I. L'ICciili- nouvelle, H juin l'.iu;i, p. :iOo
•1. Hulli'Iui (le l'Associuliiin des anciens élèves île l'Kcnle iimuKile lie 1,1 Seine, février IHOt. p. 121.
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Contre la vieille théorie de la neutralité confessionnelle, les droits de l'enseignement critique s'opposent et s'insurgent; à la prétention qu'aiïectait jadis l'école, de respecter toutes les confessions, s'est substituée la prétention de montrer aux enfants que Dieu même est discutable, — Dieu, support fondamental de toutes ces confessions. La logique, dès lors, conduit à suspecter, et presque à disqualifier, les instituteurs qui demeureraient imbus de croyances confessionnelles.
L'évolution continue de Técole laïque, lisons-nous dans VEcolcnouvelle, y rend de plus en plus délicate la situation de pareils maîtres.
La neiiiralilé pure et simple a beau être seule inscrite dans nos lois, personne n'ignore, en eiïel, que par la force des choses, l'Ecole laïque a vu se constituer en elle, à côté de sa neutralité confessionnelle, une sorte de doctrine morale positive. S'efToreyat d'éditier, tiors de tout évangile et mrme de tout déisme, une éthique universelle, il y aurait avantage pour elle à n'être servie que par desgens qui sont convaincus de reftlcacité de cette morale purement humaine. La plupart des croyants sont mal propi-es à celte besogne ' .
Dieu est à la porte de l'école; à la porte, aussi, reuxqui admettent Dieu ! Ils méritent plus d'égards, sans doute, que l'Etre suprême lui-même ; on procédera contre eux avec plus de précautions. Mais il faut, sans retard, qu' « une morale rationnelle ramène les yeux de la créature sur la terre réha-
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bililôe cl sur la maliôre évoluant » ; il faut, saii> retard, « reslitucr au milieu social l'énergie qur les religions gaspillent au service «l'un au-delà hypotliélique et de leurs prêtres. » Voilà la lâche de l'école future : la voilà, très franchement délinie par M. Alfred Moulet'.
Voilà les considérants du congé donné à Uieu dans Fàme nationale, du congé donné aux déistes dans l'école nationale.
Avec cette jolie et légitime nuance de dédain qui; lui inspirent les philosophes « primaires >■, M. l'inspecleur général Darlu observe- que M. Moulet est un esprit cultivé et relativement modéré, et il ajoute mélancoli(iuenicnt : « Que peut-on attendre des autres, de ceux qui ne sont ni éclairés ni modérés? L'avenir de notre pauvre pays reste bien obscur '. »