‹ L'école d'aujourd'huiChapitre 69 sur 113 · I. ÉCOI.H Kl l,A l'AlKll · texte numérisé non relu

I. ÉCOI.H Kl l,A l'AlKll

I Orienlalion nouvelle, de l'eiiseii^iienienl piin)aire a|)|)araissail expressément à M. le ^(Tiéral de Négrier comme incompatible avec la formation du moral des troupes : l'école rendait diflicile Tceuvre de la caserne ; l'éducateur de l'enfance semait des germes et propageait des influences qui pouvaient paralyser la tâche de cet autre éducateur ([lie la pallie donne aux adultes, l'officier. Un général qui jadis avait glorieusement aidé le gouvernement de Jules Ferry dans son œuvre de patrioti(jue expansion donnait à comprendre, sans passion mais sans ambages, que l'enseignement primaire créé par Jules Ferry avait cessé de servir l;i France.

-Mais j)armi ré|)aisse fumée duu pacifisme i-è- \ <'ur, discerne-t-on,écou te- t-on surtout, la voix d'un général? Une autre voix surgit en avril, que nos pacifistes eurent plus de mal à étouffer. M. René Gobletprit la[)arole : dans cette école primaire telle que la révélait le livre de M. Bocquillon, il ne reconnaissait plus l'école qu'à la suite de Ferry il avait voulu donner à la France. Il mit en tôle de l'ouvrage une préface anxieuse et pressante ; la « pro- [)^gande poursuivie par de nombreuses revues pédagogiques », le « patronage sans réserves accordé au pacifisme par certains hauts fonctionnaires de l'enseignement public », lui firent l'efTet d'un <( inconcevable renversement de toutes les tradilious républicaines ».

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<( (JuelùUsctMix qui 110 veulent pusquela l'iance suecoiiibe réagisscnl au ()lus lût: il eu est temps. » Aiu>i s'aclievail I appel de M. Goblet '. (Quelques épaules de pacilisles se haussèrent • ; mais beaucoup de cieurs IVaneais vibrèrent ; et, brusquement, la vibration devint douloureuse. Car des nuajjjes soudains, parmi lescjuclsrarc-en-ciel semble larder à luire, commenç-aienl de s'amonceler sous les yeux de la France... Lorsque M. le général de Pséj^^i'ier et M. lleu)'' (îoblet disaient bien liant b'iw> alarmes, ils ne pressenlaienl |)as la proxiniilt'' de ces nuages. L'écho de leurs pai-oles, qui durait, se lé'pei'cuta dans nos âmes eu notes graves, péné- Ifanles. e| (|ui seniblaienl y tremblei'; mais connailic notre mal. m Clail-re iioinl dejit possi'der le reiiiètle ?

Ndus c(.tnuaiss(ins maiMienaiit notre mal. Lerevues |»(''dagiigiciues, lune après l'autre, ont altacjué le livre deM. Uocquilii'U e| déploie'' linhaiisij^eaiiee de M. (ioMel ; mais, en lail, un eeihiin

1. \'oir lies fraf;iiienls de lu préface de M. (iohlel, ci-dossoiis. ;iiix Piicuincniti, j). .'(O.'i et siiiv.

2. Sur r,i(cucil Tail .ui livre de M. nnci|nilliin et a la préface de .M. Cohlel, vdii' t'Kcolf jinlrinh', du \1 juillet 11105. — Le président de VAinicdlr de l'Aude re^'retla oflicielleuient que M. (jol)let eftt nrcepté d'écrire cette préface {L'Echu ilii jriiili, de Béziers, 5 juillet IÎIOj). — .M. Huihson, sous le litre : la l'alrif nans nn'laji/ii/.si(/iir, écrivit dans If Hai/icnl du 2(1 juillet l'JO'i une lettre ouverte i\ M. (inMct. dau.s lai|uclle il souhaitait qu'après avoir défendu la pairie i-diitre <■ le pt'ril Hervé», .M. (ioMet la défendit lontre un « péril autrement firnxe, parce qu'il est plus frtnéral, celui ilu particularisme sectaire, intransigeant <.'t inlidérant ».

LlîirOLE ET L\ PATRIE 173

uoiiihic (l'cMiliM! elles ont rhanj^é (J(> Ion, ol nous voulons croiro quo lo chanj^omentsora rlurablo.

Lo .InitriKt/ t/rs fnsti///frt(r.s\ i Ecole nouvelle, r Ecole lahjne, onlatîocté, dans leurs numéros de juin, d'ôtre plus jiatrioles que pacifistes '. Les déclarations contre le militarisme n'ont pasdisjiaru, mais elles ont philùt l'air, prt'sentement, dnne précaution oratoire à Tendroit de la clientèle; c'est l'inverse de la veille, où l'on inculquait un ardentpacifisme avec accompagnement de quelques formules de patriotisme, provisoires et fugitives.

