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commandp ; mais M. Devinai, aujourd'hui diroctour de l'école normale de la Seine, remellait loyalement les choses au point : < Pour enseigner Dieu, écrivait-il textuellement, il faut croire en Dieu. Or combien trouvera-t-on d'instituteurs aujourd'hui dont Tàme soit sincèrement et prol'ondcment religieuse? On peut affirmer sans exagération que, depuis 1882, l'école laïque publique est, à peu do chose près, l'école sans Dieu '. »
Le « peu de chose près » dont parlait M. Devinât, c'était la petite leçon de déisme, égarée à la tin des leçons de morale, et que, le plus souvent, l'instituteur n'avait pas la peine de faire-, parce que les vacances survenaient à temps pour épargner à l'école laïque cette suprême ingérence de Dieu. Au moment de l'année où Dieu allait enfin faire son entrée dans l'enseignement de l'école, les enfants ne connaissaient plus d'autre école que la buissonnière. La lettre des programmes subsistait, pour faire taire les consciences catholiques; mais l'esprit dont souvent on les appliquait s'éloignait singulièrement des idées primordiales du regretté Paul Janet.
Treize ans ont passé depuis cette constatation de M. Devinât; à l'heure présente, toute équi-
l. Devinât, Rfcnt'i/f rEnsciunemenl /irimairc, 2o octobre 1894. 1. Cf. Honnaric. Hi'rne pHf/af/ofjifpir. 1904, II, p. 426.
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voquo est dissiptMV Pour los plus liruyanls d'entre nos inslitulonrs. il y a un antaj^onisme irréductible piilrt' lidéo laï(jii<', telle qu'ils la con<;oivent, el lidre do Dieu'. Que le Très-llaul s'elfaee, rela ne leur suffit j^lus: ils veulent que le Très-Haut soit l'ormellcmeut eHiici'' , uoiniut-uu'iil exclu; ils cxinent (jue l'article relatif à Dieu soit rayé des ju'OL;i-amnies, et (|ue Dieu reçoive nelleuienl son (•(tui;,(''.
(» Apprendre à l'école les devoirs envers Dieu, écrit formellement M. Alexandre jilanc, dc'déuiié au conseil départemental de Vaucliise, c'est aller contre la vTrilahle laïcité » : le manuel de M. Albert Hayel ignore ces devoirs, cela suflit j)our le rendre recommandable. Solennellement, le congrès marseillais des Aniicft/rs, l'Amicale de la Haute-Savoie, celle des Deux-Sèvres, demaudeul la suppression des devoirs envei-s Dieu-'. " Oser préjuger que la morale n'existe pas sans Dieu, lit-on dans la lit'vue corixirative, c'est condamner la morale indépendante et violer, dès lors, la iienti-alilé de Ic-cole '. » Les aneieus ('lèves de r<''C( lie MMiMiale de la Seine. l'iMinis à 1 'anipliillié;\lre
1. Nnilà (|iiii/.o ans an moins qni' les runvi'iits niac(innii|U('s ariiiniait'Ml rct anln^'onisnif et protcslairnl rontre r('nsiif:noMient lin s|iirilualisini' à l'i-colc- : nous v\\ iivons lon^Micnn-nl dunnr la |ir('uvc (1,-ins Vlùn/c (/'niijoiin/'/nii, prcinit^rc sfric, p. ^'.tS-.l'iS.
•'. I.'E'kIi' liwjiie, 17 janvier lyfl4. — Vnliiiiie, 1 scjileinlire 1901, |i. It.iti. — l.'EfoIr Idii/iw, 13 dfCt'inlirc r.M13. — lirriir Cdi/ioiuitiii', 1.1 <l('Tcinlire 1903. p. K7.
:i. Itrrin- ,■»,■/!•. nilirr. 31 janvier l'.KIi.p. I i(l.
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(le l'école Tiir^^ot lo ii) décembre 19<)3, réclament à la presrjue unanimité, sur la demande de M. Antonin Francliet, que les livres alfirmanl rexistcnce de Dieu soient expulsés des classes'.
« Laïcisons la laïque! » tel est le mot d'ordre; peu s'en faut que l'exclamation même : Mon Dieu ! ne soit exclue des récits ou des dialogues que reproduisent les volumes scolaires^; et M. Compayré, M. Mahilleau, iM. Charles Dupuy, M. Hurdeau,M. Jules Steeg, M. Mézières, sont tous chassés de l'école, parce que, dans leurs petits livres. Dieu est nommé'. Les sections de la Ligne des droits de Hiomme interviennent à leur tour ; et fouillant les[)upitres des écoliers avec le même soin qu'elles mettent à fouiller les dossiers de certains criminels d't'lit(\ elles v poursuivent l'erreur philosophique : Dieu '.
La Li<jni' de l'enseignement , qui depuis quelques années senihle j)oursuivre avec ime incroyable ténaeit('' la transformation radicale de la vieille àme
1. liiillelin (le iAsHuclullon des anciens élèves de l'école normale de la ^eine, février 1904, p. 121-123.