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l'école et la patrie 15;>

ments poursuivaient l'œuvre : en Seine-et-Oise, <Jans le Rhône, on expulsait comme militaristes et cliHuvias les livres classiques, si lonj^temps aimés dans nos écoles, qui s'intitulaient Le Tour de Fiance et Francinel, livres graves et lamiliers, qui jadis occupèrent et charmèrent les loisirs de iM"* Alfred Fouillée'. D'un trait de plume, sur la dénonciation d'un « primaire » fanatique, de [)etits écrits scolaires, sur lesquels des âmes s'étaient attardées avec un sentiment de piété pour la France, étaient jetés hors de l'école, comme des lambeaux de drapeau. \.' Instruction civique de M. Aulard, la Morale de M. Albert IJayet, V Histoire de France de .M. Hervé, aspiraient à meubler les pupitres des écoliers : r'élaient là des ouvrages orthodoxes, où l'on n'abusait pas dos vilains mots que M. Franchet prescrivait, du mot gloire, entre autres, réputé dangereux pour la République ! Pour faire connaître à l'enfant l'œuvre de la France en Afrique, M. Hervé la résumait dans une insidieuse gravure qui représentait « les troupes françaises enfumant une Iribu arabe dans la grotte de Dahra » ;

1. Grosjean, op. cit., p. 127-129. Ce que le Bulletin de l'Union pédayoçjique du Rhône reproche à ces petits livres, ce sont des phrases comme celles-ci : « Le service militaire n'est pas seulement un devoir, mais un honneur. » « Le bon soldat est esclave de la discipline, esclave de la règle, il n'a pas à discuter, pas à apprécier, mais à obéir » ; et c'est aussi de parler de la France comme du plus beau des pays.

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pour former dos «'lecteurs pacifisles, il reprochuil à la Hôpulili(jiio «l'avoir, comme tous les autrepiHiples «Je riÀirope, entretenu un étal de paix armc^e'. Telle est cette nouvelle fa«^on d'espril scolaire : au liru «le préparera la caserne, IV'col'^ la crili(jue, la brave et la calomnie.

Il fallut qu'à leur tour, devant ce courant, nos anciennes maisons d't'-ditions scolaires capitulassent; et c'est ici que se place riin des plus douloureux t'i)isodes «le cette campafj;ne de renii*menl, dans laquelle nos éducateurs livraient a«i nn^pris les plus grands noms de la Ht'publi(ju«'- Un «'ditcur «le Paris, peu d'aniK'es auparavant, avait sollicité de M°" Paul Bert certains renseij^nements en vue d'une biographie scolaire de son mari, qui «levait paraître dans la collection des (îraitih François. Les renseignements furent

1. Celle llistiiiri' de l-'m/nf fut cliaiKlciiicnl recomiiianiléo. |ieii après son apparilion, dans le litiUetin des Anciens élèics i/r l'école tiurniide de la Seine, et, dans le Utillelin de l'Association amicale des professeurs des écoles normales el des écoles pi'imaire^ supérieures (Voir les deux articles cités dans la Hevue corjioralive, 3 et 17 janvier 1904, p. 109 et I2")). La Renie de l'Unseif/neinent primaire du 7 février 11)04, en si^malant que le livre de M. Hervé a été interdit par les ins|iectcurs jjriuiaires de la Seine, rippuite que 1 introduction de ce livre était, au contraire, réclamée par <> la presipie nnaniinité des conférences pédaf;of,'i(iues ». l'eu a|)rés son interdiction dans la Seine, il était, d'ailleurs, autorisé d/ins les Dcux-Scvrcs [lieriie corporalire. li février 1!MI4. p. IFli . — Voir dans «îrosjean, tip. cil., p. 1 Wi. la preuve d" l'achat du livre de .M. Hervé, a la lin de 10();{, pour l'école jiuhliquc de Morteau (achat nié par .M. Ohauinié à la tribune}; el |i. l.'ili- 15s, le manifeste de la section Scnonaise «le la Ligue des droits de l'homme recommandant ce livre aux instituteurs.

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fournis, le livre se prépara; et M™' Paul Bert apprit, on un jour de lOOi-, qu'on raison du « chauvinisme » afliché par Paul Bert dans ses livres d'éducation civique, le malheuroux édilour, évidemment soucieux de la clientèle des instituteurs actuels, avait dû ronoucor à la publication projetée. « Aujourdluii, ex[)litjuait-on à M"" Paul Bert, il ne faut plus parler de patriotisme. » La veuve de l'homme d'Etat fit entendre un cri de douleur, réperculé par une partie de la presse : elle était « ahurie, endolorie » ; elle '< croyait rêver... ' » Ainsi commençait à s'incliïior la librairie scolaire devant les verdicts de M. Anlonin Franchel.

