‹ L'école d'aujourd'huiChapitre 77 sur 113 · Léon Placide, l'Ecole noue elle, Ti juin 1903, p · texte numérisé non relu

Léon Placide, l'Ecole noue elle, Ti juin 1903, p

3. Voir /(' lion bien laïque, par M. Antonin Franchet. et surtout la préface qu'y a mise .M. Emile Chauvelon.

4. Bulletin de la Semaine, 1 juin 1903 : vœu de la section de la I.i;/ue des Droits de l'homme, de Fourmies. — Comparer une motion du Conseil général de la Nièvre, déclarant que «maintenir raffirniation des devoirs envers Dieu, rejetée et combattue par bon nombre de pères de famille, c'est attenter à la liberté de penser, c'est nier la science au prolit d'un mot abstrait imaj^iné jiour désigner la force cachée de la nature ». [liuUelin de la Setnaine, 1 septembre 1904.)

•202 i/|!:coLE d'aujourd'hui

fVaiK.'iiisc. |»n''si(|(» U cctli' campagne iiouvell<': le congrès do Caen, le congrès d'Amiens, le congrès (le Hayonne, ont. sous dos formes diverses, rédigé I arrél de mort de loiile métaphysique. Les rapports sur la morale. (|u"(iii lit dans ces congrès, et les décisions pompeuses qui sanctionnent ces rapports, donnent envie de rire... ou de pleurer, aux philosophes de profession. " C'est une chose (jui surprend et qui afflige, écrit un inspecteur général de l'enseignement de la philosophie, M. Darlu, qu'une grande société comme la Ligue de llîlnseignement ne trouve, pour traiter les questions les plus graves et les plus hautes, que des personnes aussi manifestement étrangères aux choses de l'esprit'. "

11 n'importe: ces personnes sont souveraines. Sous le regard douloureusement ironique des philosophes, elles dt'linissent avec autoiilé la nouvelle philosophie scolaire, telle que lenlendent certaines fractions politiques, et, comme le dit encore M. Darlu, elles ne font en somme que r»'-diiire la morale, en lalliihlanl d'un lili'e seieiililique, aux opinions du ]»arli socialiste ou du |>arli radical socialisie '.

Il semiderait.à entendre certaines anxiétés, <[ue

I. Hevuc iinlUique t'I /xirlempiittiire, 10 nvril 19(l.x p- 88. \'uir, -iir l'activité iihilosopliique tlo la Li;/iii' ilr iEiisfif/iiri/irnl, raiticlc (le M. Darlu, ci-dessous, aux Dociinients, p. :<'J6.

:;. Hfixa- /ii</i/iffiir el piirli-inriilaiii-. 10 avril lîiO.'i. p. !li.

L ÉCOLE ET DIEU 203

Dieu iTU^TitiU l;i survcillauco de jo ne sais ([iielle liante polic«» [)oliti(iiie : les écrits ou les leeons où il est question de lui apparaissent comme des ■' poteaux dont Ii- hras indicateur j^uide vers ["('glise les entants îles t-coles communales ' >. . Tant pis pour les hommes politiques qui commirent la faiblesse d'être complices de Dieu : leur piédestal est menacé. Jules Ferry, déjà suspect pour avoir voulu que l'école fût patriote, est traité sans nulle révérence par nos réformateurs actuels de la morale : la courtoisie qu'il lit à la presque unanimité des Français en laissant à Dieu un pauvre coin de l'école est vivement critiquée; on lui reproche d'avoir « appliqué la politique majoritaire au gouvernement des âmes 2 ,^ ... L'idée de Dieu est une contrainte ; un libre penseur digne de ce nom n'admet pas de contrainte, et dans l'école de demain ou peut-être dans celle d'aujourd'hui, il faut que le petit l'rançais, tout frais émoulu de la salle d'asile, soit mis en présence d'un instituteur qui lui affirme ses droits à l'athéisme, et qui lui dise je cite textuellement i : " Tu es libre de confesser ou de nier Dieu, et ta raison est souveraine'. » Voilà la formule par la(|uelle l'instituteur doit annoncer à la gent enfantine «■ le règne

1. liiillflin i/r lu Seinaiiip, \'\ février l!l05 : le mot est de M. Luiien-Victor Meunier.

Page 1