plus intransigeant de M. Hervé, qui s'épanouit en <* un amas de sophismes révoltants et hideux- », et se condense, ensuite, en une déclaration de haine. " La majorité jtarlementain', lisait-on dans le Vohone en 1901, a pensé qu'après avoir dépensé sans compter pour fabri(|uer des canons, elle pouvait accorder un morceau de pain à ceux (jui Iravaillenl ;i faii'e une l'rance r<''pul»licaine''. ».M. Payot,directeurdu ro/j///*e, ne prévoyait peut-élie pas la portée de rinsinuation : le budget de la (Inerreallait, pour linslilnteur franeais, devenir rennetni. (le (pie le \ nliinic > (Mait coiitenlc d indiquer, la liriuc dr /' /ùisri(//ir//ir/i/ i>riinairc
1. \'<iir les i|ii.ilrc arliclcs «lu Ti'mps cités ilans llociiuilldn. <>/' i //., |>. -ilKl-Ji:}.
2. l/«!X()ression est «le M. Paul Deschnnel (ilisioiirs clii l.'l ilc- •♦'iiibre l!K)5 à la (Mi.'uiilire des députés.)
.T. Volume, V, décembre 1000, p. ^i:^\.
l'école et la patrie 145
(levait le répc'lei'clia([uc semaine, avecdesinveclives incessantes contre les « parasites galonnés^ » ; et cet assaut permanent de M. Hervé lui devait mériter la confiance de « ceux qui travaillent à faire une France républicaine ». Knfants déslK-rités de la patrie marâtre, nos instituteurs allaient regarder le budget de la Guerre comme un avantage insolent accordé par celte Patrie à d'autres entants, qui représentaient la sauvagerie; et c'était autant de perdu pour le budget de l'école, do la civilisation.
« Pour augmenter la solde des officiers, écrivait un instituteur de la banlieue de Paris, on n'hésite pas. Entre l'armée, qui sert à défendre ses propriétés, et l'éducateur du peuple, qui travaille à l'émancipation de la classe prolétarienne, la bourgeoisie n'hésitera pas-. » Dans l'Hérault, les délégués au conseil départemental se déclaraient décidés à imposer la cessation des gaspillages dans le budget de la Guerre et de la Marine; souverainement, ils prétendaient reviser le chapitre du budget concernant la défense nationale \ La lievue corporative'' travaillait à aigrir ses lecteurs contre cette colonie du Tonkin, dont la conquête,
1. M. Bocquillon, op. cit., p. 20 3 i, donne un ample clioix de citations.