M. Aulard, dans une conférence donnée au banquet des instituteurs de la Somme, se réjouissait de celte évolution : non sans franchise, il ru[)[)elait l'époque du lendemain de la guerre, le lempsoù il proposaitaux enfants des écoles, comme devise civique, le mot de Danton : « Toutes nos altercations tuent-elles un Prussien? » Mais cette <''po(|ue était lointaine, et cette devise surannée : M. Aulard, désormais, faisait taire Danton, et cela dans l'intérêt mîme de la Républicjue; il afhrmait, d'expérience, qu'en ne proposant aux enfants, surtout dans les livres d'histoire,

1. La lettre de M" Paul Bert. publiée dans les Annales de la Jeunesse laïque, est reproduite ei-dessons, p. 2'J*-30'i, aux Uucuinenls.

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qu'un idéal guorrier, Trcole primaire avait conliihué à créer dans une partie de la nation un élat d'esprit antirépublicain. C'est ainsi que les |>rolrslations mêmes de M. Aulard contre le paliiotisme mysliqu<; et sanguinaire semblaient attester une sorte d'antagonisme entre l'idé-e traditionnelle de patrie et l'idée républicaine; et les instituteurs d'apj)laudir, pour montrer qu'ils préféraient la liépublique', — une conception de [République dans laquelle assurément Gambelta n'eût reconnu ni sa pensée ni son œuvre.

Cependant, au mois de mais 11)()i, il se trouva dans Paris trois instituteurs, attristés par ces égarements et supérieurs à la peur, qui fondèrent \'l'/il(/}i (1rs ins/i/n/rurs laïques pat riotts'. Leurs noms étaient connus et estimés. M. Legrand dirigeait VAvanl-Gartle pnlatjof/ifjiic^ journal scolaire; M. Hocquillon avait, en ii)OI, obtenu le grand pri.x avi concours organisé par la Lh/af dr /' lînsf'if/>irntr/i/ -■ |)our récompenser les ri'sullats obtenus au point de vue (!<• l'éducation sociale |>ra-

1. L.i cniirtrence t\v M. Aiiliird ost iiilf^^nilciiirnl jtuMici- li.iris li'S Annales de la Jeunesse laitiue d'août 19114, p. 10-12.

i. Sur (cUt! fomlaliDii cl sur l'accueil tju'olle reçut, voir tcus lus docuMicnls dans Buciiuilloii, o//. cit.. p. in-'2r.2.

tique' » ; M. Comte avait depuis longlonips la conliiince du personnel primaire, dont il était le délégué au Conseil supérieur de l'Instruction pu- Mique'-. M. Gréard, (|ui venait de quitter le vicerectorat de l'Université de Paris, encourageait l'initiative de ces bons citoyens '. Leur manifeste

1. Kdou.inl l'élit, L'école île denmiii, p. 493-491 (l'aiis, Picard Pt K.ian). 11 est bon de relire, en présence des attaques violentes dont iM. B()r(iuillon fut l'objet, les pages que lui consacrait, en 1901. M. Edouard Petit, ot dans lescjuelles linspocteur général de rinstruction publique rendait li(>uiiiia!.^e inix initiatives sociales du jeune instituteur.

2. M. Comte était secrétaire général de l'Association des membres de la presse de l'enseignement (Volume. 1903, p. 12."?); il avait été dé<oré de lu Légion d'honneur par M. Combes au Congrès des .Vmicales tenu à Marseille (id.. 1903, p. 844); il s'était élevé, au Congrès international de l'enseignement primaire de 1900, contre l'amendement de M. de Uesbecq réclamant l'introduction des devoirs envers Dieu dans l'éducation morale {Iteoiie Pédariuqiqtie. 1900, II, p. 391-392), et le souvenir de cette intervention de .M. Comte aurait dû le préserver de tout soupçon de u cléricalisme », si « patriote » et « clérical », pour les pédagogues hostiles à l'idée patriotique, n'étaient devenus deu.\ termes synonymes.

