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2. En réponse à cette manifestation du conseil général ilc Vaucluse. le bureau de VAmicale de ce département a voté une déclaration qu'on trouvera ci-dessous, aux Ducu/nenls. p. 394.

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dans l'rlr de 1 !)()."), si les réservistes dont AI. llorvô vonl.iit fairo des d(''S('rtt>urs n'auraiont point bientôt à opter, pratiquement, entre la vieille foi j)atriotique et les conseils de M. Hervé, un instituteur de (Ihalon-sur-Saone insista pour leur prêcher la pfrève ; et dans le conseil départemental, six instituteurs, ses collègues, refusèrent de le blâmer'. Censuré par le ministre de l'Instruction publique, voici (|u'il annonce sa décision de se présenter au\ éb^ctions législatives contre M. Sarrien. La quasi-uiianitnil('' du parti républicain a condamné les doctrines de M. Hervé, mais un instituteur se lève — n'aura-t-il pas des imitateurs? — pour en ajtpeler au pays républicain. « M. Hervé, écrivait il y a peu de temps M. Sigismond Lacroix, a derrière lui une partie du personnel de l'enseignement primaire, qui, sous prétexte de socialisme, cultive et propage l'anarcbie'. » II y a peut-être quelque exagéi'alion dans les alarmes du |)iibliciste radical ; mais Lexagéi-alion se par(loun(^ ; M. Sigismond Lacroix ose se rcndi'e compte (|ue c'est en se servant de l'instituteur (|ue le socialisme révolutionnaire d(M'iniera la clientèle (derloiMle du radicalisme.

Au reste, c'est atlaire aux bommes politiques d'augurer de (|uel poids pourra peser, dans la balance des partis, riniluence de noti'e jx-rsonnid

1. Vnir. l'un cc[ im'idcnt, (inisjejin, i>f>. cit., p. i.")2-15i.

2. (".ili- dniis le TiulU'Ilii de l'Union des insliluleurs de In Sciiie^ f, juin 190:;. p. 30.31.

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scolaire, lis ont créé celte iiilliierice : qu'ils la subissent ! L'important, pour la France, c'est que les doctrines de M. Hervé sont officiellement frappées de disgrâce, et que les représentants les plus belli- (|ueux du pacifisme, pour le succès même de leur j)ropagande, désavouent ces douloureuses exubérances.

Après les revues i)édagogiques, après les chefs responsables de l'Université, les instituteurs a leur tour, réunis à Lille en un congrès à' Amicales dans les derniers jours du mois d'août 1905. ont eu l'occasion de dire leur mot. Leur modestie coutumière ne s'offensera point si nous disons que la France les écoutait : on désirait constater que cer- (aines alarmes les avaient assagis. Le bruit que fit leur meeting fut confus; l'impression qu'il laissa demeure troublante.

Ou'ils aient afVecté d'installer au bureau du congrès certains de leurs camarades contre les- (juels l'autorité universitaire avait eu à sévir, et qu'ainsi, dans ce bureau même, le parti de i\L Hervé ait élé représenté, c'est un indice qu'il convient de retenir, sans d'ailleurs en exagérer l'importance. Vis-à-vis de l'Etat patron, les Amicales prennent volontiers l'allure de syndicats rouges; le • travailleur - instituteur, mal vu.

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[Hiur un iiiolif" ou poui- un anli'c. du patronal (]iii sit'gc iiic (le (îrenelle, estdésignô, par là inùnio. à la sympathie vengeresse du syndicat que I On nomme Amicale. La i'açon dont le congrès de Lille a composé son bureau alleslait jdulùl le désir d'ennuyer le rainislie que le désir de consoler M. Hervé: et tout au plus peut-on dire que si l" Ilervéisme » avait pi"()vo(ju<' chez les congressisles le soubresaut (It^ révolte <]u"il était j)einiis d'espérer, ils se seraient abstenus de donner un témoignage de conliance à des amis notoires de cette doctrine. Maiscestcoiilie M. Bocquilloii (ju'ils dépensèrent toutes leurs turbulences d indignation ; à deux rej)i'ises, le congrès tout entier se déchaîna contre sa bravoure; la lettre de M. (loblet, dont il donna lecture, n'obtint nn^-me j)as riionimage d'une attention silencieuse ; on cria que M. Bocquillon était nationaliste, et qu'il avait trompé M. (ioblef. Après avoir i-epro(dié au parti nationaliste dt' conlisquer 1 idée de patrie et de revendi(juer C(jniun' un Uionopole le soin de la repr(''senter et de la détendre, on ferait acte de logique et d'adresse en ne taxant point de nationalisme, a /ir/Dri, (juiconque élève la voix en laveurdu patriotisme. Mais cesnuance^ é'chappaient aux congressistes de Lille.