Le Manuel général de l InUrvcllon primaire, qui grâce à la sagesse de ses éditeurs n'avait jamais permis à M. Buisson d'essayer une campagne pacifiste, a publié quatre articles dans lesquels M. Buisson, tout en sinsurgeant contre MM. Gol»let(H Boc(juillon, entoure de son hommage l'idée de patrie et invite les instituteurs à combattre, dans l'esprit des enfants et des adultes, les argumentations de M. Hervé -. En 1904, au congrès

1. Voir /(' Journal /les [nslihilcitrs du 4 juin 190o. attaquant les nationalistes et les militaristes, mais recommandant ramour (le la France parce qu'elle est le pays des philosophes du xviir' siècle: — l'EroU' nouvelle du 3 juin IDO.'i. ex|ilii|uant que, pour être un homme et un bon cito\-en, il faut être un bon soldat: — I'EliiIp Uiique du i> juillet 190;). s'épanchant, ù son tour, en protestations patriotiques.

•1. Manuel (/énéral de l'inslriiclio?i primaire, 17 juin, 24 juin. I" juillet et 8 juillet 190."i. — M. Goblet. en présence de ces articles de .M. lUiisson. se fit un devoir d'adresser à M. lîocquillon luimême, par une lettre du 27 juin, une nouvelle marque de conflnnce et de pleine adhésion : voir ci-dessous, p. 311 ^ aux Documenls,

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aniic'nois de la Ln/iic dv l' V.nsvi<iitrinvnl , M. Le Foyoi' rappelait avec élo^c les nianileslalions (le pacilisme (|ui, dans la Suisse de ISO'J, avaienl illusiré le nom de M. Buisson et Tavaient lail Irailer de» <( sans patrie >> i)ar la ^ réaction >> : et le congrus applauilissail '. M. Unisson, en liX).'). dans le Manurl génrral^ s'excuse de ces intempérances de jeunesse. Grâces soient rendues à M. I{en('' Goblet ! Nous lui devons une résipiscence momentanée' de .M. Ferdinand Buisson; sera-t-(dle suivie d'une autre résipiscence, celle des instituteurs qui, sous les auspices .( cjuasi olliciels " de la Li(/ue de rEnseif/nr»ifnf, acclamaient les paroles de M. Lucien Le Foyer ? M. Georges Leygues. dans la l*etile Gironde et dans son livre : L" Eiolr et la Vie, s'ellorce élo- (|ueinnienl de les rappeler au l)on sens : comprendront-ils. écouleront-ils ■' ?

Ils sont avertis, en loul cas, (juc les doctrines de ,M. Ilei'vé ne sont plus loléi'ées : l'arrêté décisif qu'on allendit vainenu'ut de M. Cliaumié'. aj)rès rinl«'i'|)ellali(tii de M. (irosjean, est en lin paru

1. liiillrli/i ilr lu Lii/iii' (If riiiisriiinfinriil. orlobre-dir.cmbrc liKti. p. 380. — Voir ci-dessus, j). 63, n. 1. le texte tics pnipos tenus en IMI!» par M. iUiisson.

2. l'niir .ipprerier l;i portée de eette résipiscence, il convient de eiinnaitre l'attitude qu'eut M. Unisson, deux mois après, au Conjurés de la Libre pensée: voir ci-dessous, p. 2l."i-21G. et aux Ducumenis. ]). :i'Ji.

.'t. Voir ci-dessous, aux iJuciimcnls. \\. .'tli et suiv., les citations de M. Leygues.

r. ÉCOLE ET l,A l'ATKIE HT,

au Bulletin du ministère de l'Instruction publique, sous la signature, moins intimidée, de M. Bienvenu- Martin'. \.' Ilisloirr dr Fra/trt^ de MM. Hervé et Cléniendot est à l'avenir exclue de tous les établissements d'enseignement, laïque et libre ; et M. Bienvenu-Martin sait évidemment que si, par l'cllet (le (juelque contrebande, elle circulait encore dans certaines écoles, ce ne serait pas dans renseignement libre, dont le patriotisme, au cours de cette terrible crise, fut toujours insoupçonné. Les distributions de prix et la session d'août 1905 des conseils généraux ont donné lieu à des affirmations patriotiques qui visaient souvent nos instituteurs ; le conseil général de Vaucluse, qu'on ne saurait suspecter de « nationalisme », s'est formellement tourné vers eux, constatant, par une courtoise et insinuante» précaution oratoire, qu'ils s'abstenaient d'introduire à l'école « le dogme d'un pacifisme à outrance et d'un vague internationalisme funeste à l'esprit des enfants », et leur exprimant « l'espoir qu'ils sauraient inspirer aux générations nouvelles, en même temps que le respect des nationalités étrangères, l'amour profond et réfléchi de la patrie '- ». Au demeurant, le parti radical a quelque raison d'être ému. Lorsqu'on put se demander.

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