3. Dans l'A'co/g /îfl///o/c du 31 octobre 190.O, M. Comte a donné de curieux renseignements sur le rôle joué par M. Gréard, ancien vice-recteur de l'iniversité de Paris, dans la fondation de l'Union des instituteurs la'i(iucs patriotes. « En février 1904, expliqiw .M. Comte, alors (pie les termes de notre appel n'étaient pas dcliriitivement arrêtés, je priai mes camarades de m'autoriser à soumettre nos intentions au regretté M. Gréard. L'écuinent universitaire n'était plus notre chef, et ceux-là seuls qui ne l'ont [loint connu pourront nous blâmer de n'avoir consulté que lui. Au 1 ours d'une longue conversation, documents en mains, j'entretins .M. Gréard de notre jtrojet, lui demandant le suprême conseil avant d'agir. Notre ancien recteur était déjà très au courant du péril qui menaçait l'école laïque et il en était véritablement atterré. <.< Pauvre enseignement primaire, me dit-il. que va-t-il devenir! » Et avec ce haut esprit de clairvoyance qui le caractérisait, il ajouta : « Marchez : le moment est venu. On sera trop Ijciireux de se rattacher plus tard aux principes que vous allez

putrioliquo leur valut les (Jiiramalions et les outrages (le la presse pédagogique; el, dans tout le pays, inspecteurs primaires, directeurs d'écoles normales, directeurs d'écoles primaires, qui formaient le eorj)s électoral dont M. (>omle était justiciable, se préparèrent à le ciiàlier.

Le congrès national des sociétés françaises de la |)aix se tenait à Nîmes en avril : M. Duisson obtint <le ce congrès, par acclamation, un vote contre les « allégations inexactes et ollensaules des instituteurs laïques patriotes », et fit accepter une longue formule, dans laquelle les pacifistes, hostiles à l'esprit militariste et chauvin, définissaient leur façon dètie patriotes '. C'est le 9 avril que fut vott-e cette formule; vingt-quatre heures avant, les mêmes congressistes, interrogés sur le cas des soldats qui, pour raison religieuse, se refusent à porter les armes, avaient déclaré, par 115 voix contre 98, « admirer les actes de courage » de ces soldats. La manifestation l'aile le S avril en faveur

• Irfcndre. » Puis, vinrent (l'.inVitiieiix conseils sur l.t di'init»' à (.'iinler au cours (iuno ji(il(Mni(|wc qui ne ni.in(|ucr.iil p.ts d rire violente chez nos adversaires. Le litre : Union des instituteurs hiHlucs |)Jitriotes, uic fut indiqué |i.'ir M. (iré.ird comme cir.ictiri>anlle mieux iVeuvre entrcj)rise. I^e malin même de sa mori, le 25 avril, M. («ré.ird sinformiil des progrès de noire campaj^ne <l me prornellait pour liieutol un cli.ileureux article de «loi liine. »

1. Voirci-dessous, aux ndciiincnls, p. 3.'10-3lt,'i, le texte «le cette formule, extrait des <.''>in//les Hcii'lus ilii II' Con;/rès wilional (/rt; sorii'lés françdises de lu jinix, p. t)l-ti3 (Nimes, Impriinerie de l'As- .""• iiilion dv lu pai.r jntr le druil, HK)4;.

l'écolr et la patrie i61

(lu rofiis de sorvice mililaire atteslait h l'avance l'esprit véritable et l'exacte portée des afiirmations à (Icmi-patriotiqiies, à demi-humanitaires, qui furent acce{)tées le 9 avril, et dont M. Buisson, depuis lors, se complaît à faire étalag;e pour sauver l'honneur du pacilisme'.

La plupart des journaux pédagogiques reproduisirent le texte voté à Nîmes : ce que leurs lecteur.- en retenaient, c'était, surtout, l'attaque très vive et très âpre que M. Buisson, rédacteur de ce texte, dirigeait contre les instituteurs laïques patriotes. Ainsi la r('sistance même qu'avaient soulevée les aberrations antimilitaristes semblait encourager les instituteurs à s"v enlizer, et M. Legrand, dans \Avajit-garde pédagogique, notait en ces termes la gravité de la situation :

'< Il n'y a pas une assemblée, pas un congrès d'instituteurs, sans une nouvelle et solennelle adhésion aux rêvasseries dangereuses delaphilanthropie internationale. On ne nie pas encore la patrie. On ne renie pas encore la France. Mais on lui demande de se sacrifier sur l'autel de la fraternité humaine. Un tel courant chez les instituteurs, un courant dissolvant et désorganisateur, antipatriolique et antifrançais, à l'heure où le gouvernement et le Parlement s'apprêtent à faire

1. Voir ci-dessous, aux Docionenls. p. 329 et siiiv., le compte rendu officiel des discussions du 8 avril, et des citations des polémiques auxquelles elles ont donné lieu.

