‹ L'école d'aujourd'huiChapitre 75 sur 113 · Ferry. Discours et opitiio/is, IV, p. 1S · texte numérisé non relu

Ferry. Discours et opitiio/is, IV, p. 1S

2. Voir le texte entier du discours dans Cioyati. rEcnle i/'nuj'iiiff/'hi/i. !"• série, p. 22n-2'r2.

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coiinii ; mais (|uo l'i'xisliMice de ce Démiurge i'ùl (lùnicnl aiilli('nti{|uée parmi aclo du Parloniont, il se rolusail à y consentir; et .Iules Simon fut puni de son insistance en liaînant désormais, avec le poids de sa vieillesse, la r<''pntalion d ôlre « cl('*rical ».

C'est avec c(;t appareil de précautions, de sourdes lélieences, (|n'il fut permis j\ Dieu d'approcher les |>elils " laï(|ues ". l>e vilain mot d' « école sans Dieu », articulé par des catholiques, torturait l'àme, alors religieuse, de M. Ferdinand Buisson : il déclarait soulh'ir d'une telle criti(jue comme d'une injure ', et ne prévoyait j^uère, peut-être, (|ue.

1. Il est curieux do rflin\ à cet c^'.ird {limir pr(l(i;/iii/if/iie, 1892. I, p. 36sl, 1,1 pn^'o dans laipipjle M. Ferdinand lUii.ssnn, on iS'.ii. reprochait au P. l'aui l-alleniand, de l'Oratoire, de s'être servi du uii)t « l'école sans Dieu »>. M. Unisson le reprenait vn ces lornus : « Ce <,'ros mot de sacristie : « réc(de sans Dieu », comment le P. Lalloinand se résiyne-l-il à l'écrire? Je lui pose la (|ueslion avor tout le respect ipu; je suis heureux de professer pour sa [ter .sonne et pour son caractère. Il connaît l'Université, il connaît nos proj,'ramuu-s, puhlicpicuient sanctionnes. Kn est-il un son! • l'on l'idée de Dieu soit absente? Ivn est-il un (]ui. de pr«''s ou f\i loin, par omission ou autrement, permette à un honnèlr homme de dire (pie l'école laïrpie est l'i-coi.i-: sans ruKi; et qu'elle relléli; « l'athéisme impudeul de la France ofticielle?» Nous .ivoMS riuux grandes écoles normales supérieures où se forment nos professeurs d'écoles normales des deux sexes : sonl-ce dis séminaires d'im|)iélé? Je suis bien sur que si le P. Lallemand avait lu seulement les paf,'es (|u'écrivait naj^uère M. Pécaut sur ci; <pn- c'est qu'une « directrice d'école normale », il serait le premi»;r à y re(!onuailre un es|irit (jui n'est pas l'espiit i\r l'Kjflise sans douli-, mais qu'il n'hésiterait pas à appeler un <s)>ril rclif,'ieux.

«■ Dites, si vous voulez, ipie nous avons établi ree<</c.s(//i.s' /(/'c'/m', et ileplorez, c'est votre droit, la mise à l'écart des ministres du culte, de tous les cultes... Mais se passer du prêtre à l'école.

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douze ans plus tanl, dcvcrm drputc'' de la Seine, il lionoi'orait d'une pi-i'face l'ardenle br()(diui-(> dans laqiudle un de nos prot'esscurs d'école normale demande précisément (jue l'école soit sans Dieu' Les épanchements de spiritualisme auxcjuels s'ahandoniuiit en 1802 M. Ferdinand lîuissou ne sultisaient pas, d'ailleurs, à rassurer les catholiques. Pour s'expliquer leur inquiétude, c'était assez d'ohserver la place que tenait, dans l'enseignement de la morale, cette idée de Dien dont M. Buisson se taisait alors l'édiliant champion. Dieu n'était pas présenté à l'intelligence enfantine coQime législateur de la conscience, l'idée de Dieu

i3st-oe nécessiiireiiient se priver de Dieu ? Diles encore que c'est I'kcole sans CATKciiisMK, et regrettez les moyens d'action que le catéchisme pouvait offrir. Omettez même, s'il vous plait, d'ajouter que le prêtre et le catéchisme ne scmt ni hannis, ni gênés, (jue s'ils ne régnent plus dans l'école, ils régnent toujours à l'église, (|ue tout se réduit à la prétention de séparer deux domaines, le civil et recciésiastique, de remettre les choses religieuses à l'église, les choses scolaires à l'école. iMais aller au-delà, c'est abuser des mots : et ici, ahuser des mots c'est plus que de l;i mauvaise rhétoricpie ; car, entretenir celte confusion, c'est llatter des passions (|ui n'ont rien d'évangélique. Bien des haines tomberaient d'elles-mêmes en ce pays de France, et im singulier apaisement s'y ferait bientôt, si le puIiTh- qui se presse autour des chaires catholiques apprenait une bonne l'ois de quoi il s'agit entre nous, s'il venait à com|irendre que toute l'horreur des « lois scélérates >> consiste à prétendre que c'est à l'église et non pas à l'école que le prêtre doit enseigner le catéchisme, que l'école se borm? à donner à tous indistinctement, le mieux qu'elle peut, l'enseignement moral, et (jue dans cet enseignement moral elle fait entrer l'idée de Dieu et des devoirs envers Dieu, sans se permettre d'y ajouter ce qu'il appartient aux pfêtres des diverses communions de prêcher suivant leur foi.» I. Alfred Moulet, Cldée <li' Dieu et rcdiiralion rd/innni'llr. Paris, Storck, li)04.

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lie loiulail pas la morale, à (n'iiic peiil-oii dire, inrmc, (|ir<'llL' la sanclionnail ; elle survenait coiniue une sorte «le coiiroiinenienl ii(> rensoignement moral, comme une découvcrle ultime de la " raison pratique ". Neuf mois durant, on ineul- (juail à reniant les rèiïles du devoii- au nom de je ne sais (|uel impéiatii" catégorique l'Iémenlaire : et puis ou lui [)arlail de Dieu, laconiquement; mais le lien par lequel cette mt'tapliysique se rattachait à la vie même des consciences demeurait assez mince, assez lâche, et volontairement ind('lini. On installait Dieu comme un chapiteau, mais un chapiteau n'est (|u"une pièce de lacade, annexe et postiche. l/id»''e de Dieu ne faisait j)as (îorps avec rinsiniction morale. Hu entendit, en |S'.»î. l'^-lix Pécaut déplorer l'absence d'inspiration religieuse comme un urand dt'licit dans le budget moral de l'école ' ; el prestjue au même instant, sous la plume d'Auguste Sahalier, on lisait cette constatation très Irnnelie (|U(^ sous couleur de iu'utralit('' religieuse el malgré les jirogrjinimes. le positivisme scientili(iue régnait à l'école '. Au cours de leur en((uête sur l'éducation française. ces deux lihi'cs espi-its ( liei'chaienl Dieu, el Dieu leur demeurait inlrouvahlc. lluT-tail visible, danl'é-cide, (|ue pour le seul M. Ihiisson. victime ap- |iareinmenl de je ne sais (pielle lialluciuatiou de

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