(>'est par l'ellel d'une malveillance frondeuse à 1 endroit de l'autorité universitaire (|ii'on manit'es-

I. (Jtiiihièiiic C'iiifjrès i/t'.s .liiiivtiles, rfifi/iiiii f/rni'iiil. |i. ''.l el

lait l'ii laveur «le certains amis de .M. Hervé, el c'esl en croyant laii'e acte de ré|)ublicanisme qu'on niaiii lestait contre M. Bocquiilon : ni l'un ni l'autre de ces épisodes ne sulliraient pour dévoiler avec clarté l'attitude actuelle des Amicules à l'égard de l'idée île patrie. Les discussions auxquelles a donne' lieu l'enseignement de l'histoire sont plus révélatrices : ici, il n'y a plus à tenir compte de susceptibilités froissées, de sympathies on de préveji lions jx'rsonnelles: et l'on y voit l'opinion de nos iustitulcui's, toutr nue, face à face avec cerlainrs idt'cs. toutes nettes.

Des discours copieux et nuageux proclamèrent, avec uiu' assurance dont certains historiens de profession auraient peut-être été surpris, le caractère scienliliquc dr ^hisloi^^' d les droits el devoiis de celte sciencf^ La question litigieuse, en fait, était celle-ci : L'enseignement de l'histoire, oui ou non, doit-il aider à la culture des sentiments? M. Devinai lit délicatement observer que l'étude froide et critique — scienlilique même, si l'on veut — des événements et des données de l'histoire, convient surtout à l'enseignement supérieur'. Mais c'est le Irait de beaucoup de nos

1. M. Deviuat [iroposait cette luuliuu : <s. Les seutimeiit> jjuinoliques à développer à l'école sont ceu.\ dun Français du XX* siècle, s;iiis préjugés coutie les autres ualions qu'il bunore et qu'il aiuie (lias la mesure ou elles méritent de l'èli-e: faisant tous ses ellorls pour atlermir la paix dont a particulièrement besoin notre démocratie laborieuse, mais refusant de l'acheter

180 l. ÉCOI,i: I» AIJOLUU IlLl

<' priinairos » (lalliclicr les nic^mos prrlenlioiis que les professeurs (riiiii\('rsitt''s : <'t, inuljrré l'avis de M. Devinai, ils (ji'cidrrt'nl (lu'oii ne (l(>vail pas faire sorvii- I eiisciiineim'iil île Ihisloire à hi culture des seiitimenls '. il y a vingt ans, nous lavons vu dans un précédent c]iapitre,l'liistoire de France, à l'école primaire, élail une leçon de patriotisme : M. Lavisse et M. Lemonnier, M. Pizard et M. Vapereau, écrivaient à ce sujet des pages excellentes-. Une autre conception a prévalu à Lille : l'histoire de France ne se proposera plus de l'aiie aimer la France. Jadis, dans une ville toute voisine de Lille, un utopiste se rencontra, héritier des illusions cartésiennes et précurseur des illusions du xviM' siècle, pour soutenir cette idée purement abstraite, contraire à toute réalité parce que contraire îi toute possibilité, que < l'historien nest d'aucun pays » : Fénelon, tout archevêque qu'il IVil, aurail été applaudi par les con-

aii prix de la scciiiitc mi de la di;:iiili' du jiays: se domumt do tout crrur k sa patrie (|u"il veut éueryiciuemenl juste, pruspéic et glorieuse dans les œuvres de paix, aussi forte par les armes qu'il est nécessaire à la défense de tous ses droits; et, en parti culier, répondant sans hésiter, en temps de guerre, au pnniici appel légal du pays pour faire, aux frontières, tout son devciii lie soldat » {(juatiième Conyrès des Ainicafes, rapport gcnrnil. p. 103); et il s'appuyait sur celle motion pour établir que l'enseignement de l'histoire « a son utilité propre dans la culture des sentiments civiques et patriotiques ». M. Devinât fut éconduit ^L'Ecole nouvelle, 1 octobre 19(lo, p. 2). — Voir ci-dessous, aux Pucumenls, p. 380, l'appréciation du Temps.

1. Voir l'Ecole noiivcllf, 2N octobre l'.iO.'l. p. .'iO-.'ii,

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