162 LKCOLF I)" Al .IoIUd'iIL'I

(lispariiilic les ikM-iiiers vestijçes de l'enseiiçuomeiil congréj^anisle, nous parait alisoliiiiicul conlraiir uux iulérôlsdc l'école laïque et de la l{(''[)ul)li(jue '. «

.M. Combes, alors président du Conseil, avait remis les intérêts de lécole laujue à la jj:arde de M. .loseph Cliauinié. L'éclio des assauts (juc cflte école livrait à la patrie Irouldait a|)[)ar('mmt'nt. de|)uis (le lou t;s mois, les oreilles du ministre. Mais M. Chauunt' laissait faire. Dés t[u"un Immuie d i']tat blâme un instiluleui', il passe pour 1 auxiliaire de la réaction : alors des malveillants surviennent, ils épluelient son passé " républieaiu ■, ils eu scrutent les origines, ils en contesteut le bon aloi : pouvait-on demander à M. Cliauuiié dalVronter uu pareil risque? M. Gasquel. direclrui- de l'enseigne ment primaire, était cerlaiu de nétre point désavoiu' par son ministre, l(M'S(|ue, au dé'butde ll><)i. barauguaut dans un bau(|uel li's inslituleiirs sortis de l'école d.Vuleuil. il b'ur rccouimaiulail eu termes exccdlents l'esprit de pati'iolisuu' -' ; mai-' nos jiacilistes, eux aus>i. avaieul toute certitutic que les instituteurs pourraicul. sans craiulr daucuu cliàliuiriil. prr-lV'n'r aux conseils de .M. Cias(|uel ceux de M. Aulonin hrauclict .

Alors M. (îrosjeau. di''j)uté du Doubs, cspéraul (jue legraud-mailrc de l'Université pourrait puiser qu(dqu<' éuei'gie dans uu xdic du Parb'iucul. reu

1. I.'nvaiit-f/arde pc'da^ofjique. 1" mai liUU. p. iJoa. '2. Hci'ue pOdaijogiqne. l'.iUi. I. p. 'J.>.

liil à la l'iuiico l<; servi(.'e de provoquer ce vole. Il interpella sur le manuel de iM. Hervé, et le ministre déclai'a (ju il l)lAiu;iil ce manuel; il interpella sur les tendances internationalistes de la presse péda- Ji,og;i(|ue. en s'aidant d'une multitude de citations ' : et le ministre répondit — celait le 3 juin 11)U4 — qu'il l'allail voir le contexte, mais que le gouvernement de la République, en tout état de cause, réprouvait les appels à la désertion'-. Quatre cent soixante-huit tb'putés marquèrent, par leur vote, qu'à la suite de M. Ghaumié ils condamnaient de pareils appels ; mais M. Buisson s'abstint; i\l. Beau- (|uior, M. Carnaud, votèrent contre M. Ghaumié. Ayant tous les trois prêté l'éclat de leur nom au jury qui avait édifié le prestige pédagogique de M. Franchet, ils étaient logiques en se séparant, ce jour-là, du chef de l'Université '.

M. Chaumié, sans le vouloir, était devenu un combattant : les instituteurs ses subordonnés concertèrent une revanche. Discrètement ou publique-

I. Voir le texte complet du discours de M. Grosjean dans son livre : L'école et la pairie, p. ilO-145.

■2. Voir dans Bocijuillon, op. cil., p. 27-2-2'79, le texte du discours de j\I. Chaumié et les noms des députés qui votèrent contre lordre du jour ou qui s'abstinrent.

.'H. La Paix par le Droit, par la plume de M. Lucien Le Foyer, lémoigna au sujet de cette séance un vif désappointement : l'ancien candidat du « parti républicain » dans le deuxième arrondissement de Paris expliquait dans cette revue, juin 1004, p. 229, que « la disproportion de l'etl'et et de la cause, l'absence complète de sens critique et de sang-froid, la confusion chaotique des partis dans le débat du 3 juin, suftiraient seules à discréditer l'œuvre de la Chambre dans cette séance ».

ICiV I- ÉCOLE D AUJOL'IID IH 1

iiM'iil rmliiijj;':i(lées <l;ins les orp^anisatioiis socialislos, les Anilrn/fs d'iiistihilours savent donnpr des Icroiis an ininislrc : rini|iniiil('' csl ilavancp assnfc'c. Dans L(it-ol-(iaroniio, le j)ropr(' (l(''j)arlonicnl (le y\. (diannii('', V Amicalt', lont de suite, insci'ivil snr la li>le des livres classiques le manne! d"liisloiie de MM. Hervé el (!l(''mend()l '. La llcrnc (le, l' Enscifjni'tiionl priinairo siijnilia an ministi'o (|uo lesédiicafonrs de Fi-ance ne le ronsidélaienl jilus comme lenr (ditd\ et (jn'il y aurait Itienlùl. ])arnii en\, i|natr(»-\ inul mille instituteurs socialistes -'. Le ^l'and-maitre de llniversilé (dait moralenn^nt déposé par les primaires !

1. ,l!i>i'i|iiilluii. (»//. (■/'/., p. lilKS. — \'.i\ avril l',)0."), VAmirale lirs Dcnx-Sùvros a pris une décision analo<;iio on laviMir ilii iivro «le .M. Ilcrvo lioctuiilion, op. cil., p. 2!I7}.

2. Vciir le tcxlc cninplct do la « lettre de Jean, Paul et Pierre Coslo à M. le Miiiistro de llnstruction publique », dans Hocipiillon, ii/i. cit., p. 281-28."i ; el ef. dans la ilerup de l'Eiiseif/nrini'iil iiriitiiiire (ciléo par Vlùnle ])nlriole.\'H) février IDOîl), l'article insultant intitulé : Ailieu.v à Cliniimiè!

" Levfîucs ! (Ihauniié! Ces deux noms sont désormais inséparahlos. 1,0 miiiislro Cliaumié avait la bonne fortune d'avoir eu connue prédécesseur, l'un des j)<)liticiens les plus Iniés de la |mur;:<'nisie radicale, luu de ces liouimcs qui aiment le pouvoir, Muu pour y servir un idéal, mais pour les basses satisfactions 'pie le p(Mivoir [irocuro.

«Il avaitsu insjtircr un /)c«i/""'/ f/'Y/'"'' '''•""• '"f 'I"'' >' •'> d'iion- MÔle, de démocrate dans le corps enseijftuinl.

'■ Avec le mcdndre libéralisme, son successeur pouvait facileinonl passer pour un liomme aux idées larges, pour \\n esprit ouvert et généreux. Le ministre Cliatiniié a fait le lourde force de se rendre [aussi mlit'u.r et aussi niriirisiililr nu corps enseigfiaut que Leygues lui-nu^iue. Tous les instituteurs et inslitu- Iricos démocrates et socialistes crient, du fond du cœur, à ce (tii.r fiiiiiliiinnne : « Ron voyage! VA surtout, sans retour !»

LKCCJLK i;i I.A l'AlHir: 165

Ils avaient plus de |)ris<; sur M. Comte, leur rcpri'^sentaiit au Conseil supérieur. Quinze jours après le discours de M. (^Iiauuiié, le mandat de M. Comte devait être renouvelé; \r fondateur de V Union des imliluteiirs lah/iirs jjalrioti's n'obtint que 388 voix sur 1.3U0 sullrages. M. Comte était évincé par l'élite de noire enseignement primaire'. >« Quil soitexcln parce (|nil a osé se dire patriote, lisait-on dans le journal le 7'ef))ps ; que l'idée de patrie soit devenue inij)opnlairc parmi les instituteurs; voilà un syniplômedont il ne servirait de rien de dissimuler la gravite'"-. » Les élections au coiisimI départemental de la Seine confirmèrent le svmplnnie : on élut, à la prescjue unanimité, un inslituleur qui avait écrit dans le lîullrtin (!«•< (inciens c'/rrrs d' Autrui/ : : h Nous souhaitons de voir partout le livie de M. Hervé : à l'école, à la bibli(>lliè(jue, dans tous les loyers-'. » Le corps électoral des instituteurs parisiens ripostait à M. Chaumié.

1. Le oollf^e éicctur.il qui cvim-.i M. Cuinte était compose des H inspecteurs f^'énéraux, des 96 inspecteurs d'académie, des 447 inspecteurs primaires, des 170 directeurs et directrices d'écoles normales, des 300 directeurs et directrices d'écoles primaires supérieures, et des 360 instituteurs et institutrices conseillers départeMientaux, ces derniers élus par le corps tout entier des instituteurs et institutrices de France.

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